La migration irrégulière par la route de l'Afrique de l'Ouest a connu une baisse significative en 2025, selon un rapport de l'Agence de l'Union européenne pour l'asile (AUEA). Cette évolution s'explique par le coordination renforcée entre le Maroc et l'Espagne dans la surveillance des frontières et des zones maritimes. Les départs depuis le Maroc ont chuté de 17%, mais ils augmentent depuis l'Algérie. DR ‹ › Un rapport de l'Agence de l'Union européenne pour l'asile (AUEA) révèle l'impact de la coopération entre l'Espagne et le Maroc sur la gestion des frontières et la surveillance en mer. Ainsi, une chute significative de la migration irrégulière sur la route de l'Afrique de l'Ouest a été observée. Les opérations de suivi ont diminué de 63% et les départs du Maroc de 17%. Le rapport souligne que si cette coordination sécuritaire a permis de réduire les flux migratoires sur cette route, les départs depuis l'Algérie ont plutôt connu une hausse de 17%. Par ailleurs, ce rapport publié mardi 10 mars indique que le Conseil de l'Europe a adopté, fin février 2026, la première liste unifiée de «pays d'origine sûrs» au niveau de l'UE. Cette mesure, présentée dans le cadre du Pacte sur la migration et l'asile, inclut le Bangladesh, la Colombie, l'Egypte, l'Inde, le Kosovo, le Maroc et la Tunisie. Asile : Quels effets des nouvelles mesures européennes sur le Maroc ? Selon le rapport, l'inscription de ces pays sur la liste implique que les Etats membres de l'UE appliqueront une procédure accélérée pour traiter les demandes d'asile de leurs ressortissants, tout en évaluant chaque cas individuellement. En 2025, les citoyens de ces sept pays représentaient près de 16% de toutes les demandes d'asile enregistrées dans l'UE. 21 000 demandes d'asile marocaines en Europe en 2025 En 2025, les demandes d'asile ont inclus 37 000 requêtes du Bangladesh, 25 000 de l'Egypte, 22 000 de la Colombie, 9 700 de l'Inde, 3 700 du Kosovo, 21 000 du Maroc et 9 000 de la Tunisie. Les taux d'acceptation pour ces nationalités dans l'UE ont varié de seulement 2% à 6%. Par ailleurs, le rapport note une augmentation des arrivées irrégulières sur la route de la Méditerranée occidentale, passant de près de 17 000 cas en 2024 à 19 000 en 2025 (+11%). Cette augmentation s'explique par l'afflux croissant de migrants en provenance de la Somalie et de la région du Sahel, certains ayant choisi la route de la Méditerranée occidentale comme alternative. Pour leur part, les Algériens continuent de représenter plus des deux tiers des départs. Sur la route de l'Afrique de l'Ouest vers les îles Canaries, une baisse significative des passages irréguliers a été enregistrée, passant d'environ 47 000 cas en 2024 à 17 000 en 2025 (-63%). Cette évolution est principalement due à la réduction des flux migratoires en provenance de la Mauritanie, du Maroc et du Sénégal. Dans ce même contexte, le rapport cite des données de Frontex selon lesquelles le Maroc se classe dixième parmi les nationalités impliquées dans plus de 3 000 cas d'arrivées irrégulières aux frontières extérieures de l'UE, entre janvier et novembre 2025, avec 6 786 cas, soit 4% du total. Le Bangladesh arrive en tête avec 22 353 cas (13%), suivi par l'Egypte avec 17 489 (10%), l'Afghanistan avec 14 879 (9%), le Soudan avec 12 782 (8%), l'Algérie avec 11 129 (7%), l'Ukraine avec 10 006 (6%), l'Erythrée avec 8 675 (5%), le Mali avec 7 123 (4%), et la Somalie avec 6 819 (4%).