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Khatami : Le Hojjatoleslam réformateur
Publié dans Aujourd'hui le Maroc le 14 - 02 - 2002

Promoteur du «dialogue des civilisations», Hojjatoleslam Seyed Mohammad Khatami, le cinquième président de la république islamique d'Iran, mérite bien ce titre.
Elu à la présidence de la république islamique en 1997 avec plus de 20 millions de voix, soit 70 % des suffrages exprimés, Hojjatoleslam Seyed Mohammad Khatami, aura su mettre en place une politique étrangère particulièrement fructueuse.
En moins de quatre années, celui dont l'élection, œuvre des jeunes Iraniens, a été la grande surprise des présidentielles iraniennes, a réussi à façonner une nouvelle image de l'Iran à l'étranger. On le donne volontiers pour l'artisan de la normalisation des relations de la république islamique avec la quasi-totalité des pays de la planète, depuis les pays membres de l'Union européenne, jusqu'à ceux du Golfe en passant par Cuba et même en partie par Washington.
Hojjatoleslam Seyed Mohammad Khatami est né a Ardakan, dans la province centrale de Yazd en 1943. Fils du très respecté Ayatollah Ruhollah Khatami, il a, après des études primaires dans sa province natale, rejoint l'école de théologie de Qom en 1961. Par la suite il décroche un diplôme de philosophie de l'université d'Isfahan, qui dispense des formations supérieures dans le domaine religieux. En 1970 il entre à l'université de Téhéran où il décroche un nouveau diplôme avant de réintégrer Qom pour poursuivre des études de philosophie.
Mohamed Khatami a très tôt été impliqué dans des activités politiques à travers la campagne anti-shah. Il a entamé son parcours politique dans l'Association des étudiants musulmans de l'université d'Isfahan, où il collaborera étroitement avec des figures connues, comme le fils de l'Ayatollah Khomeini, Hojjatoleslam Ahmad Khomeini ou encore Mohammad Montazeri.
Après la révolution en 1979, il remplacera l'Ayatollah Beheshti à la tête du centre islamique de Hambourg en Allemagne, puis est représentant des provinces d'Ardakan et Meibod au Parlement iranien en 1980.
En 1982, il est ministre de la culture et de l'orientation islamique sous le mandat de Mirhossein Mousavi.
Durant la guerre avec l'Iraq entre 1980 et 1988, il endosse plusieurs responsabilités étant tour à tour député, chef du commandement des forces armées et chef des quartiers généraux de la propagande de guerre.
Il est une nouvelle fois nommé ministre de la Culture de l'orientation islamique par le président Hashemi Rafsanjani entre 1989 et 1992, période durant laquelle il est également en charge de responsabilités à la tête de la bibliothèque nationale d'Iran. En 1996, il est nommé membre du Haut conseil pour la culture de la révolution. Candidat des réformateurs aux élections présidentielles de 1997, il saura trouver le dosage qu'il faut, prônant dans le cadre d'une nouvelle ouverture la consolidation des piliers du système dont l'islam, la spiritualité, l'indépendance, la liberté et le progrès, tout en se réclamant de l'héritage de Khomeini et de la République des mollahs.
Les urnes donneront raison à ce polyglotte confirmé aussi à l'aise en anglais, en allemand qu'en arabe, sans compter le perse. C'est le raz de marée, avec 70 % des voix exprimées.


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