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Démographie et climat : Le Maroc à l'épreuve d'une équation complexe
Publié dans L'opinion le 12 - 11 - 2025

Le Maroc fait face à un double défi : le vieillissement rapide de sa population et l'augmentation des risques de catastrophes climatiques. Cela exige une planification démographique proactive et l'intégration de la durabilité environnementale dans toutes les politiques publiques.
Le monde est confronté à des défis sans précédent, notamment le vieillissement accéléré de la population et le changement climatique. Ces deux phénomènes sont étroitement liés et nécessitent une attention urgente des décideurs politiques mondiaux.

Le rapport «Frontières 2025 : le poids du temps» du Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE) met en lumière les conséquences dévastatrices de ces tendances mondiales.

Fraîchement publiée, l'étude met en exergue quatre défis interconnectés qui nécessitent une attention urgente des décideurs politiques mondiaux.

Premièrement, elle alerte sur le risque posé par le dégel accéléré de la Cryo sphère (calottes glaciaires, glaciers et pergélisol). Ce phénomène, baptisé la «Boîte de Pandore gelée», pose une menace pour la santé publique, car ces micro-organismes, parfois inconnus ou éteints, pourraient être libérés dans de nouveaux écosystèmes.

Deuxièmement, elle constate, à l'échelle mondiale, un vieillissement accéléré de la population. Cette transformation démographique coïncide avec une exposition accrue aux risques environnementaux (chaleur extrême, sécheresses, inondations). Les personnes âgées sont identifiées comme la catégorie de population la plus vulnérable aux catastrophes : elles sont plus exposées aux blessures et aux décès, et moins aptes à se déplacer ou à accéder aux services essentiels.

Troisièmement, le document met en garde contre les risques associés aux polluants hérités (produits chimiques industriels anciens, métaux lourds, pesticides comme le DDT). Les phénomènes extrêmes induits par le changement climatique – notamment les inondations et les glissements de terrain – peuvent déterrer et redistribuer ces toxines stockées dans les sédiments des sols et des fonds marins. Le déstockage de ces polluants dormants les réintroduit dans l'environnement et la chaîne alimentaire, causant de nouveaux problèmes de santé publique et de contamination écosystémique.

Quatrièmement, le rapport souligne la nécessité croissante d'éliminer les obstacles artificiels, comme les barrages obsolètes, afin de restaurer la santé des écosystèmes fluviaux. L'enlèvement des barrages permet de rétablir le flux naturel des rivières, ce qui est essentiel pour la migration des poissons, la qualité de l'eau, et la reconstitution des zones humides.

Le Maroc face aux enjeux du
vieillissement et du changement climatique

Dans ce contexte mondial, le Maroc est particulièrement vulnérable. Le pays est situé dans une zone d'Afrique du Nord et d'Asie de l'Ouest où les risques environnementaux sont qualifiés de Moyens à Elevés. Le rapport du PNUE place le Maroc à un carrefour délicat, confronté simultanément à l'accélération du vieillissement de sa population et à une exposition croissante aux risques de catastrophes climatiques. Ce double défi fait du pays un microcosme des menaces complexes qui pèsent sur les nations du Sud dans le contexte du réchauffement planétaire.

Le rapport met en lumière une transformation démographique rapide, plaçant le Maroc dans un couloir qui s'étend de la Tunisie au Sahel, caractérisé par un vieillissement précoce. Actuellement, les Marocains de plus de 65 ans représentent environ 7 à 8% de la population. L'étude projette une augmentation spectaculaire de cette proportion, qui devrait dépasser 15% à l'horizon 2050. Ce vieillissement s'accompagne de vulnérabilités structurelles importantes, notamment la précarité des aînés : près de 60% des personnes âgées au Maroc vivent sans pension de retraite régulière. De plus, près de la moitié de ces seniors réside dans des zones rurales ou semi-rurales, où les infrastructures sanitaires et les services de protection sociale sont souvent lacunaires, multipliant leur vulnérabilité.

La capacité d'adaptation

Malgré un risque naturel modéré concernant les séismes ou les ouragans par rapport à ses voisins méditerranéens, la fragilité réside dans la capacité d'adaptation institutionnelle et structurelle du Royaume, écrit le rapport, soulignant que les menaces climatiques directes sont multiples et s'intensifient : sécheresses prolongées et rareté des ressources hydriques, vagues de chaleur de plus en plus fréquentes, et inondations soudaines. L'étude insiste sur l'insuffisance des politiques d'aménagement du territoire qui ne sont pas encore pleinement intégrées aux défis du changement climatique et du vieillissement.

Le pays affiche des scores modestes dans l'indice de «capacité d'adaptation», ce qui signifie que l'enjeu majeur n'est pas tant l'intensité des catastrophes que la préparation et la gestion de la crise post-événement. L'alerte principale du rapport réside dans la combinaison de ces deux facteurs. Le choc démographique s'opère donc sur un environnement de plus en plus hostile, menaçant directement la santé et la subsistance de cette frange croissante de la population.

Malgré ce tableau sombre, le rapport reconnaît les capacités de résilience du Maroc, notamment un fort taux de cohésion sociale et des investissements majeurs dans les infrastructures hydriques et énergétiques (citant en exemple le complexe solaire de Ouarzazate et la stratégie d'économie verte). Toutefois, pour faire face au «poids du temps», l'ONU exhorte le Royaume à lier impérativement ces avancées environnementales à une planification démographique proactive. L'heure est à l'intégration d'une justice sociale et d'une durabilité environnementale dans toutes les politiques publiques, avant que le vieillissement de la population ne devienne un fardeau insurmontable face à la pression climatique croissante.


A. CHANNAJE
Toits solaires : Moteur d'énergie et d'emploi

Le Maroc peut couvrir une grande partie de ses besoins électriques en exploitant les toits des bâtiments pour produire de l'énergie solaire. Selon un récent rapport de l'initiative Imal pour le Climat et le Développement, un think-tank basé à Rabat, cela permettrait de réduire la facture énergétique nationale, de créer des emplois et de diminuer les émissions de CO2.

Le rapport souligne que les toits des maisons et des bâtiments représentent une richesse inexploitée qui peut être transformée en gains importants grâce à l'énergie solaire décentralisée.

Le Maroc a une opportunité exceptionnelle de couvrir une grande partie de ses besoins électriques en exploitant les toits des bâtiments pour produire de l'énergie solaire. Cela permettrait de réduire la facture énergétique nationale, de créer des emplois et de diminuer les émissions de CO2.

L'étude met en avant deux scénarios possibles pour 2035 : un scénario haut avec une production de 66,8 TWh/an et un scénario bas avec une production de 20 TWh/an.

Cependant, des réformes sont nécessaires pour débloquer ce potentiel, notamment la mise en place d'un cadre juridique approprié et la création d'un fonds national pour soutenir les ménages et les entreprises.

Le rapport souligne également l'importance de l'implication des citoyens dans ce processus en tant que "producteurs-consommateurs" capables de générer, stocker et vendre de l'énergie.

Le Maroc a en définitive une opportunité exceptionnelle de transformer son secteur énergétique en exploitant les toits des bâtiments pour produire de l'énergie solaire. Il est essentiel que les autorités marocaines mettent en place les réformes nécessaires pour débloquer ce potentiel et permettre au pays de tirer parti de cette ressource renouvelable et durable.


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