Au Congrès américain, l'offensive législative contre le polisario prend de l'ampleur. Un nouveau soutien parlementaire vient renforcer le projet de loi visant à ouvrir la voie à sa désignation comme organisation terroriste et à l'imposition de sanctions. Le texte, porté par le républicain Joe Wilson, rassemble désormais dix élus à la Chambre des représentants. Le projet de loi américain visant à inscrire le Front polisario sur la liste des organisations terroristes étrangères continue de gagner des soutiens au Congrès. La représentante républicaine Claudia Tenney vient de rejoindre les parlementaires favorables à cette initiative, devenant la première femme à appuyer officiellement ce texte depuis son dépôt en juin 2025. Ce ralliement illustre l'élargissement progressif du soutien politique autour de cette proposition législative à Washington. Introduit le 24 juin 2025 à la Chambre des représentants par le député républicain Joe Wilson, élu de Caroline du Sud, le texte intitulé « Polisario Front Terrorist Designation Act » a été immédiatement cosigné par le démocrate Jimmy Panetta, représentant de Californie. Le projet de loi a ensuite été transmis aux commissions des Affaires étrangères et de la Justice du Congrès, chargées d'en examiner les dispositions relevant de leurs compétences respectives. Depuis son introduction, la proposition a progressivement élargi son cercle de soutiens au sein de la chambre basse du Congrès. Outre Wilson et Panetta, neuf élus ont rejoint l'initiative : Mario Diaz-Balart, représentant républicain de Floride, Jefferson Shreve (Indiana), Randy Fine (Floride), Lance Gooden (Texas), Pat Harrigan (Caroline du Nord), Zachary Nunn (Iowa), Don Bacon (Nebraska) et plus récemment Claudia Tenney, élue de l'État de New York, qui a officiellement cosigné le texte le 9 mars 2026, selon les données du site du Congrès. Le texte vise à enclencher un processus officiel de désignation du polisario comme organisation terroriste étrangère et à ouvrir la voie à des sanctions américaines contre le Front séparatiste. Il prévoit que le secrétaire d'État et le secrétaire au Trésor soumettent au Congrès, dans un délai de 90 jours après l'adoption de la loi, une analyse détaillée visant à déterminer si le polisario remplit les critères juridiques permettant son inscription sur la liste des organisations terroristes étrangères et l'imposition de sanctions. Le projet impose également la publication d'un rapport détaillé dans les 180 jours suivant l'adoption du texte. Ce document devra présenter la structure de direction du Front soutenu par l'Algérie, ses opérations militaires ainsi que l'origine de ses soutiens extérieurs. Il devra également examiner ses liens avec plusieurs acteurs internationaux, notamment l'Iran, ainsi que ses relations avec des organisations classées terroristes par les États-Unis telles que le Hezbollah, le Corps des Gardiens de la révolution islamique (IRGC) et le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK). Le texte évoque également l'implication d'acteurs liés à l'Iran dans la formation de combattants du polisario, ainsi que l'acquisition de capacités militaires avancées, notamment dans le domaine des drones armés. Des informations relayées par des médias internationaux, dont The Washington Post, font état d'un soutien iranien incluant formation et fourniture de drones, ce qui alimente les préoccupations à Washington quant aux capacités militaires du Front. Le projet de loi comporte par ailleurs une disposition permettant au président des États-Unis de suspendre l'application d'éventuelles sanctions si le polisario s'engage dans des négociations « de bonne foi » pour mettre en œuvre le Plan d'autonomie soumis par le Maroc.