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Echange épistolaire entre Nabyl Lahlou et Moncef Benkiran
Publié dans L'opinion le 30 - 08 - 2012

Je ne suis pas critique de cinéma mais ma passion pour le 7ème art et mon amour pour mon pays ont fait que pour rien au monde, je ne pouvais rater le dernier film d'un cinéaste que j'estime particulièrement et dont la dernière œuvre traite d'une partie de l'histoire du Maroc.
Il s'agit de «Regarde le Roi dans la Lune» de Nabyl Lahlou.
A Nabyl Lahlou
Je fus comblé après avoir reçu ton courrier me spécifiant qu'il y avait une autre chance de voir le film (ayant raté la première pour cause d'absence) puisqu'une nouvelle projection était prévue au Théâtre National Mohammed V. A l'idée même d'y assister, ce fut un plaisir, et je m'y suis attelé comme dans le bon vieux temps où aller assister au dernier Fellini, Visconti, Mel Brooks, Belmondo..., Claude Lelouch, Ingmar Bergman ou Truffaut. Car Nabyl Lahlou non seulement est mon cinéaste marocain préféré mais c'est un de mes cinéastes préférés toutes nationalités confondues et je le considère de la trempe des plus grands comme ceux cités plus haut en y ajoutant Woody Allen, Ernst Lubitsch... Je suis sûr qu'avec de gros moyens tu ferais des chefs-d'œuvre car tu débordes d'idées et d'originalités.
Regarde le roi dans la lune (le film)
L'histoire du film se déroule à partir des années 1900 et quelques anomalies m'ont fait les envoyer à l'auteur lui-même qui a eu l'amabilité de me répondre et de faire son mea-culpa.
Les remarques sont les suivantes: Nous sommes dans les années 40 et une jeune fille entonne à plusieurs reprises la chanson d'Oum Kaltoum 'Inta omri' alors que celle-ci n'existait pas encore à ce moment-là de l'histoire et est l'œuvre de Mohamed Abdelwahab qui la composa pour «l'étoile de l'orient» pour une première collaboration en 1964.
La deuxième remarque est que l'on relate le film de Luis Buñuel «Belle de jour» (Beldojor comme ils disent dans le film) et la réplique de l'acteur est, je le cite: «C'est la belle Sophia Loren» qui soi-disant en est la vedette alors que c'est Catherine Deneuve.
La troisième remarque est que si le film est intéressant historiquement parlant, il n'en demeure pas moins trop long et des scènes gagneraient à être écourtées pour que le film puisse être mieux apprécié par un plus large public. Mais pour cela, il faudrait qu'un distributeur se manifeste.
Quant à la prestation de Sophia Hadi, elle fut bouleversante et digne des plus grandes stars et mérite le prix de la meilleure actrice.
Moncef Benkiran
Voici la réponse de Nabyl Lahlou:
Cher M. Moncef Benkiran,
Je suis plus que comblé de te lire à travers cette lettre, pleine d'affection et d'amitié, que tu m'adresses avec sincérité, dans un esprit critique juste et constructif que j'accepte avec joie et responsabilité. .
Ta remarque sur l'utilisation de la chanson d'Oum Kaltoum est tout à fait juste et pertinente. Elle sera corrigée au niveau de la reprise du mixage de la bobine numéro trois.
Une autre erreur de temps que tu n'as peut-être pas remarquée, c'est la présence d'un portrait des années 60 du Sultan Sidi Mohammed Ben Youssef, accroché à une fenêtre dans le salon où les nationalistes discutent du contenu du Manifeste de l'Indépendance.
Là, je ne peux malheureusement rien faire, sauf supprimer la scène ou la retourner...
Pour ce qui est de Sophia Loren à qui est attribué le rôle joué par Catherine Deneuve dans "Belle de jour" du Buñuel, c'est un clin d'œil caustique et critique à certains critiques de cinéma, francophones et aussi arabophones, qui écrivent sur le cinéma en se référant à l'idéologie des Cahiers du Cinéma de l'époque d'André Bazin, c'est-à-dire en 1950. Dans le film, les quatre critiques de cinéma sont représentés par quatre croque-morts, portant un taboute sur leurs épaules. Toput en marchant, ils parlent de Buñuel, d'Orson Welles et d'Eisenstein. L'un d'eux dira, sûr de lui, «Belodojor», avec la belle Sophia Loren. Son confrère devait le corriger en disant: Mais non, «Beldijour», c'est avec Gina Lollobrigida... La discussion sur des cinéastes devait continuer jusqu'à l'arrivée des croque-morts devant la tombe que creusent d'autres critiques de cinéma...
Malheureusement, cette scène n'a pas pu être mixée convenablement, car le mixage de la sixième et dernière bobine du film (tourné en 35 mm), a été fait dans la rapidité et la bousculade, à cause de la participation du film au 13ème Festival National du Film Marocain qui s'est tenu à Tanger du 12 au 21 janvier 2012. La copie du film mixé en catastrophe, a été tirée par le laboratoire du CCM le 15 janvier 2012, pour être projeté pour la première fois le mercredi 18 janvier 2012.
Il est à noter que le président du Jury, le philosophe Edgar Morin, a tenu à voir mon film «Regarde le roi dans la lune», car il devait quitter Tanger, le mercredi 18 janvier , dans l'après-midi. Il l'a vu, accompagné par Nour-Eddine Saïl.
Le plus important dans le film «Regarde le roi dans la lune», ce sont le courage, l'audace, la créativité, l'imaginaire ainsi que l'honnêteté intellectuelle qui ont permis de filmer avec très peu de moyens, un siècle de l'Histoire de notre pays, pour rendre hommage à ses grands héros de la lutte anticoloniale, et dénoncer la répression et la torture policières qui ont fait à notre pays un bon de cinquante ans en arrière.
Merci encore une fois pour cette estime que tu me portes et portes à mes films, estime sincère et solidaire.
Avec mon amitié, Nabyl Lahlou


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