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Monde rural : Ce qui empêche nos campagnes de semer des emplois [INTEGRAL]
Publié dans L'opinion le 06 - 05 - 2025

Dans un contexte de stress hydrique aigu, le taux de chômage dans le monde rural continue sa progression, atteignant désormais 7,3%. Une situation préoccupante, qui interroge sur l'efficacité de l'action gouvernementale, pourtant placée sous le signe de l'emploi depuis la seconde moitié du mandat en cours.
Au lendemain des élections, le gouvernement, porté par l'élan de l'enthousiasme électoral, s'était fixé un objectif ambitieux de 500.000 emplois. Alors que ce cap paraissait de plus en plus difficile à franchir, l'Exécutif a revu ses ambitions en annonçant, février dernier, en grande pompe, une nouvelle feuille de route prévoyant cette fois la création de 350.000 postes pérennes d'ici 2026. Dotée d'une enveloppe de 15 milliards de dirhams (MMDH), cette initiative vise à ramener le taux de chômage national à 9% et à créer 1,45 million d'emplois supplémentaires à l'horizon 2030, sous réserve d'un retour à des niveaux de précipitations «normaux».

Dans cette optique, un milliard de dirhams a été alloué spécifiquement au soutien de l'emploi en milieu rural. Le gouvernement a conçu un programme d'insertion reposant sur des dispositifs actifs de promotion de l'emploi, dont la mise en œuvre est prévue pour l'année à venir. Trois volets d'action ont été identifiés pour favoriser l'insertion économique des jeunes en zones rurales, dont la formation professionnelle, désignée par le ministre Younes Sekkouri comme un levier fondamental de cette politique.


L'urgence d'agir


L'accélération de ce chantier n'est plus un luxe, d'autant plus que le milieu rural a perdu 3.000 emplois entre le premier trimestre de 2024 et celui de 2025, alors que l'économie nationale en a gagné 282.000 sur la même période. En cause, une perte de 72.000 postes dans le secteur de l'agriculture, de la forêt et de la pêche, contrastant avec les performances des autres secteurs, portés par l'élan des préparatifs pour la CAN et la Coupe du Monde. Pour l'économiste Omar Kettani, cette persistance du chômage rural s'explique par les sécheresses répétées et une stratégie de développement centrée trop exclusivement sur l'agriculture. «En l'absence d'éducation, de formation, et d'une politique de diversification économique, les populations rurales, représentant moins de 40% de la population nationale, restent tributaires d'un secteur agricole vulnérable, et donc de plus en plus exposées», observe-t-il. En effet, selon le HCP, près de 60% des actifs occupés en milieu rural (59,9%) évoluent encore dans le secteur agricole, alors que le sous-emploi y touche près de 592.000 personnes.

Pour répondre à ce défi, la nouvelle stratégie pour l'emploi met l'accent sur la préservation des emplois agricoles décents, notamment par l'extension des surfaces céréalières à 4 millions d'hectares. Le ministère de l'Agriculture est toutefois invité à soumettre un programme d'actions ciblé sur les zones les plus affectées par la sécheresse, comprenant une sélection de projets créateurs d'emplois et la mise en place d'une plateforme numérique pour coordonner l'offre et la demande de main-d'œuvre agricole.


Lutter contre le dépeuplement rural


Dans ce contexte et face à la précarité croissante de l'emploi rural et aux difficultés à maintenir une main-d'œuvre stable, les experts plaident pour une revitalisation des territoires ruraux. Ce diagnostic, tout comme les pistes de solutions, a déjà fait l'objet de plusieurs rapports du Haut-Commissariat au Plan (HCP). Dans son rapport sur le développement régional de 2019, l'institution soulignait déjà la nécessité de politiques de proximité, appelant à renforcer les infrastructures de base – routes, eau potable, électricité – et à diversifier les activités économiques, notamment dans l'artisanat, le tourisme rural et les énergies renouvelables. «Un soutien ciblé aux petites exploitations agricoles, allié à des incitations à l'installation de jeunes dans les métiers de l'agriculture, pourrait également stabiliser la population rurale et freiner l'exode vers les villes», selon l'économiste El Mehdi Fakir.

Dans cette même logique, le chef du gouvernement a, lors d'une récente réunion de suivi de la stratégie pour l'emploi, insisté sur la nécessité d'encourager les jeunes à créer des startups agricoles. Un accent particulier est également mis sur la lutte contre la déperdition scolaire, avec l'ambition de réduire de moitié le nombre d'élèves quittant prématurément le système éducatif. Cela passe par le renforcement des établissements pionniers, l'élargissement du concept d'école de la deuxième chance, et la mise en œuvre de mesures incitatives pour favoriser la poursuite des études ou l'accès à la formation professionnelle. L'idée serait aussi de favoriser l'inclusion des femmes sur le marché du travail, en levant les obstacles liés à la garde des enfants, notamment par un renforcement de l'offre de garderies.



Trois questions à El Mehdi Fakir : « Il est urgent de renforcer la gouvernance des établissements de formation »
* Comment évaluez-vous la situation globale du marché de l'emploi ?

Le marché de l'emploi fait aujourd'hui face à de nombreux défis, dont le plus préoccupant reste la montée du chômage, qui atteint désormais 13%. Parallèlement, les métiers évoluent en profondeur, portés par l'émergence de l'Intelligence Artificielle et les transformations structurelles des tissus économiques. Ces bouleversements exigent une adaptation rapide des filières de formation, en particulier pour les jeunes entrants sur le marché du travail. Ils soulignent aussi la nécessité de renforcer les dispositifs de perfectionnement professionnel afin de répondre aux besoins changeants et de plus en plus complexes du monde du travail.


* Malgré les différents programmes étatiques, l'emploi en milieu rural continue de reculer. Comment peut-on redresser la barre ?

- Il est indispensable de penser à une stratégie à moyen et long termes. Les programmes actuels, souvent limités dans le temps et dans leur périmètre géographique, peinent à produire des résultats durables. Pour inverser la tendance, il faut des politiques structurantes, intégrées dans une vision globale. Cela suppose la mise en place d'une gouvernance claire, de mécanismes rigoureux d'évaluation, et d'instances de pilotage capables d'adapter les orientations en temps réel. Un programme ne peut réussir sur plusieurs années sans être régulièrement revu, réajusté, et «relifté» en fonction de la réalité du terrain.

* Les jeunes diplômés figurent depuis des années parmi les populations les plus touchées par le chômage. Comment expliquez-vous cet état des lieux ?

Effectivement, les jeunes diplômés font partie des premières victimes du chômage. Ce constat s'explique en grande partie par une inadéquation persistante entre la formation et les besoins réels du marché. Il est donc urgent de renforcer la gouvernance des établissements de formation, notamment publics. La loi prévoit d'ailleurs l'implication des acteurs du monde de l'entreprise au sein des Conseils des Université et des établissements. Ces partenariats doivent être mieux exploités pour ajuster les programmes et garantir une meilleure employabilité des jeunes. Il est aussi essentiel de multiplier les passerelles vers le monde professionnel, en développant des stages, des formations en alternance et des mécanismes de suivi post-diplôme.

Recueillis par Rime TAYBOUTA
Fiche technique : Profils de la population active occupée
Près de 37,6% des actifs occupés résident en milieu rural et 20,2% sont de sexe féminin. Les jeunes âgés de 15 à 34 ans constituent 33,7% du volume total de l'emploi (7,6% pour les 15 à 24 ans et 26,2% pour les 25 à 34 ans). Près de 47% des actifs occupés n'ont aucun diplôme, 33,2% ont un diplôme moyen et 19,8% un diplôme supérieur.
Le secteur des "services" emploie 49,2% des actifs occupés, suivi de l'"agriculture, forêt et pêche" avec 25%. L'"industrie", contribue, de son côté, pour 13,2%. Le secteur des BTP emploie, quant à lui, 12,5% des actifs occupés.
Près de 6 actifs occupés sur 10 en milieu rural (59,9%) exercent dans le secteur de l'"agriculture, forêt et pêche", et près de deux tiers des actifs occupés citadins (65,9%) travaillent dans le secteur des "services".
Près de 9,3% des actifs occupés exercent un emploi non rémunéré, avec une proportion plus élevée chez les ruraux (21,5%) que chez les citadins (1,9%), et chez les femmes (24,4%) que chez les hommes (5,4%). Près de 11,8% des actifs occupés exercent un emploi de type occasionnel ou saisonnier, 17,8% en milieu rural et 8,3% en milieu urbain.
Près de trois actifs occupés sur dix (31,1%) bénéficient d'une couverture médicale liée à l'emploi (42,4% en milieu urbain et 12,3% en milieu rural).
Les actifs occupés exerçant dans l'"industrie" enregistrent le taux de couverture médicale le plus élevé (48,9%), suivis de ceux relevant du secteur des "services" (42,6%), des BTP (13,6%) et de l'"agriculture, forêt et pêche" (7,6%).
Au niveau national, 46,5% des salariés bénéficient d'une couverture médicale assurée par l'employeur, 54,2% en milieu urbain et 26,2% en milieu rural, 63,1% parmi les femmes et 42,4% parmi les hommes.


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