La 12e édition des Rendez-vous de Casablanca de l'Assurance a réuni régulateur et opérateurs autour d'un sujet crucial, celui de l'adaptation de l'assurance aux nouveaux risques et de la nécessité de réinventer les modèles face à ces défis. Suivez-nous sur WhatsApp Suivez-nous sur Telegram Le secteur des assurances est engagé dans de grandes mutations. De toutes sortes, ces transformations sont de portée climatique, technologique, cybernétique mais aussi géopolitique. D'ailleurs, Mohamed Hassan Bensalah, Président de la FMA (Fédération marocaine de l'assurance) a souligné, lors de la 12e édition du Rendez-vous de Casablanca de l'Assurance, dont le coup d'envoi a été donné ce mercredi : « Ce que nous observons aujourd'hui, ce n'est pas une crise isolée. C'est une mutation profonde. Les entreprises, les investisseurs, mais aussi les citoyens, sont désormais exposés à des risques qui dépassent largement le cadre traditionnel de l'assurance ». Face à ces évolutions, de nouveaux produits et approches émergent. En effet, « grâce au mobile, l'assurance peut devenir simple, accessible, immédiate. Les fintechs et les insurtechs ne relèvent plus de la tendance, mais d'une réalité tangible, en pleine expansion sur notre continent » a affirmé Bensalah. Dans ce contexte, le rôle des Etats, des réassureurs et des partenariats public-privé devient central. Parallèlement, le rôle de l'assureur est appelé à évoluer. « Nous ne sommes plus uniquement des gestionnaires de sinistres. Nous devenons des acteurs de la résilience économique et sociale » soutient le président de la FMA. C'est ainsi que l'intelligence artificielle, la date et l'automatisation deviennent des éléments clés qui redéfinissent les métiers à grande vitesse. Et « c'est précisément à la lumière de ces transformations que doit être appréhendée la trajectoire du secteur des assurances au Maroc » estime Abderrahim Chaffai, Président de l'ACAPS (Autorité de contrôle de l'assurance et de la prévoyance sociale). D'ailleurs, le cadre réglementaire doit accompagner cet élargissement de la couverture consécutive à la diversification des risques. L'ACAPS poursuit ainsi son effort de modernisation du cadre réglementaire, visant à renforcer la confiance des assurés, à améliorer la qualité des services et à aligner les pratiques nationales sur les standards internationaux et ce, à travers trois axes fondamentaux. Le premier tient à l'élargissement de l'accès à l'assurance. L'accent est notamment mis sur la micro-assurance ou encore sur le Takaful, dont les primes émises ont atteint 141,9 millions de dirhams, en 2025, en progression de 49,5%. Le deuxième porte sur l'extension des champs de couverture et la prise en charge de risques de plus en plus complexes. Le dernier axe s'intéresse à la transformation des modèles opérationnels et des modes de relation avec les assurés et ce, à travers la digitalisation mais aussi l'intelligence artificielle qui s'impose comme un levier fondamental. À ce titre, « l'ACAPS prévoit la mise en place d'un dispositif digital de contrôle fondé sur l'IA, permettant de surveiller en continu les ventes en ligne et les communications, et de détecter automatiquement les pratiques non conformes », renchérit Chaffai. Au final, le président de l'ACAPS insiste sur la nécessité de construire une assurance plus inclusive, plus résiliente et pleinement en phase avec les mutations que connait notre environnement. Cet évènement qui a accueilli le Sultanat d'Oman comme pays à l'honneur a été marqué par la signature d'une convention de coopération entre la FMA et l'Association Omanaise des Assurances (AOA), portant sur le partage d'expériences et le renforcement de la coopération entre les deux marchés. Sayyid Nassir Salim Al Busaidi, Président du Conseil de l'Administration de l'AOA, a salué ce partenariat, soulignant le développement soutenu du secteur de l'assurance à Oman, porté par une croissance financière solide et des avancées réglementaires. Il a également mis en avant l'importance de la transparence, de la protection des assurés et du renforcement de la stabilité, ainsi que les efforts engagés pour simplifier les procédures, améliorer l'expérience utilisateur et renforcer les compétences.