Walid Regragui est parti. On le savait déjà, mais c'est désormais officiel. Plus que l'information elle-même, c'est le flou qui a entouré son éventuel départ après la CAN et le choix de son successeur qui a fini par lasser. L'incertitude a duré trop longtemps. Arrêtons-nous d'abord sur l'homme. Sur ce qu'il a accompli et sur la dimension qu'il a donnée au Maroc sur la scène mondiale. Walid Regragui mérite le respect et la reconnaissance. Et si Diaz avait marqué son penalty, serait-il encore là aujourd'hui ? Rien n'est moins sûr. Car ce qui lui a été reproché dépasse aussi le cadre du terrain. Sa communication, qui avait fait sa force lors de la Coupe du monde au Qatar, lui a joué des tours durant la dernière CAN. Pour certains, il est apparu trop sûr de lui. Le ton adopté après le Mondial n'a pas toujours fait l'unanimité. Mais c'est aussi la loi du football : rien n'est éternel. Les entraîneurs passent, les équipes continuent d'écrire leur histoire. Quoi qu'en disent ses détracteurs, Walid Regragui restera comme le meilleur sélectionneur de l'histoire des Lions de l'Atlas. Ses résultats parlent pour lui. Ouahbi a désormais une carte importante à jouer. Un peu un coup de poker. Son avenir dépendra de ses résultats lors de la prochaine Coupe du monde. Car Regragui a placé la barre très haut. Ouahbi pourrait apporter du calme et de la sérénité à l'équipe nationale. Il a en poche un titre mondial remporté avec les U20. Avec un effectif en partie renouvelé, davantage de jeunes et des joueurs en forme, il pourra s'appuyer sur l'héritage laissé par Regragui. Mais réussira-t-il à faire l'unanimité et à imposer son style ? La continuité avec un entraîneur marocain, mais aussi le changement avec un profil et un parcours très différents de Regragui, ainsi qu'un staff qu'il n'a pas choisi : le pari est audacieux. Risqué peut-être, mais finalement logique. On attend la suite avec impatience. Hicham Bennani / Les Inspirations ECO