Inauguration d'une unité d'hémodialyse à l'hôpital provincial d'El Jadida    Le roi nomme Chakib Benmoussa président de de la Commission spéciale sur le modèle de développement    ADM : circulation suspendue entre Larache et Moulay Bousselham    Mohamed Benalilou décoré à Istanbul par l'Organisation de la coopération islamique    Elections britanniques: Premier face-à-face entre Johnson et Corbyn    Eliminatoires CAN-2021 : Les Lions de l'Atlas dominent le Burundi (0-3)    Nouzha Bouchareb : Le Maroc s'engage à contribuer au plan ONU-Habitat    Immobilier. Accor et le groupe Yasmine se rapprochent    Marché des capitaux. L'AMMC muscle ses contrôles    Hult Prize couronne son lauréat le 7 décembre    Insolite. Deux américains parviennent à transformer l'air...en vodka !    Luis Enrique reprend les commandes de la sélection espagnole    Pour Washington, la colonisation israélienne ne viole pas le droit international    Coupe du Trône de futsal : Le Fath de Settat s'offre le titre aux dépens de la Ville Haute de Kénitra    Arrestation à Marrakech d'un individu pour trafic de drogues dures    Lâayoune Charkia: un policier dégaine son arme pour neutraliser un individu dangereux    Vidéo. Un camion chargé de migrants fonce dans un poste-frontière de Bab-Sebta    Zineb El Rhazoui, la marocaine qui "divise" en France    Aminux lance sa radio ?    Mustapha Iznasni, un Grand de la Presse nationale s'est éteint    Bolivie: Les dessous du complot anti-Morales…    Le Maroc se prépare au grand froid    Marrakech : Artcurial met en vente un chef d'œuvre d'Etienne Dinet    Destitution: Trump « envisage » de témoigner, les auditions s'accélèrent    Jerome Powell rappelle à Donald Trump l'indépendance de la Fed    Ouverture du 24e FICAR: Wafaa Amer et Daoud Aoulad Syed honorés    Transport de marchandises. Les conditions d'accès préoccupent les partenaires sociaux    Edito : Anticiper    Marrakech : des uniformes pour les conducteurs des calèches touristiques    Météo : Le ministère du transport appelle à la vigilance    Projets verts «Rhamna E-Mob» : 30 motos électriques remises aux autorités locales    Modèle de développement. L'Istiqlal et le RNI croisent le fer    Du nouveau dans l'affaire du "semsar" ayant promis d'intervenir pour alléger la peine d'une détenue    Moustapha Cissé Lô : Le Maroc intégrera bientôt la CEDEAO    Driss Lachguar : L'USFP a toujours servi les intérêts de la nation    Hommage à Bruxelles à la première génération des Marocains de Belgique    Les jeunes leaders de la Méditerranée à l'honneur à Essaouira    Le cheval Rajeh remporte le GP de S.M le Roi Mohammed VI du pur-sang arabe    1000 taekwondistes présents au tournoi international d'Oujda    Le flux des migrations n'est pas près de s'estomper    Le Onze national sommé de secouer le cocotier à Bujumbura    Le plan Maroc vert, un modèle à suivre    "Le Mans 66" en tête du box-office    L'art plastique marocain s'invite à Tunis    L'artiste plasticien Salem Chouatta ou l'art de rendre visible l'invisible    Forum euro-méditerranéen d'Essaouira: Maryam AIT MOULAY remporte «Prix pour Jeunes Leaders»    Venise sous les eaux : Nouvelle marée haute dangereuse attendue ce dimanche    L'œuvre de Hamid Douieb sous la loupe    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.





100% Jamal Berraoui : Flagrant délire
Publié dans Aujourd'hui le Maroc le 04 - 04 - 2008

Certains journalistes se sont donné pour mission de faire l'outing des personnalités et de dénoncer l'homosexualité comme une menace grave pour le pays.
L'inquisition n'émeut plus personne. Plusieurs dizaines de Marocains ont été arrêtés, ont passé plusieurs jours en taule, avant d'être condamnés à verser une amende de 500 DH. Ils sont accusés d'homosexualité, mais bizarrement, le procureur a préféré leur coller le trouble à l'ordre public.
Cela s'est passé lors du Moussem des Hmadcha. L'année dernière, une certaine presse avait fait ses choux gras de la présence homosexuelle lors de ce Moussem. Ce qu'elle a oublié de dire, c'est que ce phénomène est une tradition établie depuis des siècles, que les processions y sont faites par des hommes habillés en femmes et outrageusement maquillés depuis la nuit des temps et que cette tolérance particulière est rattachée chez les Hmadcha à la protection que le saint, de son vivant, offrait aux gays.
Pour éviter ce tollé, les autorités ont préféré la prévention et ont procédé aux arrestations que l'on sait. Les arrestations ont été effectuées sur la base des apparences, une démarche efféminée, un look non viril ont suffi. Il n'y avait ni effusions en public, ni orgie autour du marabout et surtout pas de trouble à l'ordre public.Un tel événement devrait susciter des réactions de la part des militants de droits de l'Homme, non pas pour défendre le droit à la différence, car l'on sait depuis longtemps qu'ils sont courageux mais pas téméraires, mais juste pour s'élever contre des arrestations pour délit de faciès. Il n'y a pas eu de réaction, mieux la presse concernée fanfaronne et salue le «réveil des autorités». Depuis l'affaire de Ksar El Kébir, nous nageons en plein délire homophobe. Certains journalistes se sont donné pour mission de faire l'outing des personnalités et de dénoncer l'homosexualité comme une menace grave pour le pays.
Cette attitude empêche le vrai combat, celui qui combat la pédophilie. Celle-ci est ancrée au Maroc et est liée au travail des enfants. Le mélange des genres fait que cette lutte n'est menée que par quelques parents de victimes. L'homosexualité existe au Maroc comme partout dans le monde, ni plus ni moins. Ce qui est nouveau, c'est la volonté de groupes de gays de s'afficher, de conquérir des espaces. Souvent cette demande est spontanée, sauf pour quelques intellectuels qui sont dans une projection à l'Européenne.
Le phénomène a eu l'effet inverse, il a réveillé les démons de l'homophobie et forcé l'Etat, très fragile face au discours moralisateur instrumentalisé par les intégristes à «sévir». Il y a peut-être une réflexion à mener par les concernés. Mais les démocrates ne peuvent continuellement opposer le calcul politique aux principes. La liberté des individus adultes de disposer de leur corps est un droit inaliénable pour tous ceux qui croient réellement dans le corpus des droits de l'Homme. Le conservatisme de la société est une réalité qui ne peut servir d'excuse aux reculades. Sur un autre registre, l'homosexualité était «tolérée». Aujourd'hui, elle est combattue par l'Etat.Cela devrait inciter à la réflexion ceux qui penchent pour les «zones de tolérance» qui sont en fait de véritables espaces de non-droit. Le combat pour les droits de l'Homme a une charpente sociétale qui s'appelle les libertés individuelles. Au Maroc, celles-ci sont souvent en contradiction avec les préceptes religieux. Au lieu de louvoyer, il faut poser la vraie question celle de la sécularisation de l'espace public, de la réduction du religieux à la sphère privée et la revendication de l'inscription de ces droits fondamentaux dans la loi. Ce n'est pas une bataille qui peut se gagner en une semaine, mais il n'y a aucune chance que la société se réveille un jour débarrassée de ses archaïsmes sans un processus de transformation.
Le minimum syndical, c'est de réclamer l'application de la loi. Celle-ci impose le flagrant délit pour ce qu'elle considère comme des crimes sexuels, c'est-à-dire l'adultère et l'homosexualité. En acceptant ce qui s'est passé chez les Hmadcha nous faisons le lit de toutes les inquisitions. Demain une jeune fille jolie, habillée à la Madonna peut se faire embarquer pour prostitution, puisque les policiers décident au faciès des choix sexuels de tout un chacun.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.