Adoptée le 31 octobre 2025, la résolution 2797 du Conseil de sécurité de l'ONU pourrait redéfinir le conflit du Sahara occidental, selon un rapport de l'universitaire David Alvarado. Ce texte, soutenu par les Etats-Unis et marqué par l'abstention de la Russie et de la Chine, renforce le Maroc sur la scène internationale tout en isolant davantage le Polisario et l'Algérie. DR ‹ › La résolution 2797, adoptée le 31 octobre 2025 par le Conseil de sécurité des Nations unies, marque un tournant significatif dans le traitement du conflit du Sahara. C'est la principale conclusion d'un rapport publié par David Alvarado, universitaire et journaliste espagnol ayant longuement exercé au Maroc, qui analyse les évolutions récentes de ce dossier à la lumière des nouvelles réalités géopolitiques. Le texte a été adopté avec 11 voix favorables, tandis que la Russie et la Chine ont choisi l'abstention, traduisant leur volonté d'éviter une confrontation directe avec Washington sur cette question sensible. Dans son analyse, David Alvarado souligne que cette évolution reflète une recomposition stratégique plus large. Les Etats-Unis cherchent à consolider leur partenariat avec le Maroc, considéré comme un allié clé en Afrique du Nord. Un revers irréversible pour Alger et le Polisario Cette dynamique s'inscrit dans la continuité du repositionnement régional américain et du renforcement des alliances stratégiques dans la région. Sous l'impulsion du roi Mohammed VI, le Maroc bénéficie ainsi d'un appui international croissant, notamment de la part de plusieurs pays européens. À l'inverse, le rapport met en évidence l'affaiblissement diplomatique de l'Algérie et du Polisario. Bien que Moscou et Pékin maintiennent leurs relations avec Alger, ils privilégient leurs intérêts stratégiques globaux et évitent toute opposition frontale avec les Etats-Unis sur ce dossier, ce qui contribue à accentuer l'isolement relatif du Polisario sur la scène internationale. Le document souligne également que cette évolution intervient dans un contexte de rivalité régionale persistante entre le Maroc et l'Algérie, avec des tensions diplomatiques, une compétition militaire croissante et des confrontations indirectes, notamment dans la région du Sahel et dans le cyberespace. Le rapport de David Alvarado identifie trois scénarios possibles pour l'évolution de la situation. Le premier, considéré comme le plus probable, est celui d'une consolidation progressive du contrôle marocain et d'un élargissement de la reconnaissance internationale de son plan d'autonomie. Un avantage incontestable pour le Maroc Le second scénario envisage une escalade militaire, susceptible d'aggraver l'instabilité régionale. Enfin, le troisième prévoit une reprise des négociations sous pression internationale, pouvant aboutir à une solution politique fondée sur l'autonomie sous souveraineté marocaine. L'auteur estime que la résolution 2797 illustre également un retour à une logique de rapports de force et de sphères d'influence. Les grandes puissances privilégient leurs intérêts stratégiques et leurs alliances, au détriment des approches traditionnelles centrées exclusivement sur les principes juridiques. Ce rapport a été publié avant la tenue, les 8 et 9 février à Madrid, au siège de l'ambassade américaine à Madrid, sous l'égide de l'administration du président Donald Trump, du premier round de discussions relatives à la question du Sahara.