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L'inceste qui a tué sa femme et sa fille
Publié dans Aujourd'hui le Maroc le 07 - 11 - 2003

Rédouane, 44 ans, a purgé une peine de plus de 13 ans de réclusion criminelle pour avoir tué, en 1999, son épouse. Quatre ans après sa libération, il viole sa fille, âgée de 17 ans, avant de la liquider, elle aussi.
Après avoir tué sa femme, il liquide, quatre ans après avoir purgé sa peine, sa fille qu'il avait violée auparavant. Les habitants du douar T'Louh, région d'Ouled Frej, El Jadida, n'arrivent pas à s'y faire. Ils connaissent bien l'auteur de ces crimes abominables et le parcours de sa vie. Il n'a jamais quitté le douar depuis sa naissance, en 1959. Il s'appelle Rédouane; il est issu d'une famille indigente. Bref, Rédouane n'a jamais savouré le goût de la vie. En 1964, alors qu'il avait cinq ans, son père a rendu l'âme. C'est sa mère qui s'est chargée de subvenir à ses besoins et à ceux de son unique sœur. Adolescent, il n'a plus supporté voir sa mère travailler dans les champs agricoles, parce que sa santé ne cessait de se dégrader. Il se décide enfin à la remplacer. Les mois et les années passent rapidement; Rédouane, arrive à l'âge de fonder un foyer. Il commence à en rêver. Un rêve qui se réalise en 1983 avec Fatima, une jeune fille de son douar. Mais, sa vie va vite être bouleversée. Au bout de trois ans, il procrée trois enfants, deux filles et un garçon, et entame le cycle des problèmes conjugause. Il la soupçonne de le cocufier avec un jeune du douar. Il la méprise au point qu'il décide de la liquider. C'était le soir du 10 juin 1986, quand il s'avança vers elle, un couteau à la main, en lui demandant d'entrer avec lui dans une chambre, loin des yeux de ses trois enfants qui jouaient dehors. Il l'empêche de crier avant de lui assèner des coups mortels. Il sort de chez lui et se présente devant les éléments de la gendarmerie royale qui le traduisent devant la justice. La Chambre criminelle près la Cour d'appel d'El Jadida l'a condamné à 20 ans de réclusion criminelle. Tous les membres de sa famille l'ont abandonné. Personne ne lui rendait visite en prison. La seule qui n'a jamais passé la moindre semaine sans lui rendre visite est sa fille aînée Khadija. Cette dernière n'a épargné aucun effort pour élever son frère et sa sœur. Sa sœur a été placée chez une famille à Casablanca et son frère chez un menuisier de la même ville. Khadija est restée seule, à compter les jours au douar en gagnant sa vie dans les champs agricoles. Treize ans et six mois plus tard, Rédouane a bénéficié d'une grâce royale. Bien qu'il ait payé, personne au douar ne lui a pardonné son acte. La preuve : quand il a pensé à se remarier, aucune famille n'a voulu de lui comme gendre. Il est resté seul, en compagnie de son aînée, Khadija. Elle a 17 ans. Elle ne savait pas quelle mouche a piqué son père, quand il s'est approché d'elle, alors qu'elle était plongée dans un profond sommeil et a commencé à l'embrasser. Elle l'a repoussé au départ, avant de céder, abandonnant toute résistance. Depuis, ils font l'amour comme mari et femme. Ce n'est que bien plus tard, qu'elle demande à son père de ne plus la toucher. Elle lui propose de se remarier. « Il faut se rendre au mausolée Moulay Brahim… Il y a assez de femmes célibataires qui veulent se marier et qui ne savent rien sur ton passé… », lui dit-elle. Deux jours plus tard, ils s'y rendent. Ils y restent une semaine, sans que Redouane arrive à se mettre en couple avec l'une des femmes célibataires qui s'y trouvent. Le 24 septembre, à 22h, sur le chemin du retour, Rédouane, trainant derière sa fille, ramasse une pierre et lui assène un violent coup qui la fait tomber raide morte. Ensuite, il la viole sauvagement. Une fois son forfait accompli, il l'étrangle laissant son cadavre sur place, il prend la fuite à destination de Casablanca. Comme cela arrive souvent, le tueur retourne sur le lieu de son crime. C'est ce qui est arrivé à Rédouane, dix jours plus tard. Vendredi 3 octobre, il retourne au douar, où il est arrêté par des éléments de la gendarmerie royale d'Ouled Frej. Il attend actuellement son jugement par la Chambre criminelle près la Cour d'appel d'El Jadida.

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