La confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM) et le ministère de l'enseignement supérieur, de la recherche scientifique et de l'Innovation ont signé une convention-cadre destinée à structurer durablement les relations entre universités et entreprises. Objectif affiché : améliorer l'employabilité des diplômés et renforcer la compétitivité du tissu productif national. Paraphé par Chakib Alj et le ministre Azzedine El Midaoui, l'accord intervient dans un contexte marqué par des mutations technologiques rapides et une pression accrue sur les entreprises en matière d'innovation et de productivité. Les deux parties entendent passer d'initiatives ponctuelles à un partenariat organisé, fondé sur la co-construction des formations et une meilleure anticipation des besoins en compétences. Dans son allocution, le président de la CGEM a rappelé le poids du système universitaire marocain : près de 1,1 million d'étudiants, dont 58 % de femmes, plus de 150 000 diplômés chaque année et environ 11 000 ingénieurs formés annuellement. « L'enjeu est de transformer ce potentiel en compétences directement mobilisables pour la croissance et pour l'entreprise », a-t-il souligné, insistant sur la nécessité de changer d'échelle dans la coopération université–entreprise. Selon lui, les relations existantes restent encore « trop souvent ponctuelles et insuffisamment structurées ». La convention prévoit ainsi plusieurs leviers opérationnels : identification sectorielle des besoins en compétences, adaptation continue des programmes, développement des stages et de l'alternance, et renforcement des synergies avec la recherche et l'innovation. Les fédérations sectorielles ainsi que les représentations régionales de la CGEM seront mobilisées pour territorialiser cette dynamique. De son côté, le ministre a mis en avant la dimension stratégique de l'adéquation Formation–Emploi. Il a estimé que cet accord traduit une volonté partagée de co-construction entre le monde académique et le monde économique, afin d'apporter des réponses concrètes aux défis économiques et technologiques du pays. L'amélioration de l'insertion professionnelle des diplômés est présentée comme un levier central du développement national. Au-delà des déclarations d'intention, la convention prévoit des actions structurantes : actualisation concertée des programmes, promotion de la formation continue au profit des salariés, dispositifs d'accompagnement à l'insertion, identification régulière des besoins à court et moyen termes, ainsi que l'organisation de rencontres périodiques d'évaluation entre universités et entreprises. Les signataires visent ainsi la mise en place d'un écosystème intégré, capable de rapprocher durablement formation, recherche scientifique et tissu socio-économique.