Lors d'une sortie médiatique, le journaliste spécialisé dans les questions de défense, Matthias Inbar, a dressé un portrait particulièrement inquiétant du polisario. Selon lui, le Front séparatiste ne saurait être réduit à un simple acteur du différend régional autour du Sahara, mais s'inscrit dans un réseau d'alliances et de circuits financiers susceptibles de menacer les intérêts occidentaux. Le journaliste spécialisé dans les questions de défense Matthias Inbar a dressé un constat particulièrement sévère concernant le polisario. Selon lui, le Front séparatiste ne peut être appréhendé uniquement à travers la rivalité politique qui l'oppose au Maroc, mais doit également être examiné à la lumière de ses connexions avec certains acteurs du Moyen-Orient. L'analyste affirme l'existence d'un réseau structuré reliant le polisario à plusieurs organisations et États de la région. Il parle d'un dispositif « tentaculaire » susceptible de viser des intérêts occidentaux, estimant que ces interactions dépassent largement le cadre d'une revendication territoriale classique. Cette lecture conduit le journaliste à poser la question du statut international du Front. Au regard des alliances et des convergences qu'il décrit, Matthias Inbar estime que l'hypothèse d'une qualification du Polisario comme organisation terroriste devrait, selon lui, être examinée avec attention dans certains cercles politiques. Des relais financiers évoqués en Europe Au-delà des considérations politiques, l'analyste met également l'accent sur la dimension financière du dossier. Il affirme que le polisario dispose de relais en Europe, notamment en Espagne, susceptibles de servir de points d'appui pour la recherche de ressources financières. Dans cette perspective, Matthias Inbar évoque l'existence de circuits financiers informels permettant, selon lui, de faire transiter des fonds entre plusieurs régions. Il fait notamment référence à des mécanismes de blanchiment d'argent impliquant des réseaux reliant l'Europe à certains acteurs du Moyen-Orient. Ces circuits seraient, d'après son analyse, associés à des organisations comme Hezbollah ou à des structures liées à Iran, illustrant selon lui des interactions complexes mêlant réseaux politiques, circuits financiers et relais transnationaux. Au terme de son analyse, le spécialiste des questions militaires appelle les capitales occidentales à prendre ces éléments au sérieux. À ses yeux, les connexions évoquées et leurs implications potentielles sur le plan sécuritaire justifient une vigilance accrue, d'autant que la question du statut international du polisario continue d'alimenter les débats dans plusieurs sphères politiques. Il est à noter qu'aux États‐Unis, les connexions entre le polisario et l'Iran sont désormais au cœur de deux initiatives législatives. À la Chambre des représentants, un projet de loi introduit en juin 2025 par le député républicain Joe Wilson, cosigné par plusieurs élus des deux partis, vise à contraindre l'administration américaine à examiner formellement l'inscription du Front sur la liste des organisations terroristes étrangères, en raison notamment de ses liens avec l'Iran. Parallèlement, au Sénat, trois sénateurs, Ted Cruz, Tom Cotton et Rick Scott, ont présenté récemment une initiative similaire intitulée « Polisario Front Terrorist Designation Act of 2026 », qui demande au secrétaire d'État de produire un rapport détaillé sur d'éventuelles coopérations entre le polisario et des groupes affiliés à l'Iran, ouvrant la voie à une désignation officielle comme organisation terroriste.