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L'énergie nucléaire au cœur des stratégies de transition : perspectives marocaines et dynamiques scientifiques aux Doctoriales 2025
Publié dans L'opinion le 02 - 07 - 2025

Le 25 juin 2025, la Faculté des Sciences de l'Université Mohammed V de Rabat a accueilli une conférence scientifique de haut niveau, organisée par l'Association des Ingénieurs en Génie Atomique du Maroc (AIGAM), dans le cadre des Doctoriales 2025.
Placé sous le thème de l'énergie nucléaire comme levier de développement durable et de souveraineté énergétique, cet événement a rassemblé experts internationaux, chercheurs, ingénieurs et étudiants pour un échange stratégique sur les usages civils de l'atome au Maroc et leurs implications futures.
Dans un contexte mondial marqué par l'accélération du changement climatique, la volatilité des marchés de l'énergie, et la raréfaction croissante des ressources hydriques, cette conférence a permis de poser des bases concrètes pour une réflexion nationale structurée autour de l'énergie nucléaire comme pilier complémentaire aux énergies renouvelables.
1. Le nucléaire civil : un outil multidimensionnel au service du développement
Dr Khalid Laraki, expert auprès de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), a ouvert les travaux en présentant un panorama détaillé des applications actuelles du nucléaire au Maroc, souvent méconnues mais déjà pleinement intégrées dans plusieurs secteurs clés :

* Agriculture : amélioration génétique des semences, irradiation phytosanitaire, stérilisation des insectes ravageurs.
* Santé : imagerie médicale, radiothérapie, médecine nucléaire diagnostique.
* Environnement : techniques isotopiques pour le suivi de la pollution de l'air et des sols.
* Hydrologie : traçage des nappes phréatiques et gestion intégrée des ressources en eau.
* Industrie : contrôle non destructif, radiographie industrielle, calibration de capteurs.

Au-delà des usages actuels, Dr Laraki a souligné le rôle stratégique que peut jouer le nucléaire dans la gestion de la rareté hydrique, un enjeu devenu critique pour le Maroc, classé parmi les pays les plus exposés au stress hydrique (Banque mondiale, 2023). En combinant des technologies de dessalement alimentées par énergie nucléaire à une politique de réutilisation des eaux usées, le pays pourrait bâtir un modèle résilient de sécurité hydrique, adossé à une vision énergétique intégrée.
2. Technologies nucléaires innovantes : vers une nouvelle ère énergétique
M. Anwar Ouazzani-Chahdi, expert en développement du secteur nucléaire, a proposé une analyse prospective des réacteurs de nouvelle génération notamment les Small Modular Reactors (SMRs), Medium Modular Reactors (MMRs) et Advanced Modular Reactors (AMRs). Ces technologies offrent une réponse adaptée aux réalités économiques et territoriales du Maroc :

* Flexibilité d'installation sur des zones éloignées ou industrielles,
* Réduction des coûts d'investissement grâce à la standardisation,
* Délais de construction plus courts (3 à 5 ans contre 7 à 10 pour les réacteurs traditionnels),
* Sécurité renforcée grâce aux systèmes passifs de refroidissement,
* Compatibilité forte avec les objectifs de neutralité carbone à horizon 2050.
*
L'introduction progressive des SMRs dans le mix énergétique marocain viendrait compléter la stratégie nationale en matière de renouvelables, qui vise à atteindre 52 % de capacité installée d'origine verte d'ici 2030. Toutefois, ces sources intermittentes nécessitent un socle énergétique stable rôle que le nucléaire peut remplir avec efficience.
3. Un espace de dialogue structurant et inclusif
La séance de discussion ouverte, modérée par la Professeure Naïma El Khayati, a constitué un temps fort de l'événement. Chercheurs, ingénieurs, doctorants, représentants institutionnels et industriels y ont confronté leurs perspectives sur les conditions de faisabilité d'un programme nucléaire marocain :

* Acceptabilité sociétale et éducation du public,
* Cadre réglementaire et gouvernance,
* Transfert technologique et partenariats stratégiques,
* Financement et modèles économiques durables,
* Formation et rétention des compétences locales.
La richesse du débat a révélé une maturité croissante de la réflexion nationale sur ces questions, tout en appelant à l'élaboration d'une feuille de route claire et cohérente pour structurer les étapes d'une éventuelle accession au nucléaire de puissance.
4. Une jeunesse scientifique prête à relever les défis
L'engagement remarquable des membres de l'AIGAM et des étudiants en génie nucléaire illustre l'émergence d'une nouvelle génération de compétences marocaines dans le domaine. Leur implication, rigueur et esprit critique traduisent un potentiel humain essentiel pour accompagner la montée en puissance du pays dans les secteurs stratégiques de l'énergie, de la recherche scientifique et de l'innovation industrielle.


5. Analyse économique : un levier stratégique pour la compétitivité énergétique
D'un point de vue économique, l'énergie nucléaire représente une option à haut rendement stratégique, générant de multiples externalités positives :
* Réduction de la dépendance énergétique : en 2023, près de 88 % de l'énergie primaire consommée au Maroc provenait d'importations.
* Stabilité des coûts à long terme : contrairement aux énergies fossiles soumises à la volatilité des marchés, le nucléaire garantit une prévisibilité budgétaire.
* Développement d'un tissu industriel local : opportunités en ingénierie, BTP, électronique, maintenance spécialisée.
* Création d'emplois qualifiés et de filières académiques pérennes.

Certes, les coûts initiaux restent élevés entre 6 et 9 milliards USD pour une centrale de 1 GW, selon l'AIEA mais les SMRs divisent cette barrière d'entrée par 2 ou 3, en favorisant des investissements progressifs, modulaires et mutualisés. Des modèles innovants de partenariat public-privé (PPP), déjà en cours dans plusieurs pays émergents (Argentine, Egypte, Turquie), offrent un cadre reproductible au Maroc.


Conclusion : bâtir aujourd'hui une vision énergétique pour demain
La conférence organisée par l'AIGAM dans le cadre des Doctoriales 2025 a marqué une étape importante dans la maturation du débat nucléaire au Maroc. Elle a mis en lumière que la technologie seule ne suffit : c'est une vision nationale claire, inclusive et fondée sur la science qui doit guider toute ambition nucléaire.
Dans un monde incertain, fragmenté et soumis à des tensions énergétiques croissantes, le Maroc dispose des atouts nécessaires pour faire du nucléaire un pilier de sa résilience à condition de structurer dès à présent un écosystème cohérent alliant innovation, coopération internationale et formation de talents.


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