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Pourquoi les gouvernements qualifient-ils les mouvements de liberté de « terroristes » ?
Publié dans L'observateur du Maroc le 11 - 03 - 2026

À de nombreux moments décisifs de l'histoire, les forces qui luttent pour la liberté ou pour un changement politique ont été confrontées à de graves accusations et à des étiquettes politiques. Les gouvernements en place les présentent souvent comme des « terroristes », des « traîtres », des « agents de l'ennemi » ou des « fauteurs de troubles ». Ce phénomène n'est pas propre à un pays ou à une époque particulière : il constitue un schéma récurrent dans l'histoire politique moderne.
Le sociologue allemand Max Weber explique, dans sa célèbre théorie de la légitimité, que la stabilité d'un système politique ne dépend pas uniquement des instruments de coercition ou de la puissance militaire. Un gouvernement est durable lorsqu'une part importante de la société considère son autorité comme légitime. Mais lorsque cette légitimité entre en crise, l'émergence d'une force politique indépendante peut représenter une menace sérieuse pour le pouvoir en place. Dans ce contexte, les gouvernements cherchent souvent à présenter cette force comme une menace pour la sécurité.
La philosophe politique Hannah Arendt souligne un phénomène similaire dans son analyse du pouvoir et de la violence. Selon elle, lorsqu'un régime s'affaiblit politiquement et perd sa légitimité, il tend à recourir davantage à la violence et à la propagande. Dans ces conditions, la diabolisation et la délégitimation des opposants deviennent des éléments centraux de la stratégie de survie du pouvoir.
Le régime des mollahs en Iran a lui aussi eu recours à cette stratégie. En dépensant des sommes d'argent astronomiques dans les pays occidentaux et en s'appuyant sur des réseaux de lobbying, il a tenté de présenter ses opposants comme des « terroristes » à travers une vaste campagne de diabolisation.
C'est dans ce contexte que, à la demande de l'ancien président iranien Mohammad Khatami, les Moudjahidine du peuple ont été inscrits sur les listes d'organisations terroristes en Europe et aux Etats-Unis comme contrepartie d'une « normalisation » illusoire des relations avec le régime religieux. Pendant des années, ce mouvement a subi de fortes pressions avant de parvenir finalement à être retiré de ces listes. Dans le même temps, les Gardiens de la révolution — eux-mêmes impliqués dans de nombreuses opérations violentes au Moyen-Orient — ont longtemps agi librement dans la région.
L'histoire offre de nombreux exemples similaires. Dans la France occupée pendant la Seconde Guerre mondiale, les membres de la Résistance étaient qualifiés de « terroristes » et de « bandits » par l'Allemagne nazie et par le régime de Vichy. En Irlande, les combattants de l'indépendance étaient décrits par le gouvernement britannique comme des « bandes criminelles ». Aux Etats-Unis, les dirigeants du mouvement des droits civiques dans les années 1960 furent parfois accusés par certaines institutions et certains médias d'être liés au « communisme » ou de représenter une « menace pour la sécurité nationale ».
En Iran également, cette stratégie d'étiquetage politique possède une longue histoire. Sous la dictature du Shah, les Moudjahidine du peuple — qui constituaient l'une des principales forces de résistance contre le régime — étaient présentés à la population comme des « marxistes islamiques », afin de délégitimer ce mouvement dans la société religieuse de l'époque. Cette étiquette continue aujourd'hui encore d'être reprise dans certains milieux politiques occidentaux. On affirme parfois que cette organisation aurait été financée par l'Arabie saoudite, et parfois par l'Irak.
Jean Moulin, héros de la Résistance française, fut lui aussi accusé de terrorisme par le régime de Vichy, car celui-ci considérait la lutte pour la liberté comme une forme de terrorisme. Aujourd'hui encore, les Moudjahidine sont accusés de terrorisme. Pourtant, le lundi 23 février, des unités de résistance liées à cette organisation ont mené une attaque contre le dirigeant iranien Ali Khamenei, faisant trembler Téhéran. Une centaine de leurs membres furent tués ou arrêtés. Cette audace et ce sacrifice pour la liberté, que le régime cherche à faire taire, ont été qualifiés de « terrorisme » par les autorités iraniennes.
Dans son dernier discours avant sa mort, Ali Khamenei affirmait également que les personnes descendues dans les rues lors des soulèvements étaient toutes des agents étrangers, formés et financés depuis l'extérieur. Pourtant, dans l'histoire, même le héros de l'indépendance américaine George Washington fut considéré par les autorités britanniques comme un rebelle et un traître passible de la peine de mort.
Ainsi, la diffamation et la délégitimation des mouvements de liberté ne peuvent être réduites à une simple tactique de propagande. Elles s'inscrivent dans une logique plus profonde de la politique : la lutte pour la survie du pouvoir.
L'histoire montre toutefois que l'issue de cette lutte n'est pas toujours visible immédiatement. Mais, comme le dit un proverbe persan, « le soleil ne reste jamais éternellement derrière les nuages ». Avec le temps, les véritables acteurs de la paix et de la liberté finissent toujours par être reconnus.
Hamid Enayat : politologue, spécialiste de l'Iran, collabore avec l'opposition démocratique iranienne (CNRI)
* Hamid Assadollahi : porte-parole du Comité de soutien aux droits de l'homme en Iran (csdhi.org)


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