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Crise Madrid-Rabat: Le président de l'IMRI livre sa lecture des faits - Interview -
Publié dans Hespress le 27 - 05 - 2021

Dans cet entretien avec Hespress FR, Jawad Kardoudi, le président de l'Institut Marocain des Relations Internationales estime que pour une sortie honorable de cette crise, Brahim Ghali doit répondre à la convocation de la justice espagnole le 1er Juin, et qu'il soit interdit de quitter le territoire espagnol avant son procès.
Hespress FR : Pouvez-vous relater les faits de la crise actuelle entre le Maroc et l'Espagne dans l'ordre chronologique ?
Jawad Kardoudi: La crise entre le Maroc et l'Espagne débute le 18 avril 2021 lorsque le Maroc a appris que l'Espagne a admis à l'Hôpital Logroño près de Saragosse Brahim Ghali Chef du Polisario.
L'admission s'est faite sous un faux nom, et de plus Brahim Ghali est poursuivi par la justice espagnole par un mandat d'arrêt en 2016 pour crimes contre l'humanité, génocide, viols et tortures.
L'Algérie s'est impliquée dans cet événement puisque Brahim Ghali était accompagné par un médecin algérien, et le transport entre l'Algérie et l'Espagne a été effectué par un avion médicalisé algérien.
Le Maroc qui n'a pas été informé de cet événement, a protesté énergiquement auprès de l'Espagne, en demandant des explications et en convoquant l'Ambassadeur d'Espagne à Rabat.
Plusieurs plaintes ont été adressées à la justice espagnole par un dissident Sahraoui et l'Association Sahraouie pour la défense des droits de l'Homme.
Que s'est-il passé ensuite ?
J.K : L'Espagne répond qu'elle a reçu Brahim Ghali pour des raisons humanitaires, ce qui n'a pas convaincu les autorités marocaines. Le mercredi 5 mai, la police espagnole a identifié Brahim Ghali à l'Hôpital Logroño et la justice espagnole l'a convoqué pour le 1er juin 2021.
Le lundi 17 mai, une marée humaine de 8.000 candidats à l'émigration entre à Sebta, dont des mineurs. Le même jour les autorités espagnoles procèdent à 5.600 expulsions vers le Maroc.
Le lendemain 18 mai, l'Ambassadrice du Maroc en Espagne est convoquée dans l'urgence par le ministère espagnol des Affaires étrangères qui manifeste sa désapprobation de l'entrée d'émigrés à Sebta en provenance du Maroc.
L'Ambassadrice du Maroc en Espagne est rappelée à Rabat, et le ministre marocain des Affaires étrangères déclare qu'elle ne retournera à son poste que lorsque la crise sera résolue.
Le 19 mai, le Premier ministre espagnol Pédro Sanchez se rend à Sebta et Melilla et déclare que le Maroc a manqué de respect à l'Espagne, et qu'il défendra par tous les moyens les Espagnols résidant à Sebta et Melilla.
Quelles ont été les réactions à cette crise ?
J.K : Après l'entrée en masse des migrants le 17 mai à Sebta, les premières réactions ont été vives aussi bien de l'Espagne que de l'Union européenne. La ministre de la Défense espagnole a déclaré « L'afflux des migrants en provenance du Maroc est une agression à l'égard des frontières espagnoles, mais aussi de l'Union européenne. C'est un chantage de Rabat en utilisant les mineurs ».
Le Vice-Président de la Commission européenne a déclaré de son côté « que personne ne peut intimider ou faire chanter l'Union européenne ».
La France a réagi d'une façon plus modérée du moment que le ministre Français des Affaires étrangères a déclaré que le Maroc est un partenaire essentiel de la France et de l'Union européenne pour la lutte contre la migration clandestine et le terrorisme, en souhaitant la fin rapide de la crise entre le Maroc et l'Espagne.
Pour sa part, le Haut représentant de l'Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité Joseph Borrell a loué le partenariat avec le Maroc, et affirmé qu'il est nécessaire de trouver une solution pour surmonter les tensions actuelles et préserver le partenariat solide entre l'Union européenne et le Maroc.
Quelle a été la réaction du Maroc et quelles sont les pistes de sortie de la crise ?
J.K: Dans une conférence de presse, le ministre marocain des Affaires étrangères Nasser Bourita a déclaré que la cause derrière la crise entre le Maroc et l'Espagne est l'entrée du leader du Front Polisario Brahim Ghali en territoire espagnol dans des conditions indignes d'un Etat de droit.
Il a déploré également l'inaction totale de la police espagnole vis-à-vis des flux de migrants à destination de Sebta.
Etant donné les liens multidimensionnels entre le Maroc, l'Espagne et l'Union européenne, il est souhaitable qu'une solution soit trouvée rapidement de la crise actuelle. C'est l'Espagne qui est à l'origine de cette crise en recevant le Chef du Polisario sur son territoire sous un faux nom, et alors qu'il est poursuivi par la justice espagnole.
Pour une sortie honorable de cette crise, Brahim Ghali doit répondre à la convocation de la justice espagnole le 1er Juin, et qu'il soit interdit de quitter le territoire espagnol avant son procès.


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