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Stéphane Bern : « Je ne me prétends pas historien, mais ra conteur d'histoires » | Le Soir-echos
Publié dans Le Soir Echos le 17 - 02 - 2012

Journaliste, écrivain, présentateur télé, animateur radio, producteur et comédien, ne seriez-vous pas un boulimique de travail ?
Certainement, mais j'exerce un métier de passion, celui notamment de partager avec le grand public un intérêt pour l'Histoire, alors pourquoi voudriez-vous que j'y mette un frein ? J'aime aussi la multiplicité des activités, car l'une nourrit l'autre et certaines sont aussi des récréations qui me permettent de souffler. Disons que j'ai la chance de faire un métier que j'aime, que j'ai choisi, alors je ne ménage pas ma peine, car elle est d'autant plus légère que je prends beaucoup de plaisir.
Comment organisez-vous vos journées?
Je commence tôt en étant à 8h à la radio pour préparer mon émission « A la bonne heure », après avoir lu toute la presse. Puis après mon direct de 11h à 12h30 sur RTL, je file aux studios de télévision pour enregistrer « Comment ça va bien » pour France 2 et, le week-end je tourne mes « Secrets d'Histoire » ou j'écris mes livres. Les journées sont bien remplies, mais il m'arrive aussi de prendre une heure pour faire du sport…
Si vous ne deviez garder qu'une activité, ce serait laquelle ?
Pourquoi me demander de choisir entre mon père et ma mère ? Ce serait un déchirement d'arrêter la radio ou la télévision, car ces deux médias sont complémentaires et procurent des plaisirs différents – on est dans l'intimité à la radio, dans le partage à la télévision – voire même la presse écrite, car seuls les écrits restent et permettent à la fois une réflexion et un ancrage qui ramènent forcément un animateur à l'humilité qu'il ne devrait jamais perdre ! Mais si je me projetais dans le futur, je sais qu'un jour je cesserai de faire de la radio au quotidien et de me montrer à la télévision – place aux jeunes ! – alors il me restera l'écriture.
Pourquoi avoir fait des livres à partir de l'émission « Secrets d'Histoire » diffusée sur France 2 ?
J'ai eu envie de prolonger l'aventure de « Secrets d'Histoire » qui est une formidable aventure avec le public. Les deux tomes du livre ne sont pas, pour autant, les scripts des émissions couchés sur le papier. J'ai cherché d'autres énigmes, d'autres mystères et secrets d'Histoire que je pouvais révéler, car l'Histoire n'est pas une science exacte, elle évolue au rythme des recherches et des progrès de la science, comme l'ADN, ces derniers ont beaucoup fait pour lever le voile sur certains mystères jusqu'alors non résolus.

Le premier tome s'est vendu à plus de 60 000 exemplaires. Vous attendiez-vous à un tel succès et comment l'expliquez-vous ?
Certainement pas ! D'autant qu'avec les deux tomes nous en sommes déjà à 150.000 exemplaires vendus. Cela m'incite à poursuivre l'aventure avec un tome trois qui suivra de près la nouvelle saison de « Secrets d'histoire » sur France 2 l'été prochain avec 9 émissions inédites. Mais ce succès est aussi dû à la faillite de notre système éducatif sur l'enseignement de l'Histoire. Trop lourd, trop fragmenté, rébarbatif, les enfants n'apprennent plus les dates, les événements… Mais les Français n'ont rien perdu de leur appétence pour l'Histoire, ce qui explique en partie le succès des historiens comme Max Gallo ou des conteurs d'Histoire comme Lorant Deutsch ou moi.
Fasciné par les têtes courronées (ci-dessous avec le prince Rainier), Stéphane Bern est un fou de travail à la fois Journaliste, écrivain, présentateur télé, animateur radio, producteur et comédien.
Qui vous a fait aimer l'histoire ?
Je suis venu à l'Histoire par Alexandre Dumas qui fut un merveilleux conteur et qui sut me faire comprendre par ses romans que l'Histoire c'est avant tout, les passions humaines, intemporelles : la soif de pouvoir, la quête de fortune, et le désir amoureux. C'est pourquoi l'Histoire sera toujours plus vraie que n'importe quel roman !
Avez-vous travaillé avec un historien pour faire ces livres ?
Sans avoir travaillé avec aucun historien, je me suis appuyé sur le travail de tous. Car « Secrets d'histoire » met aussi en avant les historiens qui sont en pointe sur la recherche de la vérité et je leur rends ainsi hommage. Je ne me prétends pas historien, mais raconteur d'histoire.
Dans ce deuxième tome, quelle est votre histoire préférée ?
Sans doute celle de Kaspard Hauser car ce mystère sur les origines de sa naissance m'a toujours beaucoup marqué. Quel enfant n'a pas imaginé un jour n'être pas le fils ou la fille de ses parents ? On murmurait qu'il aurait été le fils caché et enlevé de la margravine de Bade, née princesse Stéphanie de Beauharnais. Beaucoup d'historiens, mais aussi des philosophes et des psy comme Françoise Dolto, ont étudié ce cas intéressant qui avait inspiré un poème à Verlaine.
Ne pensez-vous pas que l'histoire est un éternel recommencement ?
Je suis en tous cas persuadé que l'on est condamné à revivre perpétuellement l'Histoire si on ne la connaît pas et si on n'en tire pas les leçons. Un peuple qui ne sait pas d'où il vient ne peut savoir où il va.
Certains vous reprochent de vulgariser l'histoire jusqu'à la caricature, que leur répondez-vous ?
Je ne crois pas vulgariser l'Histoire dans la mesure où je ne la dénature pas. J'assume en revanche le fait de la populariser, c'est-à-dire de la rendre accessible à tous. C'est aussi ce que fait Max Gallo dans ses ouvrages à succès. Je ne vise pas à un travail d'universitaire, mais à toucher le grand public pour qu'il reprenne goût à l'Histoire.
En quoi, comme vous l'écrivez dans la préface de votre livre, l'histoire est-elle un merveilleux vecteur d'intégration ?
Assurément, comme la langue et la culture, l'Histoire permet de s'adapter et de faire siennes les traditions d'un pays dans lequel on vit. Je sais bien que mes ancêtres n'étaient pas Gaulois, mais comme Français j'en porte aussi une part de l'héritage national.
D'où vous vient votre passion du gotha et des têtes couronnées ?
Je suis tombé dans la marmite quand j'étais enfant, car ma famille maternelle est luxembourgeoise. Je suis très attaché aux valeurs de la monarchie : continuité nationale, indépendance du roi ou grand-duc par rapport aux partis et intérêts particuliers, stabilité, permanence d'une autorité morale qui transcende les modes, système naturel de la transmission par filiation… Comme les têtes couronnées sont des figures symboliques qui rassemblent, elles ont aussi la capacité à faire rêver et à incarner un monde plus enchanteur que la grisaille d'une bureaucratie.
Quel regard portez-vous sur la monarchie marocaine ?
Je suis évidemment très respectueux de la monarchie alaouite et de l'action entreprise par Sa Majesté le Roi Mohammed VI. Il a su avec un grand sens politique incarner la tradition, l'Histoire glorieuse du Maroc, ainsi que les valeurs intemporelles d'une monarchie sacrale comme Commandeur des Croyants, mais je note que seul un roi a la capacité – par son enracinement et sa légitimité – de porter le changement et d'évoluer avec son temps. C'est ce qui permet au Maroc d'avancer sereinement vers un avenir démocratique dans le respect de ses valeurs traditionnelles.
Quels sont vos liens avec le Maroc ?
Ce sont des liens d'amitié très forts. Le Maroc est une terre d'Histoire où tout fait sens. Il y a une noblesse du peuple marocain qui me touche dans son hospitalité et dans son désir de faire partager le meilleur de ses traditions. J'ai assisté à Marrakech, il y a vingt ans de cela, aux mariages des princesses, et je suis revenu depuis lors chaque année à Marrakech, mais aussi à Taroudant, à Essaouira, à Tanger, une ville qui se développe et retrouve sa vitalité d'autrefois.

Salon du livre : le programme du week-end
Vendredi 17
Rencontre avec Salim Jay autour du livre « Le Maroc en chœur : chroniques littéraires » de 19h à 20 h sur le stand du CCME
Laurence Cossé pour « Les amandes amères » à 15 h sur le stand France
Samedi 18
Stéphane Bern à 11h30 sur le Stand France
Signature de Lise Bartoli à 15 h sur le stand de la Librairie Nationale
Michel Dural pour « L'île aux chiens » à 16 heures sur le stand Sochepress
Laurence Cossé et Tata Milouda : « Ecritures au féminin, raconter se raconter » à 18 h sur le stand CCME
Dédicaces Laurence Cossé, Fatima El Ayoubi et Kebir Mustapha Ammi de 19h à 20 h sur le stand CCME
Dimanche 19
Dédicaces Rachida Lamrabet, Mina Oualdlhadj et Maria Guessous de 19h à 20 h sur le stand CCME


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