Le sénateur républicain Ted Cruz a déposé au Sénat américain un projet de loi visant à faire classer le Front Polisario comme organisation terroriste, accusant le mouvement sahraoui de liens avec l'Iran et ses réseaux dans la région. Le texte, intitulé Polisario Front Terrorist Designation Act of 2026, vise à contraindre le Département d'Etat à examiner formellement cette désignation. DR ‹ › Les sénateurs républicains américains Ted Cruz, Tom Cotton et Rick Scott ont présenté le «Polisario Front Terrorist Designation Act of 2026». Ce projet de loi demande au secrétaire d'Etat de désigner le Front Polisario comme organisation terroriste, si une coopération avec des groupes iraniens déjà sur cette liste est confirmée. Les initiateurs de cette démarche exigent du chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, de «soumettre un rapport aux commissions parlementaires compétentes, notamment la commission des Affaires étrangères du Sénat et celle de la Chambre des représentants, sur la collaboration entre le Front Polisario et des organisations terroristes affiliées à l'Iran». Le secrétaire d'Etat devra détailler dans son rapport si «le Front Polisario a fourni ou reçu d'une organisation terroriste affiliée à l'Iran, y compris par l'intermédiaire de tiers : un soutien armé lors d'opérations militaires ; des systèmes d'armes, y compris des armes à feu individuelles ; des drones, ainsi que des pièces détachées disponibles dans le commerce pour ces appareils ; des systèmes, plateformes ou composants conçus pour détecter, suivre, engager ou détruire des cibles aériennes». Un point sur lequel le Maroc avait régulièrement alerté. Pression accrue sur le Polisario en pleine confrontation avec l'Iran Le texte mentionne également «les renseignements militaires, y compris les données de surveillance, les informations de ciblage, les renseignements d'origine électromagnétique ou humaine, ainsi que toute analyse issue de ces sources, qu'ils soient fournis sous forme brute ou traitée». Le sénateur Cruz a déclaré que «le régime iranien cherche à transformer le Front Polisario en une version des Houthis en Afrique de l'Ouest, pour compromettre la sécurité nationale des Etats-Unis et de leurs alliés. Le Front Polisario collabore avec des groupes terroristes iraniens, reçoit des drones du Corps des gardiens de la révolution islamique et transporte des armes dans la région pour le compte du régime iranien». Le projet de loi appelle à appliquer «les sanctions antiterroristes les plus sévères que les Etats-Unis puissent imposer pour contrer ces menaces». Une fois la désignation adoptée, «le Front Polisario et ses dirigeants seront privés d'accès au système financier mondial, aux voyages internationaux et aux ressources nécessaires pour mener leurs activités terroristes», a-t-il affirmé. Ce type de proposition de loi est fréquent au Congrès mais son adoption dépend d'un long processus législatif et du soutien des deux chambres. Elle s'ajoute au projet de loi déposé le 24 juin 2025 par les parlementaires Joe Wilson (républicain) et Jimmy Panetta (démocrate), qui vise également à classer le Polisario comme entité terroriste. Pour rappel, après la chute du régime de Bachar Al Assad en Syrie, en décembre 2024, des médias, comme le Washington Post, et des centres de recherche ont commencé à examiner les relations secrètes entre le Polisario et l'organisation chiite libanaise du Hezbollah, affiliée à l'Iran. Le Maroc avait rompu, le 1er mai 2018, ses relations diplomatiques avec l'Iran en raison du soutien militaire du Hezbollah au Polisario.