Le gouvernement a alloué, à cette fin, « un budget cumulé sans précédent, avoisinant les 50 milliards de dirhams », a précisé le ministre Younes Sekkouri lors d'un discours à l'occasion de la fête du Travail. Suivez-nous sur WhatsApp Suivez-nous sur Telegram Le ministre de l'Inclusion économique, de la Petite entreprise, de l'Emploi et des Compétences, Younes Sekkouri, a affirmé, jeudi, que le gouvernement, en application aux Hautes directives royales, a fait de la dimension sociale une priorité centrale de ses politiques publiques, conscient de l'ampleur des défis actuels et futurs. Le gouvernement a alloué, à cette fin, « un budget cumulé sans précédent, avoisinant les 50 milliards de dirhams », a précisé M. Sekkouri lors d'un discours à l'occasion de la fête du Travail, soulignant que cet effort « traduit une volonté réelle de consacrer la justice sociale et d'améliorer les conditions de vie des citoyens ». Il a ajouté que le coût total du dialogue social jusqu'à la fin du mandat en 2026 s'élève à 48,3 milliards de dirhams, précisant que ce coût devrait atteindre 49,7 milliards de dirhams à l'horizon 2027. Le ministre a également souligné que le nombre de salariés bénéficiaires s'élève à 4,25 millions, dont 1,25 million dans le secteur public et trois millions dans le secteur privé. Parmi les acquis réalisés au profit du secteur public, le ministre a relevé une augmentation générale des salaires de 1.000 dirhams nets par mois, au profit de 1.127.842 fonctionnaires relevant des administrations publiques, des collectivités territoriales et des établissements publics, n'ayant pas bénéficié de révision salariale. S'agissant du secteur de l'éducation nationale, une augmentation générale des salaires de 1.500 dirhams nets par mois, pouvant atteindre 5.000 dirhams en fin de carrière, a été accordée à près de 330.000 fonctionnaires, pour un coût global dépassant 18,47 milliards de dirhams, a-t-il ajouté. Pour ce qui est du secteur de la santé et de la protection sociale, le ministre a indiqué qu'une amélioration globale des salaires et des indemnités a été mise en œuvre, avec un impact financier annuel avoisinant quatre milliards de dirhams. Les salaires mensuels des médecins ont ainsi été relevés de 3.000 dirhams, tandis que ceux des infirmiers et techniciens ont été augmentés de 1.400 à 1.600 dirhams. Selon M. Sekkouri, le secteur de l'enseignement supérieur a également connu une nouvelle réforme du statut des enseignants-chercheurs, avec un impact financier annuel estimé à deux milliards de dirhams. Le salaire mensuel des enseignants-chercheurs a ainsi été augmenté de 3.000 dirhams. Lire aussi Affaires Sekkouri : « Façonner les métiers d'avenir passe par l'anticipation des investissements de demain » → Il a, en outre, évoqué la révision du régime des indemnités accordées aux inspecteurs du travail et le renforcement de leur statut professionnel. Le salaire mensuel net moyen a également été relevé de 8.237 dirhams en 2021 à 10.600 dirhams en 2026, soit une augmentation totale de 28,7%, alors que le salaire net minimum est passé de 3.258 dirhams à 4.500 dirhams, soit une augmentation de près de 50% sur cinq ans. Par ailleurs, le ministre a souligné l'augmentation du quota de promotion de 33 % à 36 %, ainsi que l'instauration d'un congé de paternité de 15 jours payés dans la fonction publique. S'agissant des avancées relatives au secteur privé, le responsable a rappelé que le salaire minimum légal dans les activités non agricoles (SMIG) a été revalorisé de 20 % sur la période 2021-2026, portant le salaire mensuel de 2.828,71 dirhams à 3.422,72 dirhams à compter de janvier 2026, soit une augmentation mensuelle d'environ 600 dirhams. Concernant le salaire minimum légal dans les activités agricoles (SMAG), il a été revalorisé de 25 %, le salaire mensuel brut passant ainsi de 1.994,20 dirhams à 2.533,44 dirhams à compter d'avril 2026, soit une augmentation mensuelle d'environ 540 dirhams, a-t-il précisé. D'autre part, M. Sekkouri a évoqué l'abaissement du seuil minimum pour la pension de vieillesse, qui passe de 3.240 jours, soit l'équivalent de 10 ans de cotisation, à 1.320 jours, soit quatre ans de cotisation, avec effet rétroactif pour les assurés ayant pris leur retraite au 1er janvier 2023. Il a également abordé la possibilité pour les assurés du secteur privé ayant atteint l'âge légal de la retraite et cumulé au moins 1.320 jours de cotisation de récupérer la part des cotisations salariales et patronales. Le ministre a dressé la liste d'une série d'acquis concernant à la fois les secteurs public et privé, notamment l'augmentation du montant des allocations familiales pour les quatrième, cinquième et sixième enfants, qui passe de 36 à 100 dirhams par mois, ainsi que de la révision du régime de l'impôt sur le revenu à compter du 1er janvier 2025 pour les salariés des secteurs public et privé, dont le montant s'élève à 400 dirhams pour les catégories à revenus moyens, avec un relèvement du seuil d'exonération de l'Impôt sur le Revenu (IR) de 30.000 à 40.000 dirhams par an, pour un coût total de 7,6 milliards de dirhams. Création d'emplois productifs et durables Le gouvernement, en exécution des Hautes Orientations de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, s'est engagé dans la mise en œuvre d'une vision intégrée fondée sur la création d'emplois productifs et durables, la qualification des compétences, l'adaptation de la formation aux besoins du marché du travail et l'encouragement de l'entrepreneuriat. Cette vision accorde une importance particulière à l'intégration des jeunes et des femmes, à l'amélioration de la gouvernance et au renforcement de la convergence entre les différents acteurs, a soutenu M. Sekkouri lors d'un discours à l'occasion de la fête du Travail. Le ministre a, à cet égard, rappelé le lancement du programme « Awrach », destiné aux chercheurs d'emploi et ayant permis aux bénéficiaires de disposer d'un revenu pendant une période déterminée, faisant savoir que près de 250.000 personnes en ont bénéficié en 2022 et 2023, pour une enveloppe budgétaire de 2,25 milliards de dirhams au titre de l'année 2022. Il a également fait état de l'augmentation du nombre de bénéficiaires des services de l'Agence nationale de promotion de l'emploi et des compétences (ANAPEC), qui a atteint plus de 4 millions de chercheurs d'emploi. Dans le même contexte, M. Sekkouri a évoqué le lancement d'une feuille de route nationale pour l'emploi, plaçant l'inclusion économique au cœur de la justice sociale à travers l'autonomisation des jeunes et des femmes, l'encadrement des activités précaires et la réduction des disparités territoriales. Des avancées structurelles importantes ont été réalisées afin d'élargir l'accès à ces programmes, notamment au profit des non-diplômés, et de renforcer le rôle de l'ANAPEC dans la mise en œuvre des politiques publiques liées à l'emploi et à l'insertion professionnelle, tout en consolidant sa position en tant qu'acteur central et service public inclusif et intégré, tenant compte des dimensions catégorielle, territoriale et sectorielle, a poursuivi le ministre. Il a précisé que l'Agence a pu réaliser, entre 2021 et 2025, plusieurs résultats importants, notamment sa contribution à l'insertion de plus de 694.000 chercheurs d'emploi dans le cadre des programmes d'emploi, dont près de 595.000 bénéficiaires du programme « Idmaj », ainsi que l'accompagnement de plus de 99.000 bénéficiaires dans le cadre du programme « Tahfiz ». Il a, en outre, été décidé d'élargir les interventions de l'ANAPEC aux personnes non titulaires de diplômes, en leur permettant de bénéficier des mêmes services et incitations que les diplômés, ainsi que d'opportunités de formation. Le ministre a également mis en avant le programme de « formation par alternance », un nouveau modèle combinant formation et travail, ouvert à différents niveaux d'études. Par ailleurs, M. Sekkouri a affirmé que, malgré une conjoncture économique difficile, le marché du travail connaît une évolution positive et qualitative, marquée par « la prédominance de l'emploi décent, résultat des programmes et politiques mis en œuvre ». Et de relever que les indicateurs du marché du travail font ressortir la création de 851.000 postes d'emploi durant la période 2021-2025 dans les secteurs non agricoles (les services, l'industrie, y compris l'artisanat, ainsi que le bâtiment et les travaux publics), contre une perte d'environ 527.000 postes dans le secteur agricole. L'économie nationale a également connu, en 2025, une reprise notable du rythme de création d'emplois, avec 193.000 postes nets créés au niveau national, contre 82.000 en 2024, a-t-il ajouté. Le ministre a, en outre, fait état d'une baisse du taux de chômage au niveau national entre 2024 et 2025, passant de 13,3% à 13%. Ce taux a reculé de 0,5 point chez les diplômés, de 19,6% à 19,1%, et de 0,5 point chez les non-diplômés, de 5,2% à 4,7%. Selon le milieu de résidence, le chômage a baissé en milieu urbain de 16,9% à 16,4%, et en milieu rural de 6,8% à 6,6%. Il a aussi relevé une hausse d'environ 740.000 du nombre de salariés déclarés à la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) durant la période 2021-2024. Sur un autre registre, M. Sekkouri a souligné que le gouvernement a engagé plusieurs grands chantiers sociaux ayant nécessité un effort financier important et permis de réaliser des acquis tangibles. Il a cité, à cet égard, la poursuite de la mise en œuvre du chantier de généralisation de la protection sociale dans ses différentes composantes, notamment la généralisation de l'Assurance maladie obligatoire à l'ensemble des catégories sociales, l'amélioration de l'accès aux services de santé, ainsi que les réformes liées aux retraites et aux allocations familiales. Dans ce cadre, le gouvernement a réalisé des résultats importants, notamment l'augmentation du nombre de bénéficiaires de l'assurance maladie, passé d'environ 7,8 millions à plus de 23 millions de citoyens, a-t-il indiqué. L'Exécutif s'est également attaché, a soutenu le ministre, à la mise en œuvre de la Haute Vision Royale faisant du programme d'aide au logement un véritable levier au service du citoyen, précisant que le nombre total de bénéficiaires de l'aide directe au logement a dépassé 96.274 personnes, pour une contribution financière de l'Etat avoisinant 7,88 milliards de dirhams, couvrant 52% de jeunes âgés de moins de 40 ans et 44% de femmes. M. Sekkouri a, par ailleurs, indiqué que le gouvernement, en exécution des Hautes Instructions Royales, a adopté une approche proactive et une stratégie globale pour faire face au stress hydrique aigu que connaît le Maroc en raison de la succession des années de sécheresse. Cette approche a permis de multiplier par neuf la capacité de dessalement de l'eau de mer entre 2021 et 2025, de réaliser sept grands barrages d'une capacité globale de stockage avoisinant 1,7 milliard de mètres cubes, ainsi que des projets d'interconnexion entre bassins hydrauliques destinés à sécuriser 400 millions de mètres cubes par an, a-t-il conclu.