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Parité: les inégalités salariales persistent
Publié dans Le Soir Echos le 10 - 08 - 2011

Une récente étude du HCP révèle que l'inégalité des salaires entre hommes et femmes au Maroc est de 17 %. Si l'écart salarial a connu une baisse puisqu'il était de 56 % en 1991 et de 28 % en 1999, il demeure toutefois alarmant.
Malgré les nombreuses lois nationales sur l'égalité des droits entre hommes et femmes, celles-ci ne sont que peu intégrées dans le monde du travail. Au Maroc, les femmes souffrent toujours de discrimination sur le plan des salaires, même lorsqu'elles exercent la même activité que les hommes.
En termes de chiffres, en 2007, les femmes étaient payées 17 % moins cher que les hommes, si on en croit ce qui ressort de l'étude réalisée par le Haut commissariat au Plan (HCP) sur les inégalités des salaires hommes-femmes entre 1991 et 2007, publiée dans son magazine Les Cahiers du Plan. Certes, l'écart salarial a connu une baisse puisqu'il était de 56% en 1991, 28 % en 1999 et finalement 17 % en 2007, il demeure toutefois alarmant.
Selon l'auteur de l'étude, les femmes rurales sont plus affectées par cette inégalité que celles en milieu urbain. En 2007, un homme touchait un salaire moyen supérieur à celui de la femme de 27 % dans les villes et de 37 % dans les campagnes. D'où vient ce différentiel ? Est-il lié à des différences de compétences ou de discrimination du genre ? Ceci ne s'explique pas uniquement par la différence des compétences et professionnelles des hommes et des femmes mais plutôt, en grande partie, par des facteurs sociaux.
A compétences égales, les femmes subissent une pénalisation salariale injustifiée par rapport à leurs homologues masculins.
Ainsi, à caractéristiques égales (éducation, formation, expérience professionnelle, période travaillée…), les femmes subissent une pénalisation salariale injustifiée par rapport à leurs homologues masculins. Laquelle se traduit, souligne le HCP, par une faible valorisation des aptitudes productives des femmes par rapport aux hommes.
« Les écarts de salaires sont dus à des représentations sociales considérant que certaines franges d'individus sont vouées à la sous-rémunération en raison de leur âge, sexe, statut matrimonial, origine sociale », explique l'auteur de l'étude. Ainsi, le seul fait d'être une femme réduit à lui seul le salaire de l'intéressée de 32,4 % en 1991, 15,4 % en 1999 et 14 % en 2007. Outre les cursus éducatifs et professionnels, d'autres facteurs peuvent influencer le niveau de salaire. D'une part, souligne le HCP, la crainte que les employés revendiquent de meilleures conditions de travail peut parfois motiver l'emploi des individus les plus dociles, voire ceux qui sont dans le besoin d'avoir un emploi pour survivre. Résultat : les mieux qualifiés se retrouvent au chômage.
D'autre part, « les liens familiaux, les filets, les réseaux informels, l'activité politique, civique ou syndicale ainsi que le niveau socioéconomique, influencent de leur côté le niveau de rémunération ». En d'autres termes, le clientélisme prévaut dans la détermination du montant du salaire.
Par ailleurs, l'analphabétisme du chef du ménage, indice de conditions de vie peu favorables à la femme, est à son tour plus contraignant pour les femmes (réduit leur salaire de 16,7 %) que pour les hommes (10 %). Il ressort également de l'étude du HCP que la discrimination salariale envers la femme sévit le plus dans le secteur primaire (notamment agricole).
Sa part est de 105,2 % alors qu'elle est de 63,8 % dans le secteur secondaire et de 23,2 % dans le tertiaire. Que faut-il donc faire pour instaurer l'équité des salaires entre les deux sexes ? «La protection des femmes salariées des conditions abusives de travail, dont la sous-rémunération injustifiée », recommande d'emblée le HCP, soulignant que l'égal accès de la femme à l'éducation et à la formation constitue un moyen fondamental de l'égalité des salaires avec son homologue masculin.
C'est dire que l'égalité n'est pas pour demain, puisque le taux d'analphabétisme reste très élevé chez les femmes.


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