L'économie du Zimbabwe pourrait connaître en 2026 sa plus forte expansion depuis plus d'une décennie. Les autorités tablent désormais sur une croissance d'au moins 8,5 %, avec un potentiel pouvant atteindre 9 à 10 %, selon George Guvamatanga, secrétaire permanent au ministère des Finances. Cette annonce a été faite le 10 février lors du Mining Indaba organisé à Cape Town. Cette dynamique serait portée par les réformes engagées dans le cadre du programme de référence (Staff-Monitored Program, SMP) conclu avec le Fonds monétaire international, ainsi que par la reprise progressive des secteurs agricole et minier. Si ces projections se concrétisent, il s'agirait de la performance la plus élevée enregistrée par le pays depuis 2012, dépassant nettement les précédentes estimations fixées à 6,6 % et presque le double des 5 % anticipés cette année par l'institution de Bretton Woods. Le programme signé avec le FMI ne prévoit pas de financement immédiat, mais constitue un cadre de suivi des réformes économiques. Son exécution rigoureuse pourrait ouvrir la voie à un futur accord de financement ou à un recours accru aux mécanismes d'assistance d'urgence. Les autorités mettent en avant des avancées notables sur le plan macroéconomique : ralentissement de l'inflation, désormais inférieure à 10 % pour la première fois depuis 1997, renforcement des réserves de change et consolidation de la nouvelle monnaie adossée à l'or, le Zimbabwe Gold (ZiG), dont les réserves dépasseraient 1,2 milliard de dollars. Le pays reste toutefois marqué par les séquelles d'une longue crise économique amorcée à la fin des années 1990, après la réforme agraire menée sous l'ancien président Robert Mugabe. Cette période avait entraîné une chute de la production agricole, un effondrement des exportations et une accumulation d'importants arriérés de dette extérieure, estimés à environ 13 milliards de dollars, compliquant durablement l'accès aux financements internationaux.