Sahara : le Polisario rejette l'offre de l'administration Trump [média]    Produits du Sahara : l'UE intègre le Maroc dans le mécanisme de suivi des aides à la population de Tindouf    RNI : Mohamed Chaouki, candidat unique à la présidence du parti    Affaire « Escobar du Sahara » : Mehdi Bensaid dénonce des « allégations infondées » et annonce des poursuites    Ksar El Kébir en alerte maximale après la montée des eaux de l'oued Loukkos    Nador West Med : le Roi Mohammed VI préside une réunion de travail    Charte de l'investissement dédiée aux TPME : le grand tournant    La Cour des Comptes publie son rapport annuel    Coopération Sud-Sud : le Maroc et le Sénégal donnent de l'épaisseur à leur partenariat économique    Immigration : l'Espagne va régulariser un demi-million de sans-papiers    CAN 2025 : des records numériques sans précédent    Sahara: el Polisario rechaza la oferta de la administración Trump [média]    Témoin de mariage : une comédie contemporaine sur l'amitié, le couple et les non-dits    Azzedine Ounahi blessé : Girona confirme mais reste prudent sur son retour    Crash aérien de Washington : Un an après, l'enquête révèle des défaillances systémiques    La France décline les priorités de sa présidence du G7 sur les sujets économiques et financiers    Prix de la sardine : une inquiétude persistante à l'approche du Ramadan    Rabat: le Parlement abrite le 5e Forum parlementaire Maroc-France, les 29 et 30 janvier    Finale de la CAN : la CAF se prononcera dans les prochaines heures    Rayane Bounida prêt à choisir le Maroc pour sa carrière internationale    Le Brésil compte sur le match amical contre l'Egypte pour se préparer à affronter le Maroc lors du mondial    Agadir accueille le Championnat du Monde de Bodyboard    UNAF U15 : le Maroc sacré champion et qualifié pour le Championnat d'Afrique    S.M. le Roi préside une réunion de travail sur le projet Nador West Med    Lobbying en Estados Unidos: Marruecos y Argelia intensifican sus gastos    Un nouveau-né retrouvé mort à Douar Ain Eddib près de Nador    Réforme de l'enseignement supérieur au Maroc : l'ANPMA intégrée à l'Université Sidi Mohamed Ben Abdellah    Températures prévues pour le jeudi 29 janvier 2026    Averses, fortes pluies et rafales de vent mercredi et jeudi dans plusieurs provinces du Royaume    Un pétrolier sanctionné par l'UE en route vers Tanger Med escorté par un navire espagnol    La Chine enregistre 697 millions d'entrées et de sorties en 2025    Post-finale CAN : la stratégie défensive du Sénégal fragilisée, décision imminente de la CAF    Offshoring : le Maroc trace une feuille de route plus ambitieuse    Union Africaine : La Guinée retrouve son siège    Bakary Séga Bathily, DG de l'APIX-S.A : «Transformons la fraternité Sénégal-Maroc en un levier économique structurant»    Investissements étrangers : l'Afrique recule    Nigeria. Le marché du travail peine à absorber une population jeune    Energie et eau : Luanda au cœur des enjeux mondiaux    Ethiopie. Découverte d'un fossile humain vieux de 2,6 millions d'années    La France a délivré près de 400.000 titres de séjour en 2025    L'OMS exhorte les écoles à promouvoir une alimentation saine chez les enfants    "Ce geste vient d'ailleurs", une exposition collective au Palais Bahia, dans le programme "What's On" de 1:54    Lobbying aux Etats-Unis : le Maroc et l'Algérie intensifient leurs dépenses    CV c'est vous ! Ep 89. Mohammed Amine Jemoumkh, le marketing manager à plusieurs casquettes    Festival MOGA : Un modèle à fort impact socio-économique    Kech El Oudaïa accueille une soirée de dégustation chinoise avec le soutien de l'OFPPT    Afric'Artech : Casablanca accueille le premier grand rendez-vous continental de la créativité numérique africaine    Mode : Le boubou à l'ère de la modernité    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Najib Cherfaoui : « Les importateurs et exportateurs marocains sont des victimes collatérales de cette pénurie de conteneurs »
Publié dans Challenge le 20 - 12 - 2020

Les conteneurs pour transporter les marchandises manquent, tant pour l'importation que pour l'exportation. Cette situation n'est pas sans conséquence sur le commerce extérieur du Royaume. Le décryptage de Najib Cherfaoui, expert portuaire et maritime.
Challenge : La reprise du commerce mondial entraîne une pénurie de bateaux et de conteneurs. Ainsi, les itinéraires de transport autrefois à faible coût connaissent d'importantes augmentations des tarifs de fret. Comment en est-on arrivé là ?
Najib Cherfaoui : À travers le monde, il n'y a pas de pénurie de navires porte-conteneurs et la capacité de transport couvre largement les besoins. Par contre, il y a pénurie de conteneurs vides. Pour comprendre, la clé réside dans les chiffres suivants. Dans le monde, il y a actuellement 35 millions de conteneurs en service, aussi bien à terre que dans les mers. En temps normal, la moyenne mondiale est d'un conteneur plein pour deux conteneurs vides. Ce ratio est brutalement modifié par les effets de la pandémie du printemps 2020 : il devient égal à un conteneur vide pour un conteneur plein. En effet, il se produit un phénomène planétaire : les conteneurs chargés sont immobilisés dans les terminaux, dans les ports secs ou bien encore utilisés comme solution de stockage. En particulier, il n'y a pas renouvellement des conteneurs vides. Mais, il y a pire. À partir du mois d'août, la reprise chinoise engendre un flot continu de boîtes pleines, ce qui aggrave la raréfaction des vides. En conséquence, la pression exercée par la demande chinoise déclenche la surenchère sur la location des conteneurs vides. Le prix de location du conteneur vide explose. Les armateurs répercutent cette hausse sur les couts de fret. Voilà comment on est arrivé à l'augmentation des tarifs de transport des marchandises conteneurisées.
Challenge : Quelles sont les conséquences de cette situation pour les importateurs et exportateurs marocains ?
N.C : Les importateurs et les exportateurs marocains sont les victimes collatérales d'une crise globale. La situation actuelle relève du fait accompli. Les importateurs sont confrontés à l'exigence d'honorer leurs engagements. Les exportateurs sont confrontés à l'exigence de maintenir leur offre de prix. Il y a urgence de leur donner un coup de pouce, d'autant que cet appui ponctuel leur permettra de sauver une année de travail.
Lire aussi|Lettre ouverte à M. James Baker III : La souveraineté du Maroc sur le « Sahara occidental » est l'aboutissement d'un long processus d'autodétermination postcoloniale
Challenge : Face à la flambée des tarifs de fret, quelles solutions pour les importateurs et exportateurs marocains ?
N.C : Il faut bien garder à l'esprit que l'importateur ou l'exportateur marocain n'est en aucune façon responsable de la hausse unilatérale imposée par les armateurs. Je connais bien les armateurs, ils sont raisonnables et ils peuvent ramener à la raison les compagnies de leasing. Au Maroc, ils opèrent dans les ports et ils sont bien conscients de ces difficultés. Je propose la solution suivante. La tutelle doit réunir les armateurs en urgence. Elle doit mettre en avant que les contingences présentes soient localisées dans le temps. C'est-à-dire que la hausse est passagère. Forte de ce constat, elle négocie le maintien du coût de fret initial. Puis, elle garantit et place en suspension le différentiel réclamé par les armateurs. Après avoir libéré la marche normale du commerce, on revient à la table des négociations pour mettre en place un protocole tripartite de répartition de la facture globale. Il est clair que les armateurs vont accepter un allègement, sinon total, du moins appréciable.
Challenge : Peut-on se passer des conteneurs pour le fret ?
N.C : Le conteneur se révèle un puissant instrument pour évaluer exactement le coût des vides. Il contribue en particulier à la diminution de ce coût, car l'empilement de boîtes rectangulaires constitue le mode le plus dense et le plus compact. Indépendamment de ses multiples autres avantages, il voyage plein ou non. En conséquence, la mesure des vides, activité jusqu'alors artisanale pénètre dans une phase de mutation profonde : elle devient industrielle. Autrement dit, le vide acquiert le statut, à part entière, de marchandise transportable et entreposable. Il devient enfin gérable. Ces atouts révolutionnaires ne passent pas inaperçus. Tous les opérateurs saisissent l'importance de l'évènement. Ils réorganisent leurs métiers à partir et autour de cette innovation. Les armateurs inventent les porte-conteneurs ; les manutentionnaires s'équipent en portiques, chariots cavaliers et autres ponts roulants ; les ports aménagent de vastes terminaux et abandonnent les hangars traditionnels. Avec ces nouveaux outils, la conduite des conteneurs dans les espaces maritimes et terrestres prend aujourd'hui l'allure surréaliste d'une immense et interminable partie de Tetris, célèbre jeu vidéo, où le joueur doit rapidement ranger des cubes défilant à la verticale.
Lire aussi|Covid-19 : devez-vous être vaccinés si vous avez déjà été infectés par le virus ?


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.