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Taznakht: Une 1re pépinière de production de bulbes de safran
Publié dans L'Economiste le 07 - 11 - 2018

Le safran est cultivé au niveau de quatre communes rurales de la province de Ouarzazate: Ouisselsate, Siroua, Znaga et Khzama. Sa production varie d'un territoire à un autre selon les conditions climatiques. En 2016, la production a atteint un rendement de l'ordre de 3,21 kg/ha. Le safran est une sorte de «carte de guichet» pour plusieurs familles qui en pratiquent la culture. Certaines continuent de le vendre par petites quantités sur le marché local chaque fois qu'elles ont besoin d'argent (Ph. SB)
Plus connue par ses tapis, Taznakht représente également un vaste territoire qui cultive le safran. En plus de la commune de Taliouine, située dans la région de Souss Massa, la «fleur aux pistils d'or» est cultivée au niveau de quatre communes rurales appartenant toutes à la région de Drâa Tafilalet: Ouisselsate, Siroua, Znaga et Khzama.
L'importance de ce territoire pour la filière s'illustre par le volume de production de safran dans le grand Taznakht qui a atteint plus de 2 tonnes sur un total de production nationale annuelle estimée à 6 tonnes. Afin d'accompagner le développement de la filière dans cette région, une pépinière pour la production de bulbes de safran a démarré son activité en 2016.
Située au niveau d'Iznaguen Ouisselsate à une vingtaine de kilomètres du centre de Taznakht, la pépinère Agrisafran occupe une superficie totale de 8 ha et est équipée en irrigation localisée avec un système de pompage de l'eau par énergie solaire. Le stockage des bulbes se fait au niveau d'un hangar d'une superficie de 288 m2. Le clone local du safran, dit Crocus sativus, a été planté pour la première fois dans la pépinière en 2016 sur une superficie de 3 hectares avec l'objectif de produire le matériel de base. En 2017 a eu lieu la première production de bulbes qui a atteint 150 tonnes. La quantité prévue pour l'année 2018 est, quant à elle, estimée à 200 tonnes.
La première phase du cycle du safran commence avec la plantation des bulbes sur la période allant de la dernière quinzaine du mois d'août jusqu'à octobre. L'irrigation des bulbes permet la floraison qui dure tout au long d'octobre et novembre. A la fin de la saison de la cueillette, les bulbes sont laissés dans le sol jusqu'au mois de mai, sans irrigation. C'est la période de dormance du bulbe (Ph. SB)
«La première phase commence avec la plantation des bulbes sur la période allant de la dernière quinzaine du mois d'août jusqu'à octobre. L'irrigation des bulbes permet la floraison qui dure tout au long d'octobre et novembre. A la fin de la saison de la cueillette, les bulbes sont laissés dans le sol jusqu'au mois de mai, sans irrigation. C'est la période de dormance du bulbe», explique Lhassan Bouizgarne, propriétaire de la pépinière.
En effet, le bulbe du safran a la particularité de se multiplier comme les tubercules de pommes de terre pour donner de 8 jusqu'à 16 nouveaux bulbes pendant chaque cycle. Le bulbe du safran ressemble à un petit oignon qui, en se multipliant, prend l'apparence de l'ail avec de nombreuses bulbilles qui poussent de part et d'autre du bulbe principal. Lors de la saison de floraison, chaque bulbe donne une fleur qui, une fois cueillie, laisse place à une feuille verte dont l'apparence ressemble au gazon.
Cette particularité fait qu'une parcelle cultivée de safran continue de produire jusqu'à 5 années de suite avec un optimum de production lors de la troisième année. Après cinq ans, et dès le mois de mai, les bulbes de safran doivent être déterrés et replantés ailleurs, pour, par la suite, pratiquer l'alternance des cultures afin d'enrichir le sol naturellement.
Les bulbes d'Agrisafran sont les seuls bulbes de safran certifiés au Maroc et dont l'agrément a été obtenu en 2016. Pour garantir la qualité de la production des bulbes, ces derniers sont minutieusement contrôlé par les services de l'Onssa. Le prix des bulbes est de 30 DH le kilo et la production est destinée exclusivement au marché marocain. Quelques tests de culture du safran ont été réalisés dans d'autres régions du Drâa Tafilalet, mais le seul territoire qui semble donner des résultats encourageants à ce jour est celui de Tichka.
Pour rappel, la région Drâa Tafilalet accueille un grand territoire qui cultive le safran avec une superficie totale de 800 ha et un volume de production annuelle estimé à 2,017 tonnes. Le projet de développement de la filière de safran dans la province de Ouarzazate a démarré en 2012, sur une durée de 4 ans, sur le territoire de 4 communes: Ouisselsate, Siroua, Znaga et Khzama.
Le bulbe du safran ressemble à un petit oignon (à droite) qui, en se multipliant, prend l'apparence de l'ail avec de nombreuses bulbilles qui poussent de part et d'autre du bulbe principal (à gauche). Lors de la saison de floraison, chaque bulbe donne une fleur qui, une fois cueillie, laisse place à une feuille verte dont l'apparence ressemble au gazon (Ph. SB)
Le montant global dédié au projet était de 33,6 millions de DH et a bénéficié à 3.200 agriculteurs et agricultrices. Ce projet avait comme objectifs principaux la densification de la culture du safran sur une superficie de 320 ha, l'augmentation de la production de 2,5 kg à 6,5 kg par ha, et surtout celle du revenu issu de cette culture pour passer de 954 DH à 10.188 DH par agriculteur.
Pour ce faire, 4 puits d'eau ont été réalisés, l'irrigation localisée a été généralisée sur une superficie totale de 1.988 ha ainsi que le renouvellement de la culture de safran sur 80 ha. Les services agricoles de la province de Ouarzazate ont distribué 296 tonnes de bulbes de safran de la variété Crocus sativus.
En outre, la filière a bénéficié d'action pour la valorisation du produit comme l'achat de matériel, le soutien et l'encadrement technique. Aujourd'hui, l'Office régional de l'investissement agricole de Ouarzazate estime que les objectifs du projet ont été atteints à 100%.
Un GIE de safran pour le Grand Taznakht
Le pilier II du plan Maroc Vert pour la filière de safran dans la région de Drâa Tafilalet s'est réalisé avec la création de coopératives professionnelles puis un Groupement d'intérêt économique.
Avec seulement quatre associations au démarrage en 2012, le GIE safran du Grand Taznakht accueille aujourd'hui plus de 21 coopératives rassemblant 855 adhérents et adhérentes, dont trois coopératives féminines. Le GIE propose à ses adhérents la valorisation du produit, à travers l'amélioration des procédés de cueillette et le séchage, la formation des agriculteurs et agricultrices et surtout la commercialisation. Les pistils du safran (filets rouges) sont séchés au niveau d'un séchoir collectif pour une meilleure qualité, et l'emballage est réalisé selon les normes exigées.
De notre correspondante permanente, Sabrina BELHOUARI


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