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En termes de corruption, le Maroc a encore du pain sur la planche
Publié dans Hespress le 18 - 02 - 2024

La transparence et la probité sont les pièces angulaires au développement socio-économique d'un pays, pour autant, le Maroc se trouve confronté à un défi de taille : la lutte contre la corruption. Dans une édition spéciale inaugurant l'année 2024, l'Instance Nationale de la Probité, de la Prévention et de la Lutte contre la Corruption (INPPLC) dévoile des résultats alarmants de son dernier rapport, mettant en lumière une perception négative généralisée et des défis persistants.
Sur 180 pays, le Maroc est classé 97e, en 2023 selon l'indice de perception de la corruption, une position qui reflète une tendance inquiétante : une chute de trois places par rapport à l'année précédente, avec seulement 38 points sur 100 en 2023. Cette régression démontre la nécessité urgente de redoubler d'efforts dans la lutte contre ce fléau qui mine la confiance des citoyens et des investisseurs.
L'étude nationale menée par l'INPPLC révèle une perception négative omniprésente de la corruption, touchant divers secteurs de la société. Parmi les faits marquants, la corruption se classe parmi les principales préoccupations pour les résidents, les Marocains expatriés et les entreprises interrogées. Cette réalité souligne l'ampleur du problème et la nécessité d'une action concertée de toutes les parties prenantes.
En l'occurrence, le rapport souligne les disparités sectorielles dans les niveaux de corruption, avec le secteur de la santé et les partis politiques en tête de liste. Les pratiques corrompues dans des domaines tels que l'emploi public, les nominations et le développement de carrière, ainsi que les aides sociales, suscitent des préoccupations croissantes. Les entreprises signalent quant à elles des difficultés majeures dans l'obtention de licences, les autorisations « facilitées » et les contrats publics, compromettant ainsi un environnement commercial sain et équitable.
Un aspect préoccupant mis en avant par le rapport est le faible taux de plaintes et de dénonciations, suggérant un manque de confiance dans les mécanismes de lutte contre la corruption et une crainte généralisée des représailles. Ceci souligne la nécessité de renforcer les mesures de protection des lanceurs d'alerte et de garantir leur sécurité.
Les causes profondes de la corruption sont multiples et complexes, allant du désir d'enrichissement rapide à la lenteur des procédures administratives, en passant par le manque d'éthique et de surveillance. Les entreprises justifient souvent les pots-de-vin comme un moyen d'obtenir des avantages compétitifs ou d'accélérer les processus, soulignant ainsi la nécessité de réformes structurelles et d'une culture d'intégrité.
Malgré les initiatives de sensibilisation et de coopération de la part de l'INPPLC, une partie écrasante de la population et des entreprises estime que les efforts actuels de lutte contre la corruption restent inefficaces. Les mesures recommandées incluent une application plus stricte des lois anticorruption, une sensibilisation accrue du public et le renforcement des mécanismes de surveillance et de dénonciation.
En outre, le rapport met en lumière le rôle crucial du journalisme d'investigation dans la lutte contre la corruption, soulignant la nécessité de créer un environnement favorable à son développement. Les médias jouent un rôle essentiel dans la sensibilisation du public et la dénonciation des pratiques corrompues, contribuant ainsi à renforcer la reddition de comptes et la transparence.
En conclusion, les résultats de cette enquête soulignent l'urgence d'actions concrètes et coordonnées de la part des autorités, de la société civile et du secteur privé pour combattre efficacement la corruption et promouvoir la transparence et la probité au Maroc. La lutte contre la corruption ne saurait être reléguée au second plan, elle est désormais un impératif moral et économique pour garantir un avenir meilleur pour tous les Marocains.


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