bourita: le maroc sous la conduite de sm le roi poursuit sa politique constante de solidarité avec les frères arabes au service de la stabilité de la région    Motsepe : Les incidents de la finale de la CAN 2025 ont accéléré les décisions, le dossier désormais entre les mains du TAS    La FMEJ critique la gestion gouvernementale du projet de loi sur le CNP retoqué par la Cour Constitutionnelle    Les Marocains en tête des bénéficiaires de nationalités de l'UE en 2024 après les Syriens selon Eurostat    Malabo. Bourita met en avant la Vision Royale de la coopération Sud-Sud au premier Sommet de l'OEACP    CAN 2025 : Patrice Motsepe réagit et annonce des réformes majeures    Thiago Pitarch choisit l'équipe nationale espagnole plutôt que le Maroc    Maroc – Paraguay : nouveau test, nouvelles réponses attendues pour Ouahbi    Un 3ème sélectionneur marocain au Mondial 2026 ? Le scénario prend forme    Moroccan newspaper publishers criticize draft law on National Press Council restructuring    Moroccans rank second in acquiring EU nationalities in 2024    Los marroquíes encabezan la lista de beneficiarios de nacionalidades de la UE en 2024 después de los sirios, según Eurostat    Festival [IN]VISIBLE 2027 : le Maroc au cœur de l'innovation immersive et mémorielle    Macky Sall maintient sa candidature au poste de secrétaire général de l'ONU    Tarfaya : la lagune de Naïla, un havre prisé des camping-caristes étrangers    Cadmium : OCP Nutricrops anticipe les standards européens et s'inscrit dans la trajectoire recommandée par l'ANSES    Autriche : Un consulat honoraire marocain inauguré en Carinthie    Barid Al-Maghrib émet un timbre-poste pour la 58è session de la CEA    Politique : Le RNI donne l'opportunité aux jeunes d'assumer leurs responsabilités    Hampton by Hilton s'implante à Ben Guerir    Entrepreneuriat. Près de 7.900 créations en un mois    Diaspo #434 : En France, Amine Le Conquérant se réapproprie l'Histoire des châteaux    Morocco reaffirmed, on Saturday in Malabo, its unwavering commitment to renewed South-South cooperation, based on partnership and concrete solidarity, in line with the enlightened Vision of His Majesty King Mohammed VI, may God assist Him.    Un nul porteur d'enseignements : ouahbi fait le point après le match face à l'Equateur    L'économie chinoise renforce sa position grâce à un important excédent des transactions extérieures    Géopolitique : face aux chocs, la céréaliculture française cherche sa résilience    Bachir Mustapha Sayed se rapproche de la tête du Polisario    Yassine Oukacha succède à Chouki à la tête du groupe parlementaire du RNI    Nasser Bourita représente Sa Majesté le Roi au 11e Sommet de l'OEACP à Malabo    Espagne–Maroc : Thiago Pitarch a fait son choix de sélection    Maroc-Sénégal : offensive juridique à la FIFA contre une célébration au Stade de France    Cinq blessés suite à la chute de débris d'un missile balistique à Abou Dhabi    Paris : enquête après un attentat déjoué devant le siège de Bank of America    Pétrole vénézuélien : les majors tentées mais prudentes    Royaume-Uni : Starmer «désireux» de limiter certaines fonctionnalités addictives des réseaux sociaux    Polluants éternels : les experts européens préconisent une "large restriction"    Climat extrême : face au changement climatique, le Maroc accélère sa révolution météorologique    USFP : Lachgar alerte sur une pression accrue sur le pouvoir d'achat des ménages    HPS : un RNPG de 106 MDH en 2025, en hausse de 40,5%    France : Gims mis en examen pour blanchiment aggravé    Journée mondiale du Théâtre : Willem Dafoe rappelle la puissance unique de la scène    Musée national de Rabat : "Let's Play – Réenchanter le monde", quand la photographie invite à rêver    The Kingdom of Morocco and the Republic of Costa Rica reaffirmed on Friday in Rabat their commitment to giving their bilateral relations new momentum based on structured political dialogue and strengthened cooperation.    Ifquirn : Du Maroc à la France, les chibanis se racontent à Gennevilliers    Chutes de neige et averses orageuses accompagnées de grêle, vendredi et samedi, dans plusieurs provinces    « K1 », la nouvelle série policière sur 2M, dès le 31 mars 2026    La Chine envoie un nouveau satellite test dans l'espace    Rabat : cycle de conférences pour repenser les féminismes depuis une approche décoloniale    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Mariage de raison
Publié dans L'observateur du Maroc le 04 - 12 - 2020


Par Ahmed Charaï

L'Espagne et le monde entier traversent un moment délicat dans lequel il semble que des valeurs et des principes, inconditionnellement assumés jusqu'à présent, soient remis en question. Nous courons le risque que les branches ne nous permettent pas de voir la forêt, laissant de côté les questions essentielles qui nécessitent beaucoup plus notre attention. C'est le cas des relations hispano-marocaines, essentielles pour les deux pays, bien sûr, mais aussi essentielles en termes géostratégiques mondiaux; essentielles pour l'Europe et essentielles pour l'Afrique.

Cet Editorial est paru dans le quotidien espagnol El Mundo de ce vendredi 4 décembre
…Et le même jour sur le site elmundo.es
Le Maroc et l'Espagne entretiennent des relations stables depuis des décennies, quel que soit le détenteur de la majorité parlementaire en Espagne. Puisqu'il y a de puissantes «raisons» objectives à cela. Cependant, émanent des sentiments qui correspondent davantage au monde des «émotions» qui mettent en péril l'empire de la raison et qui continuent à empêcher l'extension de cette coopération à des domaines importants tels que le social et la culture, ce qui permettrait une humanisation de la relation.
La réalité géographique immuable impose ce voisinage, déterminant, que chaque pays assume une sorte d'extension de l'espace de vie par rapport à l'autre. Cela étant, il est incontestable que la situation actuelle, dynamique, va bien au-delà du cadre national restreint et impose, plus que jamais, la nécessité de maintenir cette stabilité.
Dans les années 1970, les deux économies étaient à égalité. Les productions industrielles apportaient très peu de valeur, tandis que l'agriculture et la pêche étaient très compétitives, notamment par rapport au marché européen. Lorsque l'Espagne est entrée en Europe, le dialogue entre ces deux pays s'est limité à la pêche hauturière, le Maroc négociant désavantagé car l'Espagne avait plus de force grâce à l'accord d'association avec l'Union européenne.
C'était une période très complexe où les deux pays, qui étaient à la recherche d'une voie vers la modernisation structurelle de leurs économies et du système politique, ont été submergés par la faiblesse de leurs économies respectives et la lutte contre la pauvreté, en particulier pour l'Espagne forcée d'atteindre les niveaux du marché européen.
Mais tout cela est déjà de l'Histoire. Les mutations de l'économie marocaine ont été telles que l'Espagne est désormais en concurrence avec la France pour le rôle de principal partenaire économique. Les investissements directs espagnols dans des secteurs aussi variés que le tourisme, l'agriculture, l'électromécanique ou la construction sont très importants.
Même en Espagne, les exportations liées à la production agricole ont été considérablement réduites. Par ailleurs, dans certaines niches, comme la fraise par exemple, on assiste au développement de joint-ventures ou de partenariats stratégiques temporaires.
Au-delà de tout ce qui précède, entre ces deux voisins, qui sont des deux côtés du détroit de Gibraltar, il a toujours été clair que les questions géostratégiques sont fondamentales. Les deux pays sont nécessairement préoccupés par la sécurité, la lutte contre le terrorisme, le trafic international de drogue et l'immigration clandestine. Le Maroc se montre comme un partenaire très fiable. Ce sont les dirigeants espagnols eux-mêmes qui l'affirment depuis le début de ce siècle.
Madrid reconnaît l'importance et la qualité de cette coopération et est le défenseur du Maroc devant l'Union européenne pour un soutien spécifique dans ce contexte. La nouveauté est que, à travers sa politique africaine initiée par le roi Mohammed VI en 2008, le Maroc s'est imposé comme un leader incontesté du continent qui, malgré ses problèmes persistants, est celui qui recèle la plus grande source de croissance du continent pour les prochaines décennies. L'Espagne, le pays le plus proche de l'Afrique, en est très conscient et promeut par conséquent la coopération bilatérale dans ce sens. Il est évident que le Maroc est la porte la plus accessible pour canaliser les investissements vers le continent africain.
Les aspects non économiques sont un problème plus important, car les deux nations sont en contact, parfois en confrontation, systématiquement. Il est incompréhensible que les relations culturelles soient à un niveau aussi bas. En effet, il existe un mouvement qui revendique l'héritage maure en Andalousie, le cercle de l'Avesnois, l'association des trois cultures, mais cela ne reflète pas la hauteur de ce que représente le passé des deux nations, avec un patrimoine fortement basé sur la civilisation islamique et la renaissance européenne.
La politique déployée depuis Madrid est trop timide. Nous devons développer un système de bourses pour les étudiants marocains, améliorer l'image des émigrants marocains, renforcer la présence linguistique et faciliter les échanges humains.
L'évolution des contextes nationaux et régionaux de la Méditerranée occidentale rend souhaitable l'établissement de réseaux plus étroits et plus denses entre les sociétés et institutions espagnoles et marocaines pour promouvoir les connaissances et l'échange d'expériences. Cela devrait être étendu aux domaines des universités, des partis politiques, des médias et des agences gouvernementales.
Dans ce contexte, la question du Sahara perd beaucoup de sa pertinence. L'Espagne, ancienne puissance coloniale, connaît très bien la question. Madrid a rejoint le processus politique, a soutenu la proposition du Maroc pour une autonomie élargie, la qualifiant de « sincère et crédible » et le Maroc en a pris note. Que le parti Podemos puisse continuer avec ses positions idéologiques anciennes et usées n'est pas pertinent.
Oublier et vouloir changer le fait que le Sahara fait partie de la nation marocaine serait un véritable cataclysme. Premièrement, parce que ces nations, à la fois le Maroc et l'Espagne, sont très attachées à leur unité et à leur intégrité territoriale. Cela annoncerait des troubles et des conflits sans fin dans une région du sud de la Méditerranée, qui a plus que jamais besoin de stabilité. Des défis tels que la lutte contre le terrorisme ou le phénomène des migrations nécessitent des Etats stables. Sur le plan économique, cette région ne peut se permettre aucun effondrement. Au contraire, elle a besoin de plus d'intégration, d'un marché plus profond, pour assurer son décollage et satisfaire les aspirations de sa population majoritairement jeune.
L'affaire El Guergarat avait affecté également les produits espagnols. Le Maroc est un défenseur actif de la stabilité régionale, l'Espagne en convient et cela renforce la permanence et le renforcement de ce mariage de raison.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.