À MEDays 2025, le ministre délégué ghanéen des Affaires étrangères, James Gyakye Quayson, a livré un plaidoyer pour une Afrique qui assume pleinement ses valeurs, ses modèles et ses priorités. Pour lui, le Maroc joue un rôle moteur dans la transformation intellectuelle, diplomatique et stratégique de l'Afrique. « Le Roi Mohammed VI a fait un travail remarquable en soutenant ce forum, en rassemblant des idées, des visions, des talents. Il ne se contente pas d'inviter l'Afrique ici : il en assume le leadership », a-t-il déclaré. Le ministre rappelle aussi la coopération éducative exceptionnelle entre Rabat et Accra : « Le Maroc offre des bourses aux jeunes Ghanéens. De 70, nous sommes passés à 120 étudiants. Nous espérons atteindre 200 par an. Nos jeunes apprennent ici, dans un pays qui valorise sa culture et ses traditions. » Repenser le modèle éducatif africain Pour James Gyakye Quayson, l'un des plus grands leviers de transformation du continent est l'école. Il pointe un paradoxe : « Depuis l'indépendance en 1957, notre système éducatif au Ghana est écrit... par les autres. Nous étudions un modèle qui ne nous correspond pas. » Le nouveau gouvernement ghanéen, explique-t-il, lance une refonte totale des programmes scolaires, afin d'intégrer les valeurs africaines, leurs réalités et leurs ambitions. « Si nous continuons à mesurer notre réussite selon les standards occidentaux, nous penserons toujours être "en retard". Mais en retard par rapport à qui ? L'Afrique doit avancer selon son propre rythme, ses propres priorités, ses propres valeurs. » Le ministre a insisté aussi sur l'importance de la culture comme socle de stabilité sociale. La culture nous apprend à nous aimer, à nous protéger. Des pays riches ont perdu cela. » Il cite alors le Maroc comme exemple d'un pays moderne ayant préservé ses fondamentaux : « Je vois ici une tradition, une culture vivante. Le Maroc se modernise sans perdre son identité. » L'Afrique doit commercer avec elle-même James Gyakye Quayson rappelle que l'intégration économique africaine passe d'abord par les infrastructures. En prenant la route entre Casablanca et Tanger, il dit avoir été impressionné : « Des autoroutes, des trains rapides, un pays organisé, construit. Le Maroc montre ce qu'une vision cohérente peut accomplir. L'Afrique doit s'en inspirer. » Il appelle à développer des réseaux routiers et aériens africains, capables de connecter les peuples et de fluidifier les échanges : « Le commerce intra-africain est trop faible. Nous devons produire, transporter, échanger entre nous. » Une chose est sûre pour James Gyakye Quayson est « Si nous courons derrière l'Occident, nous ne le rattraperons jamais. L'Afrique doit avancer à sa manière, selon ses propres valeurs. C'est cela, la vraie indépendance. »