Le naufrage s'est produit le 6 février au nord de Zuwara. Selon les autorités libyennes, seules deux survivantes ont pu être secourues à l'issue d'une opération de recherche et de sauvetage. Leurs témoignages illustrent l'ampleur de la tragédie : l'une a confié avoir perdu son mari, tandis que l'autre a déclaré avoir perdu ses deux bébés. D'après le récit des deux survivantes, l'embarcation, transportant des migrants et réfugiés de nationalités africaines, avait quitté Al-Zawiya, en Libye, vers 23 heures, le 5 février. Environ six heures plus tard, le bateau a chaviré après avoir commencé à prendre l'eau. À leur débarquement, les deux femmes ont reçu des soins médicaux d'urgence fournis par les équipes de l'organisation, en coordination avec les autorités compétentes, explique la même source. Dans son communiqué, l'OIM déplore un nouvel épisode meurtrier sur la route de la Méditerranée centrale, l'un des corridors migratoires les plus dangereux au monde. Les données de l'OIM confirment une recrudescence des drames en mer. Rien qu'au mois de janvier, au moins 375 migrants ont été signalés morts ou disparus à la suite de plusieurs naufrages qualifiés « d'invisibles » en Méditerranée centrale. Une situation aggravée par les conditions météorologiques extrêmes. L'organisation estime par ailleurs que des centaines d'autres décès n'ont jamais été recensés. Tragédies à répétition Ces tragédies à répétition rappellent les risques mortels auxquels s'exposent migrants et réfugiés qui tentent la traversée. Selon le Projet des migrants disparus de l'OIM, plus de 1.300 personnes ont disparu sur cette route en 2025. Le naufrage survenu au large de Zuwara porte à au moins 484 le nombre de migrants signalés morts ou disparus depuis le début de l'année 2026. L'agence onusienne met également en garde contre la persistance des réseaux de traite et de trafic, qui exploitent la vulnérabilité des candidats à l'exil. Ceux-ci sont entassés à bord d'embarcations de fortune, souvent non navigables, et exposés à de graves abus ainsi qu'à des risques majeurs en matière de protection. Face à cette situation, l'OIM appelle à un renforcement de la coopération internationale, à des réponses centrées sur la protection des migrants et au développement de voies de migration sûres et régulières, afin de réduire les dangers et prévenir de nouvelles pertes humaines.