Le Maroc prend part, du 19 au 20 novembre au Koweït, à la troisième édition du Sommet afro–arabe dont le thème est : «Partenaires au développement et investissements». Il sera inauguré par l'Emir du Koweït, Sheikh Sabah Al-Ahmad Al-Sabah. A l'ordre du jour de ce Sommet, la mise en place des échanges préférentiels afro-arabes afin de promouvoir le commerce et l'ouverture de nouveaux marchés entre les deux parties, l'examen des positions communes à l'égard des questions politiques d'intérêt commun, particulièrement celles liées à la sécurité régionale et l'action commune dans le domaine de l'investissement, de l'agriculture, de la sécurité alimentaire et de l'environnement. La rencontre devrait aboutir sur la « Déclaration de Koweït », axée sur la définition et l'élargissement des domaines de coopération arabo-africaine, notamment aux plans politique, économique et social. Force est de noter que ce Sommet se tient dans des conditions économiques perplexes que traversent actuellement plusieurs pays africains et arabes, qui sont à la recherche d'un certain nombre de projets stratégiques et vitaux dans les intérêts de leurs peuples. En effet, de l'avis des économistes aussi bien arabes qu'occidentaux, les pays arabes traversent actuellement une période en effet compliquée sur le plan économique, liée aux conséquences des révolutions arabes, et de caractéristiques structurelles. De même, ils se trouvent davantage plongés dans une réflexion politico-sociétale, plutôt que dans une réflexion stratégique en matière d'économie. Pour l'Afrique, la situation est néanmoins encourageante. Selon un rapport de la BAD (Banque Africaine de Développement), « les perspectives économiques du continent pour 2013 et 2014 sont prometteuses : elles confirment tant sa résilience face aux chocs internes et externes, que son rôle comme pôle de croissance dans une économie mondiale atone. En 2013, l'Afrique devrait croître de 4.8%, puis de 5.3% en 2014 en moyenne ». Toutefois, le rapport note que cette croissance ne suffit pas à réduire la pauvreté, le chômage, les inégalités de revenus ni, dans certains pays, à enrayer la détérioration des niveaux de santé et de l'éducation. « C'est le moment d'accélérer le rythme de la transformation économique, pour que les économies africaines deviennent plus compétitives et créent plus d'emplois rémunérateurs", écrivent les auteurs du rapport ; "pour cela, il est essentiel de diversifier les sources d'activité économique. ». Ce sont là quelques idées qui seront sûrement prises en compte lors de ce Sommet de Koweït. La précédente édition, tenue en octobre 2010 à Syrte (Libye) sous le thème de la « coopération afro-arabe : vers un partenariat stratégique », avait adopté le plan d'action afro-arabe conjoint 2011-2016 et la Déclaration de Syrte (Libye). Le plan d'action prévoit d'améliorer la gouvernance et le climat des affaires et de permettre aux pays concernés de renforcer leurs capacités économiques. Elle devrait également encourager et protéger les flux d'investissements dans les deux régions en ayant recours aux systèmes de garantie des investissements et aux institutions déjà existantes. La Déclaration de Syrte a dressé les grandes lignes d'un plan pour la paix, la sécurité, le développement et la coopération entre le monde arabe et l'Afrique. Dans un discours aux participants, SM le Roi avait souligné l'impératif « d'agir résolument, avec discernement et constance, pour relancer le partenariat arabo-africain après plus de trois décennies de trébuchement et d'immobilisme, ayant marqué la construction de cet ensemble ». SM le Roi, Président du Comité Al-Qods, s'est également félicité du soutien constant de l'Afrique en faveur de la cause légitime du peuple palestinien pour l'établissement de son Etat national indépendant avec pour capitale Al-Qods orientale. SM le Roi a, en outre, souligné l'attachement du Maroc à renforcer son rôle actif au sein de la communauté des Etats sahélo-sahariens et à œuvrer pour la promotion d'initiatives africaines prometteuses. Le Souverain était représenté à ce Sommet par le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération, M. Taib Fassi Fihri, à la tête d'une importante délégation.