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Paiement électronique : le marché entre pleinement dans une nouvelle ère
Publié dans Les ECO le 21 - 05 - 2025

Le 1er mai 2025 a sonné la fin d'un monopole historique détenu par le CMI. Pour la première fois, des établissements de paiement concurrents sont autorisés à pénétrer un marché longtemps verrouillé. Une libéralisation attendue, orchestrée par le Conseil de la concurrence, qui ambitionne de transformer en profondeur l'écosystème de l'e-paiement au Maroc où la culture du cash est encore profondément ancrée.
C'est un changement de cap aussi discret qu'historique qui s'opère dans le secteur de l'e-paiment. Le 1er mai 2025 a marqué la fin d'un monopole vieux de plusieurs décennies sur ce marché au Maroc. Ce jour-là, pour la première fois, de nouveaux acteurs ont été autorisés à s'inviter dans un secteur jusque-là exclusivement réservé à un seul acteur : le Centre monétique interbancaire (CMI). Un tournant majeur, fruit d'une longue procédure menée par le Conseil de la concurrence et d'un bras de fer engagé par des opérateurs désireux de briser une position dominante devenue difficilement justifiable à l'ère du numérique.
Basculement
Derrière cette ouverture réglementaire, se joue bien plus qu'un simple réaménagement technique. Il s'agit d'une véritable refondation du paysage du paiement électronique, censée impulser une nouvelle dynamique de concurrence, améliorer les conditions tarifaires pour les commerçants, stimuler l'innovation et, à terme, renforcer l'usage encore timide du paiement digital au sein d'une économie nationale toujours largement dominée par le cash.
Ce basculement, inédit par son ampleur, s'inscrit dans un contexte de mutation accélérée du rapport des Marocains à la monnaie, favorisée par la crise de la covid et les ambitions de digitalisation de l'administration ainsi que par l'émergence d'acteurs fintech disruptifs. Mais cette révolution aux enjeux multiples ne ne va pas sans heurts.
La réunion tenue le 13 mai par le Conseil de la concurrence avec Bank Al-Maghrib, le CMI, ses banques actionnaires et les établissements de paiement en est l'illustration. Il s'agit maintenant de surveiller, dans le détail, la mise en œuvre d'un processus de libéralisation complexe, dont la réussite conditionnera l'avenir du paiement numérique dans le Royaume.
La fin d'une ère
Le CMI a été contraint de revoir en profondeur son positionnement. Les établissements de paiement et les filiales bancaires dûment autorisées sont désormais habilités à proposer des services d'acquisition. Cette libéralisation du marché rompt avec des décennies de centralisation, tout en plaçant le CMI dans un rôle nouveau, celui de plateforme technique de traitement, au service de l'ensemble des acquéreurs du marché.
En effet, les engagements pris par le Centre sont multiples : transfert des contrats commerçants vers les nouveaux acquéreurs dans un délai d'un an, arrêt immédiat de toute prospection commerciale sur ce segment, mise en place d'un programme de conformité concurrentielle, et surtout, garantie d'un accès non discriminatoire et transparent à ses infrastructures.
D'ailleurs, cette transformation structurelle est bien engagée. Le premier rapport de suivi remis au Conseil de la concurrence, couvrant la période de novembre 2024 à avril 2025, témoigne de progrès notables. Le Conseil salue l'implication de l'ensemble des parties prenantes et note avec satisfaction l'avancement des préparatifs techniques nécessaires à la transformation du CMI. Une architecture multi-acquéreurs se dessine désormais, consolidée par une volonté affirmée de maintenir la continuité des services.
En parallèle, les banques actionnaires du Centre se sont engagées à garantir l'indépendance juridique et économique de leurs filiales spécialisées dans l'acquisition. Si elles peuvent promouvoir cette activité dans leurs réseaux, elles ne sont plus autorisées à la commercialiser directement, laissant au commerçant la liberté de choisir son acquéreur.
Une dynamique bien amorcée, mais des défis à relever
Dans un précédent article, nous soulignions déjà les efforts du CMI pour accompagner la croissance de l'e-paiement, tout en relevant le paradoxe marocain avec une infrastructure digitale de qualité mais un usage encore trop faible. Avec près de 20 millions de cartes bancaires en circulation et à peine 216 millions de transactions annuelles en 2024, l'écart demeure significatif.
Rachid Saihi, directeur général du CMI, évoquait alors les leviers à activer : rajeunissement de la population, digitalisation de l'administration, montée en puissance du e-commerce, et arrivée de fintechs porteuses de solutions innovantes.
Dans cette perspective, la réforme engagée ouvre une nouvelle ère pour le secteur, en rompant l'enclavement technico-commercial du marché au profit d'une logique concurrentielle.
Toutefois, le Conseil de la concurrence, qui poursuivra son suivi jusqu'au 1er novembre 2025, insiste sur la nécessité d'achever les engagements dans les délais impartis. Il en va non seulement du respect du droit de la concurrence, mais également de la réussite d'un changement de paradigme visant à rendre le paiement électronique plus accessible, sécurisé et attractif pour les usagers.
Dans ce contexte, l'ancien monopole du CMI devient une plateforme ouverte et les banques réinventent leur rôle de facilitateurs alors que les EDP s'affirment comme des vecteurs de modernisation. Reste à voir si cette dynamique vertueuse saura faire tomber les dernières résistances culturelles à l'adoption du paiement numérique, alternative prometteuse d'une économie encore largement dominée par le cash.
Maryem Ouazzani / Les Inspirations ECO


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