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Sahara, Zapatero change la donne
Publié dans Aujourd'hui le Maroc le 16 - 07 - 2004

La visite éclair, mercredi, du chef du gouvernement espagnol à Alger a été marquée par le dossier du Sahara. M. Zapatero s'est prononcé pour un nouveau plan d'accord, entérinant de la sorte la nouvelle position de l'Espagne sur le conflit. Une position partagée par Paris et Washington.
Les vents du Sahara n'ont jamais été aussi favorables aux thèses marocaines. Cette fois-ci, il n'est plus possible de ne pas parler d'une nouvelle donne. Le chef du gouvernement espagnol José Luis Rodriguez Zapatero s'est prononcé mercredi à Alger pour «un nouveau plan d'accord» entre les différentes parties concernées par le dossier du Sahara. Il a estimé que le plan Baker «avait des points positifs», mais n'en a pas moins plaidé pour un nouveau plan, placé sous l'égide de l'ONU. En d'autres termes, M. Zapatero ouvre une nouvelle page dans le traitement par l'Espagne du dossier du Sahara. La presse algérienne a abondamment commenté les déclarations de M. Zapatero, parlant d' «enterrement du plan Baker».
La presse espagnole lui emboîte le pas. Dans leurs éditions de jeudi, «El Pais» et «ABC» parlent du «changement de la position de l'Espagne». En fait, les déclarations de M. Zapatero ont été précédées par celles du chef de la diplomatie espagnole.
Dans un entretien publié dimanche au quotidien «El Mundo», Miguel Angel Moratinos a affirmé qu'un référendum au Sahara «sans une solution politique pourrait nous conduire vers une situation de crise généralisée en Afrique du Nord». Il a estimé que «la solution politique est celle qui devrait stabiliser l'Afrique du Nord».
A ce sujet, certains journaux algériens évoquent la fin de la lune de miel entre l'Espagne et l'Algérie qui prévalait du temps de l'ancien Premier ministre, José Maria Aznar.
La nouvelle république estime que la visite de M. Zapatero «a révélé des divergences de fond entre l'Algérie et l'Espagne à propos de la question du Sahara occidental. Alger et Madrid, même en se regardant l'une l'autre, ne regardent plus exactement dans la même direction.» La nouvelle position de Madrid participe du même esprit que celle de Paris. Le ministre français des Affaires étrangères s'est rendu lundi à Alger. Il a défendu le principe de concertations entre le Maroc et l'Algérie : «Un dialogue direct entre l'Algérie et le Maroc est nécessaire pour favoriser l'émergence de cette solution, en prenant en compte les impératifs de la stabilité régionale et les intérêts des deux pays et des populations concernées. Il y a un travail d'imagination et d'audace à faire pour dépasser les blocages hérités du passé».
Le ministre algérien des Affaires étrangères, Abdelaziz Belkhadem, admet volontiers la communauté de vues entre la France et l'Espagne sur le dossier du Sahara. «Il y a une petite sympathie franco-espagnole pour aller dans un sens autre que celui du plan Baker », a-t-il déclaré à la presse. Mais M. Belkhadem a fait savoir que son pays «n'accepterait d'assister à une quelconque réunion à quatre (avec les deux pays en conflit plus l'Espagne) que si l'ordre du jour portait sur les questions de bon voisinage.
Autrement dit tout ce que les Sahraouis accepteront, nous l'accepterons : ils en sont souverains». Il a sorti encore une fois la sempiternelle carte du «droit des peuples à l'autodétermination». Mais sans fermer toutefois les portes du dialogue entre Alger et Rabat. A cet égard, Abdelaziz Belkhadem a annoncé la prochaine visite à Alger du Premier ministre, Driss Jettou et du ministre de l'Intérieur, Al Mostafa Sahel.
Dans sa lancée, le diplomate algérien n'a pas manqué d'ouvrir de grandes perspectives, en déclarant que l'Algérie «est disposée à aller plus loin dans ses relations avec le Maroc». Jusqu'où ? Telle est la question. En tout cas, la voie du conflit du Sahara est tracée entre Alger et Rabat. C'est la nouvelle conviction des grandes puissances. Washington a exhorté les deux pays à un dialogue direct, après la visite du Souverain aux Etats-Unis. Le porte-parole de la Maison Blanche a déclaré que SM le Roi Mohammed VI et le président George W. Bush «ont convenu de la nécessité de résoudre le problème du Sahara le plus tôt possible d'une façon qui renforce au mieux la sécurité et la prospérité des peuples du Maroc, de l'Algérie et de la Mauritanie». Il n'a pas cité le polisario parmi les acteurs du conflit. Les responsables du polisario lancent des cris de détresse. Ils avaient l'habitude de charger la France. Maintenant, ils n'épargnent plus l'Espagne.


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