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Marche Verte : Comment cette épopée a été vécue par les journalistes
Publié dans Hespress le 06 - 11 - 2023

En ce lundi 06 novembre 2023, 48 ans après la marche verte lancée par feu Hassan II, tous les Marocains commémorent cette épopée glorieuse. Citoyens, combattants et journalistes ont répondu présents à l'appel du devoir national. Armé de l'amour de la patrie et la conviction inébranlable de la justesse de leur cause, 350.000 volontaires se sont dirigés vers le sud du Royaume pour y hisser le drapeau national. Mohamed Seddik Maâninou, journaliste et écrivain marocain nous amène dans une immersion dans les coulisses de cette marche.
Avec les moyens de bord et des conditions pénibles, les journalistes marocains, soudés et armés de l'amour du pays et de leur métier, se sont dirigés au Sahara pour couvrir un événement épique. Source de fierté des Marocains, la marche verte a connu une couverture médiatique exceptionnelle.
A cette occasion, Mohamed Seddik Maâninou, figure du journalisme marocain, révèle à Hespress Fr que « la couverture médiatique de la Marche verte s'est manifestée à plusieurs niveaux. Le premier est que, à partir de 1974, il est apparu que le Sud du Royaume n'a pas accès à la radio nationale, feu Hassan II décida de créer une radio dans la ville de Tarfaya. Dans une petite maison où résidaient de nombreux journalistes et dans laquelle se trouvaient des appareils d'enregistrement apportés de Rabat, les émissions ont commencé à être diffusées. La radio s'appelait Radio Unité et Libération et a continué à produire jusqu'à la Marche Verte. Par la suite, son effectif a rejoint Radio Laayoune récupérée par le Maroc ».
En ce qui concerne la couverture télévisée, le journaliste nous souligne que «trois ou quatre mois avant le lancement de la Marche verte, feu Hassan II avait décidé de créer une chaîne de télévision locale dans la ville de Tarfaya, qui diffusait principalement vers le Sud. Un certain nombre de techniciens et de présentateurs ont déménagé pour y travailler, et à son tour, elle était également située dans une petite maison avec un studio et du matériel d'enregistrement et de montage« .
« Il y avait un groupe de reporters qui se déplaçaient dans la région et transmettaient des images de rassemblements. Le Sahara, contrairement à plusieurs clichés, n'a jamais été une zone stagnante; au contraire, elle connaissait une activité politique et sociale accrue. Il faut souligner ici que nous travaillons à l'époque avec des disques. Cela signifie que si nous filmons, par exemple un événement survenu dans une ville donnée dans le sud, le disque doit être transporté en urgence à Rabat pour la diffusion. Il n'y avait pas de satellites et il n'y avait aucune possibilité d'émettre, ce qui constituait un obstacle supplémentaire à cette période », se remémore le journaliste.
En partageant avec nous son expérience personnelle, il nous confie: « J'ai personnellement travaillé auparavant au Palais Royal de Marrakech pour présenter un programme. C'est le défunt Roi Hassan II qui en avait eu l'idée. Ce programme s'adressait aux participants. Pendant une cinquantaine de minutes, j'essayais de calmer les citoyens car, par exemple, imaginez qu'un convoi d'une centaine de camions quitte la ville de Taza pour se diriger vers Tarfaya, transportant des milliers de volontaires, hommes et femmes. Lorsque vous quittez la ville, les nouvelles s'arrêtent et une bombe de questions explose. Ces interrogations préoccupaient les familles des volontaires et c'était à nous, journalistes, de les calmer. Je disais par exemple que la caravane qui partait de Nador, est arrivée saine et sauve Fès, ...etc ».
La deuxième partie du programme consistait à répondre à « une série de questions posées par des bénévoles. Par exemple, quelqu'un dit : Y a-t-il une pharmacie dans le Sahara pour que nous puissions y procurer des médicaments ? Un autre demande s'il y a un téléphone pour parler à sa famille, et ainsi de suite. Il s'agissait d'un reportage quotidien qui présentait des réponses aux différentes questions que se posait l'opinion publique« , explique Maâninou.
A l'époque de la Marche verte, poursuit-il, « la télévision marocaine diffusait encore en noir et blanc et il y avait une équipe royale qui suivait les activités royales. Le Roi m'a ordonné d'accompagner cette dernière à Laâyoune, à Tarfaya, pour enregistrer un reportage sur la Marche Verte. Cette équipe de photographes, d'assistants et de techniciens du son, et moi-même, a voyagé à bord d'une jeep de la Gendarmerie Royale, et de là nous avons pris des photos, dont celle qui a été envoyée à Rabat et diffusée le même jour au journal télévisé de 20h30 », se rappelle avec nostalgie notre intervenant.
De plus,« il y avait d'autres équipes qui visitaient les camps de chaque région séparément et prenaient des déclarations, c'est-à-dire l'activité que cette région connaissait. Chaque groupe exerçait des activités sportives, culturelles, récréatives et musicales », ajoute-t-il.
À Tarfaya également, « il y avait environ 350 journalistes étrangers, originaires de pays arabes et africains, ainsi que les plus grandes chaînes mondiales. Je me souviens qu'il y avait deux chaînes de télévision américaines, deux autres britanniques et d'autres européennes»..., se souvient le journaliste, qui affirme que « tout le monde voulait savoir ce qui allait se passer, l'évènement le plus important était la marche verte. Tous les regards étaient tournés vers le Maroc ».
« La couverture médiatique a été importante et l'événement qui intéresse les médias internationaux, c'est la marche verte et son déroulement. Nous pouvons sentir les questionnements des médias étrangers : des coups de feu seront-ils tirés et les volontaires pourront-ils atteindre Laayoune ? Quelle sera la position du Maroc en cas d'avertissements, d'arrêts », nous confie notre interlocuteur.
En réponse à notre question sur les conditions du travail, Mohamed Seddik Maâninou, a eu ces mots: « Nous étions dans une zone sans eau, sans électricité, sans téléphone, ni maison. Comme d'autres citoyens, nous vivions sous des tentes et passions la nuit sur des nattes et des tapis que certains rapportaient. En dépit des difficultés, nous travaillions et nous répondions au devoir national« .
Les moyens étaient très limités, et « les capacités disponibles nous permettaient de faire ce que nous faisions, et nous n'avions pas suffisamment de caméras ni de moyens de transport, par exemple, le jour de la Marche Verte, les chaînes et agences de presse, ont loué un avion qui a décollé de Tarfaya et a atterri à Agadir. Une opération coordonnée avec l'avion se dirigeant vers Londres. Donc, les films tournés à Tarfaya sont arrivés le même jour à Londres, ont été développés et diffusés dans plusieurs pays européens« , nous dit Maâninou.
Et d'ajouter: « Quant au reportage que j'ai réalisé le jour du transit, le 6 novembre, il a été transmis par la télévision marocaine, la condition était à ce qu'on appelle l'Eurovision, un réseau qui comprenait à l'époque la majorité des pays européens, et comme résultat, le reportage était également diffusé sur les chaînes européennes. Cela signifie que les Européens ont pu regarder le reportage, voir les foules défiler et écouter le commentaire que j'avais fait, qui contenait beaucoup d'émotion, de larmes et une description des sentiments que j'éprouvais, mais également ceux des bénévoles, hommes et femmes ».
Pour conclure: « C'était un moment d'histoire, un événement international qui a fait bouger le monde entier et pas seulement le Maroc et l'Espagne ».


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