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Fibre optique : les économies d'échelle tirent le très haut débit
Publié dans Les ECO le 22 - 04 - 2025

Initié par Maroc Telecom, le doublement généralisé de l'offre de fibre optique entend accompagner l'évolution des usages numériques. Si le très haut débit séduit par ses performances, il demeure peu accessible aux ménages modestes, lesquels continuent de percevoir la fibre comme un produit premium.
C'est par un sms laconique émis le 20 avril que Maroc Telecom annonce à ses abonnés le doublement automatique du débit de sa fibre optique. L'offre passe désormais de 100 à 200 Mb/s, avec un plafond d'1 Gb/s pour les formules les plus élevées. Orange et inwi ont suivi dans la foulée, ajustant eux aussi leur débits à la hausse.
Effets d'échelle
Le renforcement de l'offre de la fibre intervient dans un contexte plus global de consolidation des infrastructures. En mars, Maroc Telecom et inwi ont acté la création conjointe de deux entités, FiberCo et TowerCo, destinées à mutualiser les ressources. Pas moins de trois millions de prises fibre et six mille tours télécoms doivent voir le jour dans les années à venir.
Le mouvement est encouragé par un cadre réglementaire plus souple. L'ANRT encourage désormais les déploiements mutualisés, favorisant des synergies opérationnelles, de manière à contenir les coûts et à élargir davantage la couverture. Malgré ces avancées, la fibre optique au Maroc poursuit son développement à un rythme encore en deçà des ambitions affichées.
Fin 2024, les connexions FTTH (Fiber to the home) totalisent à peine 1,06 million d'abonnements, soit une progression annuelle de 25,49%.
Pour sa part, le parc ADSL stagne autour de 1,59 million d'abonnés et ne connaît qu'une croissance marginale de 0,12% sur l'année. En dépit d'une hausse constante des débits et d'un équilibre relatif entre les parts de marché sur le segment FTTH — 50,03% pour Maroc Telecom contre 49,97% pour ses concurrents —, les chiffres traduisent une adoption encore limitée, dans un pays de plus de 37 millions d'habitants.
Ce décrochage tient d'abord à la structure même du marché. Le très haut débit reste cantonné aux centres urbains denses, où le retour sur investissement est plus rapide.
Dans les zones rurales ou les périphéries mal loties, le coût du déploiement, couplé à l'absence de rentabilité immédiate, freine les opérateurs. À cela s'ajoutent des freins réglementaires persistants, notamment sur l'accès aux fourreaux, aux immeubles collectifs et aux voiries, qui allongent les délais de raccordement, parfois au-delà de plusieurs mois.
Prédominance du mobile
La dimension tarifaire continue elle aussi de jouer un rôle dissuasif. Les offres de la fibre, bien que plus attrayantes, restent peu accessibles pour les ménages modestes. Une partie importante de la population perçoit encore l'Internet fixe comme un produit premium, à l'opposé d'un service universel.
Le contraste avec la pénétration de l'Internet mobile demeure assez conséquent. À fin 2024, celui-ci représente 93,09% des abonnements, contre seulement 6,59% pour le fixe.
«Les box 4G, plus simples à installer et immédiatement opérationnelles, absorbent une grande partie de la demande là où la fibre tarde à s'imposer», explique un technicien.
En ce sens, le dernier rapport de l'OCDE rappelle que la transformation numérique suppose à la fois des infrastructures solides, des cadres adaptés et une adoption massive des avancées technologiques.
Il faut dire que le manque d'implication des autorités publiques freine également le déploiement de la fibre, alors que sous d'autres cieux, les collectivités locales jouent souvent un rôle moteur dans l'aménagement numérique. Notons que la stratégie Digital Maroc 2030 fixe l'objectif de rendre 5,6 millions d'abonnés éligibles à la fibre optique.
Obstacles logistiques
À ces freins, s'ajoutent des contraintes logistiques bien ancrées dans le contexte national. La délivrance des autorisations de voirie, la coordination entre opérateurs et collectivités locales, ou encore l'absence de normes techniques uniformisées compliquent les déploiements.
Ces facteurs, souvent perçus comme secondaires, allongent pourtant les délais de raccordement et freinent la montée en charge des chantiers de la fibre, en particulier dans les zones urbaines denses. Plus largement, l'absence d'une politique de formation ou de sensibilisation numérique pèse sur la demande.
Beaucoup d'usagers potentiels n'identifient pas encore les bénéfices différenciants de la fibre par rapport à la 4G, ce qui limite la pression du marché. «Sans accompagnement sur ces aspects, les usagers continueront à ne pas considérer la fibre comme une nécessité», observe un spécialiste du secteur.
À fin décembre 2024, le parc FTTH franchit le cap du million d'abonnés. Cette progression, bien qu'encourageante, reste modeste au regard de la domination persistante de l'Internet mobile, qui concentre encore plus de 93% des abonnements.
Le parc ADSL, quant à lui, demeure stable autour de 1,59 million de lignes, porté à 71% par des débits supérieurs à 8 Mb/s mais sans réelle dynamique de croissance. Le segment FTTH gagne certes en maturité commerciale mais peine encore à s'ouvrir plus largement.
Cette tendance confirme une transition lente, marquée par une inertie structurelle et des usages encore très largement orientés vers le mobile.
La 5G en attente d'ancrage
À l'approche du Mondial 2030, la 5G demeure en phase préparatoire au Maroc. Les opérateurs, bien que prêts à investir, attendent l'attribution complète des fréquences par l'ANRT, prévue pour le premier semestre 2025.
Parallèlement, le déploiement de la fibre optique, indispensable pour soutenir les performances promises par la 5G, progresse mais reste en deçà des objectifs fixés.
Le partenariat entre Maroc Telecom et inwi, visant à mutualiser les infrastructures, représente en ce sens une avancée significative.
Cependant, la réussite de la 5G repose sur la consolidation de ces initiatives et sur une coordination efficace entre les acteurs publics et privés.
Pour l'heure, la priorité demeure la densification du réseau filaire, seule à même de soutenir durablement les ambitions du très haut débit.
Ayoub Ibnoulfassih / Les Inspirations ECO


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