En présence de son épouse Sheena Chraïbi et d'un grand nombre de lecteurs fidèles qui ont témoigné de leur admiration pour Driss et son œuvre, l'Institut Français d'El Jadida a baptisé vendredi sa magnifique Médiathèque du nom de « Driss Chraïbi ». Il s'agit là d'une excellente initiative, une gratitude à titre méritée de la part de l'Institut Français d'El Jadida à l'un des grands écrivains marocains francophone qui a marqué son époque dans les annales de la littérature marocaine. « Le défunt nous a très fortement marqué tant au plan professionnel qu'humain. Ils ont été très frappé notamment par la "chaleur, la simplicité et l'adéquation entre le dire et le faire" chez le romancier », reconnaissent de nombreux invités à cette rencontre. Evoquant le souvenir de celui avec qui elle a vécu plus de trente ans, Mme Sheena Chraïbi a confié que « Driss Chraibi était un homme direct et franc, plein d'humour et avec une personnalité qui crève l'écran. « Et si l'auteur de "La civilisation, ma mère" était toujours prêt à se prêter au jeu des interviews, il se méfiait toutefois des questions pièges et gardait jalousement pour lui son "jardin secret", etc. Driss Chraïbi a réussi à insuffler une nouvelle force à la langue française et a fait entrer la littérature marocaine dans la modernité, a-t-elle dit. « Feu Driss Chraïbi était "quelqu'un de vraiment granitique", estime un autre intervenant, faisant observer qu'il était "un écrivain visionnaire" qui avait abordé des thèmes majeurs et d'une extraordinaire actualité tels l'immigration, l'oppression familiale, l'émancipation de la femme, témoigne un étudiant ». « Les quatre passions qui traversaient toute son œuvre étaient "le besoin d'aimer", "la soif de connaissances lucides et directes", "la passion de la liberté" et "la participation à la souffrance d'autrui", relève un professeur dans son témoignage ». « Le véritable hommage qu'on pourrait lui rendre aujourd'hui, c'est de continuer à lire ses livres de sorte que son œuvre puisse perdurer et "traverser des siècles et des siècles", souhaite un autre intervenant » L'auteur des polars loufoques de "L'Inspecteur Ali" est "l'étoile filante de la littérature maghrébine", estiment certains d'autres de ses fidèles lecteurs, le défunt se définissait comme un "écrivain insaisissable" ou "un écrivain fantôme".