Réagissant à l'entretien téléphonique que le ministre des Affaires étrangères et de la coopération internationale, Nasser Bourita, a eu, mardi, avec Juan Guaido, président de l'Assemblée nationale, président par Inérim du Venezuela, des experts nationaux ont mis en avant que "tout changement de régime dans la région ne peut être que bénéfique pour le Maroc". Contactés par Hespress FR, des politologues marocains rassurent sur l'avenir des relations entre les deux pays, appelées à s'améliorer dans l'avenir. Pour le professeur chercheur en sciences politiques et expert en relations internationales, Taj Eddine El Houssaini, "les relations entre le Maroc et le Venezuela, sous le régime de Nicolas Maduro, ne sont pas bonnes. Ce pays a reconnu la Rasd et établi des relations avec le polisario". « Tout changement de régime dans la région ne peut être que bénéfique pour le Maroc", a estimé le politologue Le professeur El Houssaini a également mis en cause la position de Caracas qui mène, avec l'aide de l'Algérie, une campagne de propagande dans les pays d'Amérique latine pour les inciter à soutenir le polisario". Il a qualifié le dernier communiqué du ministère des Affaires étrangères de « très important dans le sens où il caractérise la politique agressive de la diplomatie marocaine ». "Que le régime change ou pas au Venezuela, le Maroc n'aura rien à perdre. Au contraire, la diplomatie marocaine va gagner beaucoup dans l'avenir", rassure El Houssaini. Légitimité internationale Pour sa part, Abderrahim Manar Slimi, professeur de Sciences politiques à l'Université Mohammed V de Rabat a salué l'initiative de changement de position au Venezuela sur la question du Sahara marocain. Pour le politologue, ce pays, sous les régimes de Chaves et Maduro, apportait un soutien indéfectible au polisario, tout en menaçant la paix dans la région. "En soutenant aujourd'hui la légitimité internationale qui reconnaît le gouvernement de Guaido, le Maroc confirme que ses relations bilatérales sont considérées sur des bases de réciprocité", estime Slimi. "Reconsidérer la reconnaissance du Venezuela de la 'République Sahraouie' sous le gouvernement de Guaido, est un acte bénéfique pour l'amélioration des relations diplomatiques entre les deux pays", constate-t-il. Avoir un allié futur Cependant, Khalid Chegraoui, professeur universitaire spécialisé dans les affaires africaines et relations internationales, temporise et dit vouloir attendre les derniers développements de la situation interne dans ce pays. Le soutien du président par intérim, Juan Guaido par les Etats-Unis et autres pays occidentaux, est une carte importante pour le Maroc en vue d'un allié futur, a-t-il argué, indiquant qu'il était « tout à fait légitime pour notre pays de chercher à diversifier ses relations diplomatiques ». "Cependant, prévient Chegraoui, il faut prendre en considération plusieurs facteurs sur le plan international et qui ont un rapport avec la position commune de la Chine et la Russie. Ces deux puissances, qui sont aussi nos partenaires, soutiennent toujours le régime en place".