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France : Ouverture ce lundi à Paris du procès de la marocaine surnommée « la Veuve noire » soupçonnée d'avoir tué son mari en 2002
Publié dans Barlamane le 09 - 05 - 2016

La ressortissante marocaine Fatima Anechad, soupçonnée d'avoir tué son mari le bijoutier Roger Bedençon, en 2002, a fait savoir, à travers son avocat, qu'elle souhaitait s'en remettre à la justice du Maroc, d'où son absence du procès qui s'est ouvert lundi à Paris.
Cette femme de 65 ans surnommée la Veuve noire depuis la mystérieuse disparition de son premier mari en 1980 n'a pas respecté son contrôle judiciaire depuis l'été 2015. Evanouie dans la nature, il était vraisemblable qu'elle se trouve dans son pays d'origine. Une hypothèse confirmée ce lundi par son avocat dans un communiqué.
Fatima Anechad «entend se placer sous l'égide de la convention franco-marocaine qui oblige les juridictions françaises à se dessaisir au profit des juridictions marocaines puisque cette dernière possède la nationalité de cet Etat», écrit son conseil Me Pascal Garbarini, cité par le Parisien.
L'avocat rappelle que sa cliente, qu'il ne représente pas lundi devant la cour d'assises et qui sera donc jugée par défaut, «contestait les faits qui lui sont reprochés». Me Pascal Garbarini estime aussi que le procès se tenant en France n'a «aucune légitimité». C'est donc une étrange audience d'assises qui s'est ouverte, sans l'accusée, mais aussi sans jurés populaires, et sans certitude sur les conditions de la disparition de Roger Bendeçon, dont le corps n'a jamais été retrouvé, estime le journal sur son site électronique. Une cour constituée d'un président et de deux assesseurs doit entendre la partie civile et le réquisitoire, avant de délibérer.
La fuite au Maroc, «signature de son crime»
Le 30 avril 2002, le bijoutier parisien était parti au Maroc avec sa compagne et n'était jamais rentré. Fatima Anechad s'était retrouvée au centre des soupçons, les enquêteurs notant par exemple qu'elle avait vendu des biens de son compagnon après sa disparition. Une coïncidence était également apparue : la disparition au début des années 80 d'un précédent conjoint de l'accusée, sans qu'aucune enquête n'ait été ouverte.
L'avocat de la partie civile Me Jean-Alexandre Buchinger a déploré avant l'audience que se tienne un «procès escamoté», estimant que la fuite de l'accusée était la «signature de son crime». Il a par ailleurs estimé que Fatima Anechad avait bénéficié «au mieux d'un dysfonctionnement, au pire de complicités» pour s'enfuir, assurant qu'elle ne pointait plus depuis juillet 2015 au commissariat, mais que le parquet n'avait été que tardivement averti de cette violation de son contrôle judiciaire.
Cette fuite écœure également la famille du bijoutier disparu. «Cela fait très longtemps que je suis convaincue du décès de mon père. Mais je comptais sur ce procès pour en connaître les circonstances», a confié avant l'audience de ce lundi Karen Bendeçon, fille de la victime, au «Parisien/Aujourd'hui en France».


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