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Selon le FMI, «l'économie algérienne devrait traverser une longue convalescence à la différence de celle du Maroc»
Publié dans Barlamane le 29 - 11 - 2021

L'Algérie a exclu de contracter des prêts auprès du Fonds monétaire international (FMI) et des organismes financiers internationaux, en dépit de la crise socio-économique qui frappe le pays.
Le régime algérien peine à rassurer sur la situation macroéconomique du pays tout en écartant un recours au financement extérieur, au nom de la «souveraineté» nationale. Récemment, le FMI a ainsi appelé l'Algérie à recalibrer sa politique économique et mener des réformes structurelles. Mais les spécialistes internationaux sont inquiets.
Selon le site spécialisé Financial Afrik, le conseil d'administration du Fonds monétaire international (FMI) a conclu la consultation le 19 novembre en Algérie au titre de l'article IV. «Les experts du Fonds relèvent que l'économie algérienne devrait traverser une longue convalescence à la différence de celle du Maroc. S'ils saluent le processus d'assainissement budgétaire par la réforme de la politique des subventions, ils émettent des critiques à peine voilées sur le recours à la planche à billets» a-t-on affirmé.
Selon la même source, «la pandémie a accru les vulnérabilités économiques persistantes de l'Algérie à la suite d'une succession de chocs défavorables depuis 2014. Les déficits jumeaux (budgétaire et du compte courant) récurrents de ces dernières années ont réduit la marge de manœuvre du gouvernement à mesure que la dette publique augmentait considérablement et que les réserves de change diminuaient. La hausse de l'inflation, reflétant la hausse des prix internationaux des denrées alimentaires et un épisode de sécheresse en Algérie, affecte également négativement le pouvoir d'achat des ménages.»
«L'économie devrait se redresser en 2021 et 2022, mais les perspectives demeurent incertaines et difficiles. La croissance réelle devrait s'établir à 3,2 % en 2021 et le déficit extérieur courant devrait se réduire fortement à mesure que les exportations rebondissent. Les risques sont toutefois orientés à la baisse. Les principaux risques concernent l'évolution des prix du pétrole, la pandémie et l'environnement social et géopolitique» a-t-on détaillé.
Les experts du FMI «relèvent que l'Algérie a été durement touchée par la pandémie et ont salué les efforts déployés par les autorités pour contenir ses coûts humains et économiques. Bien qu'une reprise progressive soit en cours, les vulnérabilités d'avant la pandémie demeurent et les risques pour les perspectives économiques s'orientent à la baisse, malgré le récent rebond des prix des hydrocarbures», selon la même source.
«D'une manière générale, les experts du Fonds monétaire international conviennent de la nécessité d'un assainissement budgétaire progressif et durable, étayé à la fois par des mesures d'amélioration des recettes et des dépenses. Entre les lignes, c'est une critique à peine voilée du laxisme budgétaire du gouvernement. Le FMI estime qu'il faut adapter le rythme et les mesures de l'ajustement à l'évolution de la pandémie et aux conditions économiques afin de protéger les couches les plus vulnérables de la population. Ils ont également salué les efforts déployés récemment par les autorités pour moderniser la gestion budgétaire et améliorer l'efficacité du secteur public en coupant dans les mille-feuilles des subventions afin de cibler directement les ménages par les transferts directs sous forme d'allocations. À moyen terme, le FMI encouragent les autorités à diversifier les sources de financement budgétaire et à éviter la planche à billets», analyse-t-on.
Le gouvernement algérien a dû répondre aux critiques sur la fin des subventions généralisées. Cette suppression votée dans le cadre de la loi de finances 2022 vise de nombreux produits alimentaires de base (semoule, huile, pain, lait…) mais également l'électricité, l'eau, le gaz et l'essence. Le budget algérien est financé en grande partie par les recettes tirées des exportations d'hydrocarbures, qui représentent plus de 91 % des apports en devises, ce qui expose fortement le pays aux fluctuations des prix du gaz et du pétrole. Les réserves de change ont fondu de 62,8 milliards de dollars en 2019 à 48,2 milliards de dollars à la fin de 2020, selon le FMI.


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