Le secrétaire exécutif de l'IGAD, Workneh Gebeyehu, a salué le retour du Soudan, y voyant « une réaffirmation de la solidarité régionale et de l'engagement collectif en faveur de la paix, de la stabilité et de la coopération ». Selon lui, la reprise pleine et entière de la participation de Khartoum, membre fondateur de l'organisation, consolide l'unité du bloc régional et renforce sa capacité à répondre aux priorités communes. Cette évolution intervient dans le sillage d'une visite de travail effectuée le 28 janvier à Djibouti par le Premier ministre soudanais, Abdoulkader Kamil Mohamed. Celui-ci s'est entretenu avec le président djiboutien Ismaïl Omar Guelleh ainsi qu'avec le secrétaire exécutif de l'IGAD. Les échanges ont porté sur la situation sécuritaire, la stabilité régionale et le renforcement de la coordination multilatérale. En 2024, le Soudan avait suspendu sa participation à l'organisation, accusant celle-ci de s'ingérer dans ses affaires internes. L'IGAD tentait alors de faciliter une médiation entre l'armée soudanaise et les Forces de soutien rapide (FSR), engagées dans un conflit sanglant opposant le général Abdel Fattah al-Burhan à son rival, le général Mohamed Hamdan Daglo, dit Hemedti. La crispation s'était accentuée après l'invitation de ce dernier à un sommet régional, une initiative dénoncée par Khartoum comme une « ingérence inacceptable ». Fondée en 1986 et basée à Djibouti, l'IGAD regroupe Djibouti, l'Ethiopie, le Kenya, la Somalie, le Soudan, le Soudan du Sud et l'Ouganda. En décembre 2025, l'Erythrée a annoncé son retrait de l'organisation, qu'elle avait pourtant réintégrée en 2023. Le groupement régional œuvre notamment à la mise en place de stratégies communes de développement et à l'harmonisation progressive des politiques macro économiques, sociales, technologiques et scientifiques de ses Etats membres.