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Innovation : le défaut d'amorçage
Publié dans Les ECO le 20 - 01 - 2026

Le Maroc sait convaincre les investisseurs, comme en témoigne le stock d'investissement qui place le tissu productif parmi les premiers récipiendaires d'IDE sur le continent, mais peine encore à diffuser une culture du risque.
Le Maroc s'affirme comme une destination notable pour les investissements directs étrangers en Afrique. Selon les statistiques de l'Office des changes, les recettes d'IDE à fin octobre 2025, ont atteint 45,4 milliards de dirhams, en progression de 28,82% par rapport à une année auparavant.
Une dynamique consolidée par un stock d'IDE (qui s'établit à 61,5 milliards de dollars à fin 2024, selon le CNUCED), et place le Royaume parmi les premiers récipiendaires d'IDE sur le continent, et ce, dans un contexte mondial où le repli sur soi semble s'ériger en règle. Mais l'attractivité affirmée du tissu productif s'avère souvent à l'antipode de la capacité du tissu économique à créer de la valeur ex nihilo.
Force est de constater que le Maroc peine à renouer avec l'esprit entrepreneurial, tant corporatif que social. À l'échelle du continent, le Maroc demeure à l'écart des «Big Four» — Kenya (984 millions de dollars), Egypte (614 M), Afrique du Sud (599 M), Nigeria (343 M), selon les données issues d'«Africa The Big Deal», base indépendante de suivi des financements des startups africaines.
Les financements levés par les jeunes pousses locales place le Maroc dans le peloton des marchés intermédiaires, avec 58 millions de dollars levés par les startups, soit presque la moitié des montants levés par le Bénin (100 M). Pourquoi le train des startups peine-t-il encore à prendre de la vitesse ? «Ce n'est ni un déficit d'idées ni un manque de talents, mais plutôt une fragmentation de l'écosystème, où chacun agit en ordre dispersé, sans véritable mécanique d'ensemble», explique Mohamed El Fizazzi, consultant, accompagnateur de startups. Les programmes, incubateurs et appels à projets existent.
Pourtant, ils produisent des résultats mais surtout au stade de l'amorçage. «Ce qui manque, c'est ce pont entre la phase de départ et celle de l'expansion, ce lien qui transforme une idée en entreprise durable et capable de s'internationaliser».
Laxisme ambiant
Dans cette perspective, la question ne se réduit pas au financement. L'Etat doit instaurer un cadre lisible pour inspirer confiance vis à vis notamment des VC et investisseurs. Pourtant, même si des enveloppes conséquentes sont annoncées, l'enjeu central reste l'articulation cohérente de cette vision stratégique. Sans cette cohérence, l'argent seul ne suffira pas. Un écosystème performant repose aussi sur une articulation étroite entre recherche de pointe et dynamique entrepreneuriale.
Or, force est de constater que le milieu académique demeure en retrait. Les universités produisent des compétences de qualité, mais la valorisation reste marginale, faute d'incitations claires ou de dispositifs de transfert solides.
«L'UM6P, par exemple, s'impose comme une locomotive, mais elle reste focalisée sur des projets de deep tech nécessitant des preuves d'adoption sur des marchés trop restreint», observe Mohamed El Fizzazi.
Plus largement, l'écosystème pâtit d'un déficit de sorties structurantes, qu'il s'agisse de rachats industriels ou d'introductions en bourse. Faute d'opérations visibles, les investisseurs s'interrogent, non par manque d'appétit pour l'innovation, mais parce que la perspective de liquidité reste incertaine.
Plusieurs experts s'accordent pour dire qu'en l'état actuel, l'écosystème a besoin, en amont, d'un enseignement supérieur doté de moyens nécessaires pour former des diplômés à la mentalité entrepreneuriale, disposant d'une certaine autonomie intellectuelle pour oser, tolérer l'échec, embrasser l'incertitude et concevoir des solutions inédites plutôt que de les importer.
Cela implique des programmes intégrant la pratique – stages en startup, projets concrets co-construits avec le tissu économique, mentorat par des entrepreneurs expérimentés – et une culture académique où le risque est vu non comme une faute, mais comme une étape vers l'innovation.
Ayoub Ibnoulfassih / Les Inspirations ECO


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