«La Namibie est l'un des pays les plus secs d'Afrique subsaharienne, avec plus de 80% de son territoire classé comme aride ou semi-aride, et une variabilité des précipitations parmi les plus élevées de la région. Les températures moyennes ont augmenté de 1,2 degré Celsius, soit plus du double de la moyenne mondiale, intensifiant les risques de sécheresse, d'inondations et d'incendies de forêt », a affirmé la ministre de tutelle Indileni Daniel, citée par la presse locale. La sécheresse de 2023-2024, décrite comme la pire depuis plus d'un siècle, a provoqué une forte baisse de la production agricole et réduit les niveaux des barrages de plus de 70%, a-t-elle fait savoir. Selon le ministère, cette sécheresse a laissé plus d'un million de Namibiens en insécurité alimentaire et a mis en évidence la vulnérabilité d'une économie encore fortement dépendante de l'agriculture, un secteur qui, très exposée aux chocs climatiques, soutient près de 70% de la population. « Les inondations ont déplacé des familles, endommagé les infrastructures et érodé les moyens de subsistance, tandis que les incendies de forêt s'intensifient et menacent la biodiversité, les terres communautaires, les infrastructures touristiques et les moyens de subsistance ruraux », a poursuivi la ministre. Elle a souligné que les engagements de la Namibie dans le cadre des principaux accords climatiques internationaux doivent être considérés non pas comme des obligations abstraites, mais comme des outils pratiques pour renforcer la résilience, mobiliser le financement climatique et protéger les communautés. En l'absence de mesures d'adaptation, le changement climatique pourrait réduire le PIB du pays de 6,5 % par an, selon la Banque de Namibie et la Banque mondiale. Lors de la COP30 en 2025, le gouvernement namibien a estimé ses besoins financiers entre 5,5 et 6 milliards USD pour l'adaptation des secteurs vulnérables (agriculture, eau, infrastructures), sachant que 90% de ces fonds doivent provenir du soutien international.