En dépit des avancées enregistrées dans la scolarisation des filles au Maroc, l'accès à l'enseignement supérieur demeure encore restreint. Selon les données publiées par le Haut-Commissariat au Plan (HCP) à l'occasion de la Journée internationale des femmes, plusieurs indicateurs révèlent la persistance d'importantes disparités éducatives, notamment entre les milieux urbain et rural. Dans une note d'information consacrée à la situation des droits des femmes, le Haut-Commissariat au Plan met en lumière les progrès réalisés par le Maroc en matière d'accès des filles à l'éducation au cours des dernières années. Les réformes engagées dans le système éducatif et les programmes de soutien destinés aux catégories sociales vulnérables ont contribué à accélérer la scolarisation des jeunes filles. Ainsi, le taux de scolarisation des filles âgées de 6 à 16 ans a atteint près de 96,4 %, témoignant d'une quasi-généralisation de l'accès à l'enseignement obligatoire. Chez les enfants de 4 à 5 ans, ce taux s'élève à 71,1 %, avec une performance légèrement plus élevée en milieu rural qu'en milieu urbain. Cependant, ces avancées ne se traduisent pas de manière équivalente au niveau de l'enseignement supérieur. D'après la note du HCP, publiée à l'occasion de la Journée internationale des droits femmes, le taux de scolarisation des jeunes femmes âgées de 18 à 22 ans ne dépasse pas 53,1% en 2024, révélant un déficit notable dans l'accès des filles aux études supérieures. Les disparités territoriales restent également marquées. Dans les zones rurales, l'accès des adolescentes à l'enseignement secondaire qualifiant demeure plus fragile : le taux de scolarisation des filles âgées de 15 à 17 ans y atteint seulement 62 %, ce qui constitue un frein important à la poursuite des études universitaires. Les statistiques du Haut-Commissariat au Plan montrent par ailleurs que les inégalités éducatives persistent chez les femmes adultes. Près de 48,2 % des femmes âgées de 25 ans et plus n'ont jamais été scolarisées à l'échelle nationale. Cette proportion grimpe à 70,6 % en milieu rural, contre 36,4 % dans les villes. Dans le même sens, seules 32,7 % des femmes ont atteint au moins le niveau du secondaire collégial, tandis que 11 % seulement disposent d'un niveau d'enseignement supérieur. Là encore, l'écart entre territoires est significatif : 15,4 % des femmes en milieu urbain ont poursuivi des études supérieures, contre 2,5 % en milieu rural. La durée moyenne de scolarisation reflète également ces disparités. Elle s'établit à 5,2 années pour les femmes au niveau national, mais chute à 2,1 années en milieu rural, alors qu'elle atteint 6,9 années dans les zones urbaines. Par ailleurs, le phénomène de l'analphabétisme demeure préoccupant. Environ 32,4% des femmes âgées de 10 ans et plus sont encore analphabètes au Maroc. Ce taux atteint 51,6 % dans le monde rural, contre 23,6 % en milieu urbain, illustrant l'ampleur des défis à relever pour garantir une égalité réelle des chances en matière d'éducation. Pour le Haut-Commissariat au Plan, ces indicateurs soulignent la nécessité de renforcer les politiques publiques visant à soutenir la scolarisation des filles, notamment au niveau secondaire et universitaire, afin de consolider les acquis et réduire les disparités éducatives qui persistent encore au Maroc.