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Non à la violence !
Célébration, aujourd'hui, de la Journée nationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes
Publié dans L'opinion le 08 - 12 - 2009

Le Maroc célèbre, aujourd'hui mardi 8 décembre, la journée nationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes. C'est à titre exceptionnel que cette commémoration se déroule cette année un 8 décembre, puisque la journée mondiale s'est déroulée le 25 novembre. Aucune explication n'a été donnée officiellement pour expliquer ce report.
Tous les jours que Dieu fait, des dizaines, si ce ne sont des centaines de femmes, font l'objet de violences de la part de leurs pères, frères ou époux, souvent dans l'impunité la plus totale.
Que signifie exactement la violence à l'égard des femmes ? « User de violence envers une femme, c'est exercer toute procédure de force physique, de menace, d'intimidation et de simple manipulation, dans le but de la blesser, de la violer, de la terroriser, de susciter la peur et contrôler ce qu'elle fait ».
Mme Nouzha Skalli, Ministre du Développement Social, de la Famille et de la Solidarité, estime, que « cette appellation englobe toutes les violences en relation avec les rapports sociaux entre les hommes et les femmes. Nous l'avons voulue la plus complète possible, afin que soient reconnues toutes les violences faites aux femmes, et pas seulement celles qui viennent immédiatement à l'esprit comme la violence conjugale ou domestique. (...) En plus clair, toute violence contre les femmes est un crime. Que ce soit le viol (à ce jour, celui-ci est considéré comme une simple atteinte aux mœurs), le harcèlement sexuel, l'inceste, le trafic de femmes, la prostitution ou encore l'avortement et d'autres sujets tabous dans notre société ».
Mais où en est la réforme du code pénal à ce sujet, annoncée par Mme Nouzha Skalli ? Il semblerait bien que le texte en question n'ait même pas encore fait son entrée à l'hémicycle législatif.
Un chiffre, 14.617 cas de violence à l'égard de femmes en 2008, avec quatre cas sur cinq dans le cadre conjugal, est étalé comme révélateur de la situation au Maroc à ce sujet. Or, il s'agit de plaintes reçues par des centres d'écoutes. Ce qui veut dire que non seulement ce chiffre ne tient pas compte des femmes victimes de sévices qui n'ont pas osé franchir le pas et joindre par téléphone ces centres d'écoute, mais, en outre, rien ne semble indiquer que ces appels au secours aient fait l'objet d'une enquête approfondie et d'un suivi. Et comme ces centres d'écoutes sont tous situés dans des villes, il est légitime de s'interroger de ce qu'il en est dans les zones rurales. Il s'agit donc d'un simple cumul des appels reçus par les centres d'écoutes de différentes associations féministes, qui donne bien peu de détails. On apprend ainsi que la tranche d'âge la plus concernée par ce fléau est celle des 18 à 24 ans, suivie par celle des 25 à 35 ans. Seulement, aucune donnée sur l'âge des auteurs de ces violences n'a été fournie. En procédant par raisonnement approximatif, sachant le jeune âge des femmes les plus touchées, il semblerait bien que ce fléau n'est pas vraiment lié aux traditions sociétales. Les raisons seraient donc plutôt à chercher dans les tendances socioculturelles actuelles. Malheureusement, aucune étude sociologique à large échelle portant globalement sur les relations conjugales conflictuelles ne vient éclairer nos lanternes.
Le présent article ne cite sciemment aucun témoignage de femmes battues, pour la simple raison que l'inflation de déclarations à ce sujet, dont les médias font leur choux gras, n'aboutit en fin de compte qu'à leur banalisation, ce qui est l'exact contraire de l'objectif escompté. Trop de communication tue la communication. De plus, la victimisation n'est pas le bon remède à ce mal dont souffre la société marocaine, au même titre que d'autres à travers le monde, et qu'elle cherche à soigner.
Si l'on considère que la violence à l'égard des femmes n'est que la partie visible de l'iceberg et que pour mieux saisir le phénomène et pouvoir le traiter avec les instruments adéquats, il faudrait prendre du recul et chercher à se faire une idée d'ensemble sur les relations de genre au Maroc et les antagonismes qui les secouent avant de se muer en violence.
La religion à la rescousse
Mis à part le fait que les textes de projets de loi ou de réforme de la loi existante visant à criminaliser la violence à l'égard des femmes s'éternisent dans les procédures législatives d'adoption avant de voir le jour, il faudrait également se poser la question de l'efficience de ces textes dans la résolution du problème. Jusqu'à quel point ces mesures d'ordre juridique parviennent-elles à répondre aux attentes de la société marocaine en terme de réduction de la violence à l'égard des femmes, voire, plus modestement, en parvenant juste à en enrayer l'amplification ?
Il est indéniable que ces textes juridiques ont leur importance, dans le sens où il faut bien sévir contre les coupables et rendre justice aux victimes. Mais encore ? Est-ce vraiment ainsi que le Maroc pourrait venir à bout de ce fléau?
Il est souvent question des résistances sociétales aux changements et les associations féministes ne manquent pas de dénoncer à ce sujet celles constatées depuis l'entrée en vigueur du code de la famille. Il y a donc une dimension socio, juridique à prendre en considération. Que le Maroc cherche légitimement à mettre sa législation à niveau par rapport aux conventions internationales dont il est signataire ne lui permet pas pour autant de faire l'économie d'une approche plus spécifique dans la conception des solutions à mettre en œuvre. Ces conventions internationales ne sont qu'un cadre global, une expression de droits universels que chaque pays se doit d'adopter en la traduisant de manière adaptée au contexte national.
D'une manière ou d'une autre, toute démarche visant à apporter des solutions concrètes et efficientes au problème de la violence à l'égard des femmes au Maroc passe par une acceptation sociale du changement impulsé, et ce, en parvenant à convaincre à propos de la légitimité de ladite démarche. Puisque le but est bien d'empêcher toute violence envers les femmes plus que d'envoyer un maximum d'auteurs de ces violences en prison et leur faire payer des amendes.
Premier constat : la violence, dans le sens large du terme, est assez omniprésente dans la société marocaine et pas seulement envers les femmes. Il s'agit bien de savoir pourquoi, dans le sens où lutter contre la violence envers les femmes pourrait s'avérer vain si l'on sort cette forme de violence de son contexte global.
Deuxième constat : les personnes qui font le plus de résistances au changement font souvent référence, à tort, à la religion. Vu le poids de la religion au sein de la société marocaine, qui est de loin supérieur à celui des conventions internationales, il est donc évident que les gens de religion, les Oulémas et les Imams et maintenant les Morchidates, ont un énorme rôle à jouer en terme de sensibilisation des Marocains.
Dans ce cadre, les Imams et les Morchidates en particulier peuvent et doivent occuper une position particulière dans le processus de sensibilisation de la société, car en contact continu avec leurs ouailles. Bien plus même que les associations féministes, qui regroupent essentiellement des militantes déjà sensibilisées et convaincues et dont les actions sont plus ponctuelles que permanentes. Qui mieux que ces gens de religion pour non seulement communiquer au quotidien à ce sujet, puisque le fléau sévit chaque jour que Dieu fait, mais, en outre, afin, de susciter un indispensable feed-back et collecter les avis sur la manière dont les changements introduits par les textes de loi sont perçus par les populations. Car c'est la meilleure manière de corriger le tir, si nécessaire en matière de communication.
Les lecteurs seront peut-être surpris de certaines réactions recueillies à titre informel par les auteurs de ces lignes concernant les sujets sociaux traitant en particulier des relations de genre. « Pourquoi ne dites vous rien à propos de la violence envers les époux ? Vous le savez bien, il y également des maris battus ». Et il est vrai que c'est encore plus difficile pour un homme d'avouer qu'il se fait battre par son épouse, pour des raisons socioculturelles évidentes.
Donc, non à la violence à l'égard des femmes, non à la violence au sein des relations conjugales, non à la violence tout simplement.


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