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Laurent Gayard prévient Emmanuel Macron : «Ne sacrifions pas Rabat pour Alger»
Publié dans L'observateur du Maroc le 17 - 09 - 2022

Le processus de réconciliation mémorielle a peu de chances d'aboutir tant que les militaires conserveront une telle influence politique en Algérie et il n'est aucunement dans l'intérêt de l'armée ou du gouvernement algérien de faire aboutir ce processus. Dans un contexte de crise énergétique, causé par les déficiences du parc nucléaire français et par la guerre en Ukraine, l'exécutif français s'imagine, avec beaucoup de naïveté, pouvoir entrer à nouveau dans le jeu du chantage mémoriel, dans l'espoir que le gaz naturel en provenance d'Alger puisse en partie remplacer celui de Moscou. Et avec plus de naïveté encore, la France s'évertue à promouvoir un très illusoire partenariat stratégique et sécuritaire avec l'Algérie, qui partage respectivement 1329 et 951 kilomètres de frontières avec le Mali et le Niger, où la France possède des intérêts vitaux dans le domaine de l'extraction de l'uranium et où Paris entend aussi continuer à lutter contre la propagation du djihadisme, en dépit de la brouille récente avec le Mali.
Ce calcul est compréhensible mais il démontre aussi la persistance d'une réflexion stratégique encore prisonnière de schémas postcoloniaux obsolètes, ceux-là même qu'Alger persiste à exploiter pour profiter au mieux de la double rente énergétique et mémorielle.
Si les nécessités énergétiques et sécuritaires condamnent la France à ne pas négliger Alger, rien ne la force pour autant à dédaigner, au nom de sa politique algérienne, les autres alliances possibles dans la région, et en particulier celle avec le Maroc.
La relance du dialogue franco-algérien peut répondre à une urgence, celle du gaz, mais il n'est pas sûr qu'elle puisse s'inscrire dans une problématique sécuritaire et stratégique de long terme. La république algérienne n'a cessé, en effet, de renforcer les liens déjà anciens entretenus avec Moscou, et la visite du ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, le 10 mai dernier, a précédé celle d'Emmanuel Macron en août.
Le partenariat stratégique avec la Russie, qui reste le premier fournisseur d'armes d'Alger, a été amplement renouvelé, avec, notamment, l'organisation d'exercices militaires conjoints dans le Sahara en novembre dans le cadre... de la lutte antiterroriste.
Avec l'arrivée des mercenaires de l'agence Wagner au Mali voisin, que les troupes françaises ont quitté, à la demande de la nouvelle junte militaire au pouvoir, il n'est rien de dire qu'en dépit des belles promesses échangées entre Emmanuel Macron et Abdelmajid Tebboune, la position française est totalement à la merci d'un revirement algérien. Les échecs militaires en Ukraine pourraient d'ailleurs pousser la Russie à renforcer plus encore sa présence en Afrique et sa coopération avec l'Algérie, au détriment des Français.
Contrairement à l'Algérie, extrêmement ambivalente, le Maroc est un allié historique de l'Occident...
...Avec 3500 kilomètres de côtes, le Maroc est le seul pays d'Afrique à disposer à la fois d'une façade atlantique et méditerranéenne, et la politique de Mohamed VI, Roi du Maroc, monté sur le trône en 1999, est résolument tournée vers la consolidation de l'influence marocaine en Afrique, mais aussi des liens avec les diverses puissances européennes et américaines.
Certaines de ces puissances l'ont bien compris et en premier lieu, l'Espagne.
...L'Allemagne, autre puissance européenne qui entretient une relation historique avec le Maroc, semble elle aussi décidée à miser sur ce pays-pivot de 446 000 kilomètres carrés et 37 millions d'habitants. Pendant qu'Emmanuel Macron était à Alger, le Maroc recevait, au même moment, les 27 et 28 août, la ministre des Affaires Etrangères allemande à Rabat.
...Car le Maroc a toutes les raisons de se désoler que Paris, au contraire de Madrid, Berlin, ou même Washington, tende à sérieusement négliger les relations franco-marocaines au profit de la problématique «amitié» franco-algérienne.
...De manière générale, le Maroc se sent délaissé et peu soutenu par la France, partenaire trop ambivalent, en particulier en ce qui concerne les dossiers brûlants de la gestion des flux migratoires et du Sahara, au cœur des tensions algéro-marocaines, une ambivalence française qui profite plutôt à son rival algérien et dont Rabat souhaiterait moins pâtir...
...Pour autant, Rabat a beaucoup d'atouts à faire valoir, dont d'autres puissances que la France ont plus nettement conscience: sa stabilité politique, la diversification et le dynamisme d'une économie où le secteur tertiaire joue déjà un grand rôle, ainsi que la reconnaissance diplomatique dont jouit le royaume.
À force de vouloir trop miser sur l'Algérie, la France court le risque de privilégier les alliances de circonstance au détriment de sa crédibilité dans la région. Il importe donc qu'Emmanuel Macron, dans sa course à la réconciliation mémorielle et à la sécurisation énergétique, ne soit pas tenté de sacrifier Rabat pour Alger.
Source : https://www.lefigaro.fr/vox/monde/laurent-gayard-ne-sacrifions-pas-rabat-pour-alger-20220916
* Laurent Gayard est enseignant et chroniqueur à la Revue des Deux Mondes, à la Revue Phébé, au Magazine Causeur et à la Revue Conflits. Il a publié Géopolitique du Darknet. Nouvelles frontières et nouveaux usages du numérique (éd. ISTE, 2018).
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