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La DGSN passe au plan B
Publié dans Aujourd'hui le Maroc le 15 - 09 - 2006

Une sortie honorable pour le général Hamidou Laânigri. Ce dernier a été appelé à d'autres missions à la tête de l'Inspection générale des Forces auxiliaires. Il a été remplacé à la tête de la DGSN par Cherki Draiss.
Le général Hamidou Laânigri a été chargé de nouvelles missions par Sa Majesté le Roi Mohammed VI qui l'a nommé, mercredi 13 septembre, à la tête de l'Inspection générale des Forces auxiliaires. Le général Laânigri a été remplacé par Cherki Draiss, qui avait été nommé en juin 2005 wali de Laâyoune-Boujdour-Sakia Lhamra, à la tête de la Direction générale de la sûreté nationale (DGSN). Le général Laânigri quitte donc la DGSN après plus de trois ans de loyaux services et une série de réalisations qui retiendront son nom dans les annales de cette direction comme un "réformateur" qui a toujours eu le courage de ses actes et décisions. Hamidou Laânigri, aux derniers jours du règne de Driss Basri, s'était vu confier la DGST (la Direction générale de la surveillance du territoire) où il avait commencé par faire de l'ordre. Avec les résistances que l'on sait. Déjà, à cette époque-là, il suscite beaucoup d'intérêt et remporte l'estime même de ses détracteurs. Homme des missions ardues, il est appelé à diriger la DGSN à un moment particulièrement sensible de l'histoire du nouveau règne : les attentats du 16 mai. L'arrivée de Hamidou Laânigri à la DGSN n'a pas été sans susciter beaucoup de remous. Ce dernier n'aime pas les pourris et il le leur signifie clairement. Des dizaines de responsables sont mis au placard ou présentés devant la justice pour une série d'affaires d'accointances avec les mafias nationales. Intransigeant quand il s'agit de la marche de la police et surtout de la sécurité du pays, il est taxé de tous les qualificatifs dont celui d'"éradicateur". Son approche, malgré les cascades de critiques, a montré son efficacité et notamment pour la traque et le démantèlement des cellules terroristes.
Tiraillé entre plusieurs fronts, la soixantaine bien assumée, il multiplie les chantiers et les réformes : redéploiement, rajeunissement, formation, création de nouvelles unités (avec spécialités de pointe), mise en place des GUS, ébauche de l'ambitieux projet d'une nouvelle carte d'identité...
Son expérience sur le terrain, que ce soit au Maroc ou à l'étranger, ont fait de lui l'homme de la rupture avec un certain mode de fonctionnement, mais aussi de gestion.
Aujourd'hui, cet homme est appelé à d'autres missions non moins importantes et visiblement pour la refonte d'une autre véritable "armée", la plus vieille de l'histoire du Maroc : les Forces auxiliaires qui ne disposent pas de "vrai" patron depuis le départ à la retraite du général Lahrizi. Normal puisque les Forces auxiliaires sont appelées à de nouvelles et vitales missions. C'est ce corps d'"armée", on semble l'oublier, qui était en grande partie à l'origine de la baisse des flux d'immigrants vers l'Europe depuis que ses éléments ont été déployés sur le littoral nord (de Tanger à Saïdia).
La nomination du général Laânigri à la tête de l'Inspection générale des F.A pourrait-elle être assimilée à une sorte de "sanction" ? C'est une lecture que l'on ne pourrait pas se hasarder à faire même avec la conjoncture de ces derniers jours et le coup de balai royal dans différents services. Hamidou Laânigri, militaire dans l'âme, a toujours répondu présent là où le devoir l'appelle. Discipliné et adepte de la discipline, il a toujours eu un profond respect pour la hiérarchie. Il se trouve aujourd'hui que sa hiérarchie, au plus haut niveau, l'appelle à défricher un nouveau chemin. Il s'exécutera. Comme il l'a toujours fait depuis qu'il a quitté l'école militaire de Meknès, sa ville natale, en 1959. L'on notera encore cette grande nuance que, dans le communiqué annonçant sa nomination, Sa Majesté le Roi a donné ses hautes instructions pour que le général Laânigri supervise, en même temps, la zone Sud et la zone Nord. Un nouveau signe de confiance.


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