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La Banque Mondiale prévoit une crise financière en Algérie
Publié dans H24 Info le 17 - 04 - 2018

Forte inflation, crise de liquidité, une croissance ne dépassant par 2, 8 % en 2018, augmentation du nombre des chômeurs… la Banque Mondiale a dressé un tableau noir de l'économie algérienne qui laisse présager des tensions sociales.
Près de 10 % des Algériens pourraient retomber dans la pauvreté. C'est le constat de la Banque mondiale qui a tiré la sonnette d'alarme, lundi 16 avril, prévoyant dans son dernier rapport de suivi de la situation économique du pays que le taux de croissance du Produit intérieur brut (PIB) de l'Algérie devrait s'établir à 3,5 % et le taux d'inflation à 7,5 % en 2018.
La Banque Mondiale s'est montrée beaucoup plus pessimiste pour les années prochaines. « Dans le cadre budgétaire actuel (2018-2020), adopté dans la loi de finances de 2018, les dépenses publiques resteront très élevées et ne seront pas contrebalancées par l'augmentation des recettes publiques qui pourrait résulter de la remontée escomptée des cours et de la production du pétrole », prévient l'institution internationale.
Le déficit risque également de se creuser en raison du mode de financement adopté par les autorités du pays : « La persistance du déficit budgétaire pourrait toutefois provoquer une forte création de monnaie, les autorités ayant jusqu'à présent refusé de financer le déficit en procédant à des emprunts extérieurs », écrit par ailleurs la Banque mondiale, qui prévoit un taux d'inflation 7,5 % pour cette année, 8.1 % en 2019 et 9 % en 2020.
Un chômage en flèche
L'autre constat alarmant de la BM concernant le coût social de la faiblesse de la croissance prévue au pays. « Le taux de chômage a augmenté de près de 1,5 point de pourcentage, en raison de la croissance léthargique du secteur hors hydrocarbures de 11,7 % en septembre 2017, soit un niveau plus élevé que celui de 10,5 % enregistré en septembre 2016 », peut-on lire dans le dernier rapport de l'organisation.
Le chômage est particulièrement important parmi les personnes instruites, les jeunes et les femmes et, dans certains cas, tient au désir d'attendre un emploi dans le secteur formel, détaille le rapport.
Une situation qui risque de s'aggraver avec une montée du chômage qui « compromet la réduction de la pauvreté » explique la BM qui prédit que « 10 % de la population pourrait retomber dans la pauvreté ».
L'érosion du pouvoir d'achat des Algériens, l'augmentation du chômage et la forte inflation entravent l'action du gouvernement pour juguler la crise financière, notamment en ce qui concerne la diminution des dépenses publiques et le rééquilibrage des finances publiques, que « les autorités envisagent de reprendre vers le milieu de 2019 », note la BM.


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