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Le régime algérien interdit aux professeurs d'histoire de s'exprimer dans les médias étrangers sans autorisation préalable : peur du passé ?
Publié dans Aldar le 10 - 05 - 2025

La Faculté des sciences humaines et sociales de l'Université Hassiba Ben Bouali, dans la wilaya de Chlef en Algérie, a émis des instructions internes à l'intention des professeurs du département d'histoire, leur interdisant de faire des déclarations ou d'accorder des interviews à des médias étrangers – qu'ils soient audiovisuels, écrits ou numériques – sans avoir obtenu au préalable une autorisation officielle de l'administration universitaire.
La faculté a justifié cette décision par la nécessité de protéger l'image de l'établissement universitaire et de garantir l'harmonisation du discours académique avec les orientations officielles de l'Etat algérien. Elle a précisé que toute déclaration en dehors de ce cadre constitue une infraction aux procédures administratives et expose son auteur à des sanctions disciplinaires conformément aux règlements en vigueur.
Cependant, cette mesure a rapidement suscité de nombreuses interrogations quant à la liberté d'expression académique en Algérie, notamment dans le domaine de l'histoire, considéré comme l'un des plus sensibles du pays, en raison des périodes coloniales, révolutionnaires et politiques qu'il recouvre et qui continuent de faire débat tant au niveau national qu'international.
Des observateurs estiment que cette restriction reflète la crainte des autorités algériennes face aux récits historiques non officiels, ou à ceux susceptibles d'être diffusés par les médias internationaux en dehors du cadre autorisé. Cela traduit une inquiétude quant à la réouverture de dossiers historiques qui pourraient être en décalage avec le discours officiel de l'Etat.
Alors que les universités à travers le monde encouragent leurs enseignants à participer aux débats publics et à éclairer l'opinion, ce type d'instruction est perçu comme une limitation claire de l'indépendance des universitaires et une forme indirecte de musellement des voix pouvant proposer des lectures différentes, voire plus audacieuses, du passé algérien.
Cette situation remet sur le devant de la scène le débat sur la relation entre le pouvoir et le savoir en Algérie, surtout lorsque la mémoire collective devient un champ de bataille qu'on cherche à écrire d'une seule couleur et à raconter selon un seul point de vue. Le pouvoir a-t-il réellement peur de son passé ? Ou craint-il qu'il soit écrit par d'autres mains ?


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