Les coupures d'Internet et les restrictions d'accès aux plateformes numériques ont coûté 1,11 milliard de dollars à l'Afrique subsaharienne en 2025, selon le rapport The Cost of Internet Shutdowns in 2025 publié par la plateforme britannique spécialisée Top10VPN. À l'échelle mondiale, ces interruptions ont entraîné une perte totale de 19,7 milliards de dollars, illustrant une hausse préoccupante des atteintes à la connectivité. En Afrique subsaharienne, ces pertes sont en baisse par rapport aux 1,56 milliard de dollars enregistrés en 2024, mais restent considérables. Les coupures ont totalisé 24 276 heures d'interruption, affectant 116,1 millions d'internautes, dans des contextes de troubles politiques ou de conflits : élections, protestations, examens ou coups d'Etat militaires. La République démocratique du Congo est le pays le plus impacté, avec 67,2 millions de dollars de pertes et 34,7 millions d'internautes touchés sur 1 008 heures d'interruptions. Le Soudan, bien que touchant moins d'internautes (14,9 millions), a enregistré 66,6 millions de dollars de pertes sur 2 148 heures, reflétant des coupures prolongées. Le Cameroun a subi 40,5 millions de dollars de pertes, affectant 12,6 millions d'internautes sur 52 heures. Ces interruptions ciblent fréquemment les réseaux sociaux tels que Twitter, Telegram, TikTok, Facebook et WhatsApp, essentiels pour la communication, le commerce et l'information. Dans certains cas, les gouvernements imposent des ralentissements intentionnels, rendant l'accès aux contenus multimédias ou aux diffusions en direct pratiquement impossible. Le rapport indique que les coûts économiques sont estimés à l'aide de l'outil Netblocks Cost of Shutdown Tool, basé sur la méthodologie de la Brookings Institution, adaptée à l'Afrique subsaharienne. Les pertes tiennent compte du PIB numérique, de la durée des interruptions et du nombre d'internautes affectés, avec des données provenant de sources fiables telles que la Banque mondiale et les statistiques gouvernementales. Même les restrictions ciblant certains réseaux sociaux sont évaluées sur l'ensemble des internautes, car elles perturbent l'accès pour tous, même ceux qui n'utilisent pas activement les plateformes bloquées. Ces pertes massives soulignent l'impact des coupures d'Internet sur le développement économique de la région. Alors que l'Afrique subsaharienne investit dans la transformation numérique pour rattraper son retard, ces interruptions freinent l'innovation et la compétitivité, et entraînent un manque à gagner pour les opérateurs télécoms, les entreprises numériques et les particuliers. Dans une déclaration publiée en janvier 2026, l'UNESCO a rappelé que l'accès à Internet constitue un pilier de la liberté d'expression et un élément central des droits démocratiques, appelant les Etats à adopter des politiques favorisant la connectivité plutôt que des restrictions.