DR ‹ › Dans les camps de Tindouf, une vive polémique entoure la création d'une équipe de football censée représenter les Sahraouis, qui a affronté hier une sélection d'anciennes gloires de l'équipe d'Algérie. Des voix s'élèvent pour dénoncer une équipe perçue comme déconnectée de la réalité sociale des camps. «Il s'agit d'une équipe principalement composée des fils de hauts responsables du Front Polisario et même d'Espagnols», déclare Abba Bouzid, opposant sahraoui et ancien détenu politique aujourd'hui installé en France. Pour étayer ses propos, il mentionne notamment la présence du fils et du frère du président du Croissant-Rouge sahraoui, Bouhbini, ainsi que du fils du représentant du mouvement à Alger, Khatri Addouh, et du fils de la représentante du Front en Allemagne, Najat Najdi. D'après la même source, la sélection inclut également un joueur espagnol, Martin Castellon de Séville, qui n'aurait aucun lien avec les camps ni avec le mouvement séparatiste. Abba Bouzid rappelle par ailleurs qu'une équipe de football avait déjà été constituée par le Front dans les années 80, composée principalement de «noirs». L'ancien président de la Fédération sahraouie était également un «noir», a-t-il révélé. Aujourd'hui, ce sont les blancs qui dominent la nouvelle «sélection» du Polisario. La formation de cette équipe intervient dans un contexte politique délicat, quelques jours seulement après les discussions tenues les 8 et 9 février à l'ambassade des Etats-Unis à Madrid, en Espagne, avec la participation du Maroc, de l'Algérie, du Front Polisario et de la Mauritanie. Ces pourparlers, axés sur la question du Sahara occidental, suscitent des interrogations croissantes parmi les habitants des camps, notamment sur les concessions que le Front pourrait avoir faites au Maroc.