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Des «Jnoune» qui aiment l'argent
Publié dans Aujourd'hui le Maroc le 29 - 05 - 2002

Farida, 40 ans, abandonne la couture pour le charlatanisme. Avec la complicité de son mari, elle arrive à filouter des dizaines de naïves et naïfs, dont Jawad qui lui a versé 260.000 dirhams et 3 chèques de 35.000 dirhams.
«Nous sommes au bord de la faillite…», constate Bouchaïb alors qu'il entre dans sa boulangerie, à Berrechid. Il regarde à gauche et à droite. Il n'y a presque plus de marchandises dans les étalages. Il regrette d'avoir cédé la gérance de sa boulangerie à son fils Jawad. «…Pourquoi travailles-tu pour les autres ? Ton père a ses biens et c'est à toi de les développer…», lui disait-il. Mais, aujourd'hui, il regrette d'avoir fait cette proposition et il s'en mord les doigts.
Les revenus commencent à se dégrader d'un jour à l'autre depuis quelques mois. Mais le père hésite à en parler à son fils, à lui demander des explications. Et Jawad, 32 ans, ne semble pas se rendre compte des inquiétudes de son père, ni de la baisse des revenus et de la marchandise. «…Se drogue-t-il ? S'enivre-t-il ? Dilapide-t-il l'argent dans les maisons closes ? Les filles de joie profitent-elles de sa naïveté?…». Un tas de questions, sans réponse, mitraillent sa tête. Et pourtant il continue à hésiter à demander des explications à Jawad. Pourquoi ? Personne ne sait exactement. C'est alors que le fils prend l'initiative. Il s'adresse à son père, lui affirme : «…Nous sommes criblés de dettes, père, et je n'ai aucun sou pour m'en acquitter…je ne sais pas quoi faire…».
Le père reste bouche-bée, ne sachant quoi dire. Ils sont maintenant face-à-face. Jawad met son père au courant de la situation de la boulangerie. Bouchaïb baisse sa tête, la tient entre ses deux mains. La situation est grave. Les dettes atteignent 300.000 dirhams. Le père s'engage à résoudre le problème avec les créanciers. «…Mon fils, je n'ai rien d'autre à faire qu'à résoudre le problème…Je ne peux pas rester entre le marteau et l'enclume des créanciers, mais je veux savoir où tu as dilapidé cet argent…». Perturbé, Jawad baisse les yeux, ne peut soutenir le regard de son père. «…Ce n'est pas la peine de baisser la tête, tu dois me dire la vérité, pour savoir ou nous allons maintenant…», lui dit-il. Jawad garde le mutisme durant quelques secondes avant de répondre : «…Je suis possédé par les diables…et je dépense de l'argent pour me faire exorciser…». Bouchaïb scrute son fils sans rien dire, puis lui demande : «…Et qu'as-tu fait pour t'exorciser?…». «…C'est Farida, qui habite à la rue…qui m'exorcise…». Le père note l'adresse, retourne chez lui. Le lendemain, il s'adresse au procureur du Roi du Tribunal de première Instance de Berrechid. Ce dernier donne ses instructions à la police judiciaire pour tirer l'affaire au clair. Les éléments de la PJ se dépêchent au domicile de Farida.
Elle est âgée de quarante ans. Les enquêteurs convoquent Jawad pour l'interroger. «…Elle est arrivée chez moi, un matin… Je ne me rappelle pas la date précise, mais je me souviens que c'était en été…Elle voulait acheter du pain…Seulement, en me voyant elle m'a demandé ce qui n'allait pas…je lui ai répondu que je n'avais rien…Elle m'a demandé si j'étais marié…je lui ai répondu non…Elle m'a expliqué que je suis possédé par un diable qui m'empêche de me marier, qu'elle avait vu cela dans mes yeux et qu'il fallait qu'elle m'exorcise… Convaincu par ses paroles, j'ai commencé à lui rendre visite, à lui apporter des offrandes, de l'argent…
À chaque fois, elle me fait des encens, me donne des amulettes…je lui ai versé tout ce qu'elle me demandait… J'en suis arrivé, au total, à 260.000 dirhams…et je lui ai délivré deux chèques d'une somme de 10.000 dirhams et un troisième de 15.000 dirhams…». Le chef de la brigade policière tourne la tête vers Farida et lui demande : «…C'est vrai, ça?…». Elle ne répond pas. Les enquêteurs se rendent chez elle, effectuent une perquisition et saisissent les trois chèques. Farida ne travaille pas seule. Son mari, Mokhtar, l'aide.
Après avoir clos l'enquête, les limiers de la PJ conduisent le couple vers le siège du tribunal de première instance. Un inspecteur de la brigade se tourne vers Farida et lui demande: «Maintenant, demande à tes diables de te sauver des mains de la justice…».


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