La fresque qu'un artiste français réalisait sur la façade du café Cherifa dans la vieille ville de Tanger a été interrompu après seulement quelques heures par les autorités. Le propriétaire du café a considéré cette décision comme regrettable, d'autant plus que son expérience précédente avec une fresque similaire avait reçu un accueil très positif. DR ‹ › La police de Tanger a récemment interdit la réalisation d'une fresque artistique sur la façade du café Cherifa situé dans la médina. Une décision qui a suscité l'incompréhension de Youssef Chebaa Hadri, propriétaire des lieux. Ce dernier a expliqué que l'œuvre devait être réalisée par un artiste français venu de sa propre initiative afin de promouvoir l'image de la ville. Mais quelques heures seulement après le lancement du projet, les autorités lui ont ordonné d'interrompre les travaux. Dans une déclaration à Yabiladi, Youssef Chebaa Hadri a précisé que l'artiste français était arrivé à Tanger dans le cadre d'une tournée artistique au cours de laquelle il réalise des fresques dans plusieurs villes du Royaume. Selon lui, le peintre avait été attiré par une autre fresque sur la façade du café, réalisée deux ans plus tôt par un artiste néerlandais. «La fresque a incité l'artiste à entrer dans le café et à découvrir l'endroit. Lors de notre conversation, il a exprimé son désir de créer une nouvelle fresque sur l'autre façade. J'ai accueilli l'idée.» Youssef Chebaa Hadri Youssef Chebaa Hadri, qui est également romancier, a ajouté qu'il avait informé la «Qaida» de cette initiative, qui l'avait initialement jugée «excellente». Cependant, trois heures après le lancement des travaux, le «Moqaddem» est intervenu pour exiger l'arrêt immédiat du projet, sur instruction de la «Qaida». Une fresque néerlandaise qui attire les touristes Le propriétaire du café a affirmé que l'artiste français avait déjà peint des œuvres lors de sa tournée au Maroc, notamment à Fès et Essaouira, où tout s'était déroulé sans encombres. Youssef Chebaa Hadri déplore cette interdiction, d'autant plus que la première fresque, réalisée par l'artiste néerlandais, avait rencontré un large succès et a contribué à faire du café une attraction culturelle pour les touristes à Tanger. Présentée aux Pays-Bas, cette œuvre a conduit à une collaboration entre le musée local et le Musée Mohammed VI d'Art Moderne et Contemporain. «L'artiste néerlandais a présenté l'œuvre dans une exposition aux Pays-Bas, ce qui a incité le directeur d'un musée à me contacter pour établir une connexion avec le Musée Mohammed VI d'Art Moderne et Contemporain, débouchant sur une collaboration.» Youssef Chebaa Hadri La fresque a également attiré des personnalités de différents horizons, dont l'ambassadeur des Pays-Bas au Maroc, et a inspiré un groupe d'écrivains néerlandais à publier un livre sur Tanger. Le café Cherifa, autrefois connu sous le nom de Café Estah, est l'un des établissements historiques de la ville. Youssef Chebaa Hadri a conclu en rappelant que Tanger est une ville à la culture riche. Selon lui, il est essentiel de maintenir et de préserver cette richesse et ce dynamisme à travers une implication de la société civile dans des initiatives culturelles.