En déplacement au Maroc, le ministre allemand des Affaires étrangères, Johann Wadephul, a exprimé son ambition d'approfondir la coopération avec Rabat, dans l'économie et la culture, comme dans la sécurité. Une dynamique qui capitalise sur la qualité du dialogue stratégique entre les deux pays, ainsi que le soutien de Berlin à la proposition d'autonomie au Sahara. Le ministre des Affaires étrangères, de la coopération africaine et des Marocains résidant à l'étranger, Nasser Bourita et son homologue allemand Johann Wadephul, jeudi 30 avril à Rabat ‹ › Pour son premier déplacement au Maroc, le ministre des Affaires étrangères d'Allemagne, Johann Wadephul, a été reçu ce jeudi à Rabat par son homologue marocain, Nasser Bourita. Celui-ci a mis en avant une visite «importante» à plusieurs égards, dans un contexte marqué la commémoration des 70 ans de relations diplomatiques entre les deux pays, qui tiennent la deuxième session de leur Dialogue stratégique multidimensionnel. Dans ce sens, les deux parties ont exprimé leur volonté commune de rehausser leur coopération au rang d'un véritable partenariat couvrant divers domaines et orienté vers le futur, riche d'une longue histoire d'échanges au fil des siècles, depuis la signature du premier accord bilatéral en 1890. Dans ce contexte également, Johann Wadephul a insisté sur la pertinence et la consistance de l'initiative marocaine d'autonomie au Sahara, en tant qu'élément central de la position de Berlin sur cette question. Un intérêt commun pour la paix régionale L'Allemagne compte ainsi agir sur la base de ce principe, tant au niveau politique qu'économique. A ce titre, Berlin considère en effet le plan d'autonomie présenté par le Maroc comme «base sérieuse et crédible pour les négociations» en faveur d'une solution juste, durable et mutuellement acceptable. Elle a également exprimé son soutien aux efforts du secrétaire général des Nations unies et de son envoyé personnel. Lors d'un point de presse ayant suivi les entretiens de Johann Wadephul avec le ministre des Affaires étrangères, de la coopération africaine et des Marocains résidant à l'étranger, celui-ci a précisé que les deux parties exprimaient également des positions convergentes sur la stabilité régionale, notamment au Moyen-Orient, au Mali et au Sahel. Dans ce registre, Johann Wadephul s'est «réjoui» du «large consensus déjà atteint sur de nombreux points» dans le dialogue stratégique bilatéral, à la fois sur les plans politiques, de paix et de sécurité, mais aussi dans l'économie et l'investissement, qui constituent un domaine majeur dans le renforcement des relations entre Rabat et Berlin. «Le Maroc est un pays clé pour l'Allemagne sur le continent africain. Nous partageons des intérêts communs et entretenons d'excellentes relations économiques (…) Plus de 300 entreprises allemandes investissent ici et bénéficient (…) nous voulons continuer à exploiter ce potentiel.» Johann Wadephul Un partenariat économique riche de ses investisseurs Abondant dans le même sens, Nasser Bourita a souligné que la dynamique de coopération avec l'Allemagne couvrait de nombreux secteurs, Berlin étant par ailleurs «un acteur économique majeur au Maroc». «Le tourisme, moteur de l'économie nationale, a connu un développement significatif ces dernières années. Aujourd'hui, nous approchons le million de touristes allemands dans le pays, soit une augmentation de 11% en un an. La réunion a porté aussi sur le développement de ces domaines et leur impact sur les relations économiques.» Nasser Bourita «De nouveaux domaines de coopération s'ouvrent également, dans les énergies renouvelables et la transition digitale, ainsi que les autres secteurs où les entreprises allemandes sont solidement implantée au Maroc», a fait savoir le chef de la diplomatie marocaine, notant que les échanges ont tout autant été consacrés à «la manière de promouvoir ces possibilités auprès du secteur privé, afin de collaborer autour de ces opportunités». Le ministre a affirmé que le cadre juridique permettait de renforcer cette dynamique dans «la quasi-totalité des domaines d'activité des investisseurs au Maroc». Les deux parties soutiennent que cette coopération tire profit des principes de «respect et de responsabilité mutuels au niveau régional», mais aussi des engagements partagés en faveur d'une évolution qualitative de ces relations.